Si tel était le cas, les fils ou filles issus des classes pauvres auraient autant de chance d’épouser des filles ou fils des classes nanties du pays. Amour ou endogamie social au Cameroun est en fait la question. En sociologie, l’alliance entre deux personnes issues d’un milieu social proche est nommée l’endogamie sociale.
La rencontre amoureuse est souvent décrite comme le produit du hasard. Si nous interrogeons deux conjoints sur les raisons de leurs attirance mutuelle, leurs réponses font généralement appel à des critères subjectifs: beauté physique, compatibilité des caractères, amour réciproque, etc.
La réalité de l’endogamie nuance fortement les discours selon lesquelles nos actions se basent sur nos envies, nos motivations psychologiques, nos désirs, et non pas le contexte social dans lequel nous vivons. Yaoundé et Douala sont les tubes à essais grandeur nature de ces alliances de clans au sein de même classe sociale avec une grande dose de proximité ethnique. Vous me direz : « non, une fille issue d’une classe riche peut épouser un garçon de parents pauvres». C’est vrai mais il faut noté que le garçon est soit ingénieur avec des centaines de milles de francs de salaire à portée de main ou il vient de sortir de l’ENAM ou encore l’IRIC après plusieurs échecs. Bon profil pour tenter le coup mais où est véritablement l’amour là dedans ? Si on prend le problème dans l’autre sens, les familles nantis ne refusent pas souvent une belle-fille issus d’un milieu pauvre où la misère fait des ravages et celle-ci étant prête à subir les pires humiliations de ses beaux parents pour avoir un peu de ressources pour faire survivre les siens.
Le Nord Cameroun avec certaines ethnies bat encore malheureusement les records dans l’endogamie. L’ethnie peulh comme exemple avec une répartition sociale extrêmement conservatrice garde des habitudes dignes du moyen age. Un garçon descendant d’ancêtres dit « esclaves » n’aura jamais la main d’une fille d’une classe aristocrate de la place même si le prétendant en question est multimilliardaire ou docteur; pire encore, si le concerné est non peulh ou encore non musulman. Ces pratiques sont plus encore suivies par les familles d’intellectuels et aristocrates peulhs qui pourtant par leur érudition devrait montrer l’exemple d’une reforme social. Vous me direz sûrement que nous ne sommes pas en Inde, à vous d’enquêter.
Entre temps à Yaoundé et Douala, on voit tous les jours à la télé, des mariages entre fils et filles de ministres, colonels et milliardaires camerounais avec des dizaines voir des centaines de millions de francs investis dans les cérémonies. Bizarres phénomènes pour un pays pauvre et de surcroît très endettés où l’élite de la nation est issue à 90 % des familles très pauvres. Pourquoi tout cela ? Certains comme moi diront à cause de la misère et du matérialisme social.
Les mariages sont-ils le fruit du hasard de la rencontre amoureuse au Cameroun?
Chacun a sa réponse et ses arguments, mais une chose est sure, la mère pose toujours la question suivante à sa fille en ce qui concerne son prétendant : « il va te donner quoi ?«
