Un article de Jacques DOO BELL du 5 décembre, tiré du journal Le Messager informe:
« Depuis mardi 4 décembre 2007, les Camerounais de Guinée équatoriale, notamment ceux de Bata et de Mongomo sont dans de sales draps. Ils sont pourchassés, molestés puis entassés dans des camps militaires. A la merci des intempéries. Etoudi fait profil bas«
En effet, depuis 15 ans, les ressortissants camerounais en Guinée Equatoriale subissent les pires exactions. Tout semblait aller jusqu’à cette découverte de ces importants gisements de pétrole au large des côtes equato-guinéennes. Depuis lors, ce que Jacques DOO BELL définit comme étant « l’ivresse du pétrole» a attisé une forme de répression particulièrement vis-à-vis des ressortissants camerounais. Réputés d’être à l’origine je cite: « des coups fumants» sur le territoire guinéen. On peut cité entre autres les actes de feymania, des braquages et surtout en 2004 une tentative de coup d’Etat préparé sur le sol camerounais.
Autant d’accusations qui au fil du temps n’ont fait qu’envenimer la situation. La dernière en date à Bata est conformément à l’article de Doo Bell: 2 braquages dans les guichets de la Société générale de Banques et de la Ccei Bank qui seraient à l’origine de la colère des Equato-guinéens. Pour ces derniers, seuls les Camerounais seraient capables des coups fumants de ce genre. Les braqueurs, selon plusieurs sources, seraient venus par l’océan, armés de Fal (fusils automatiques légers) et à bord des embarcations rapides grâce auxquelles ils ont échappé aux hélicoptères qui leur ont fait la chasse. Cela a donné cours à une énième vindicte populaire où des milliers de camerounais auraient subis des exactions en tous genres.
Cette fois-ci, des rumeurs faisant état de tentatives de représailles de certains camerounais sur des étudiants équato-guinéens à Buea, sont parvenues au journal Le messager. Cela a été suivi par le rapatriement de ces étudiants vers Douala par le consul général de Guinée Equatoriale au Cameroun. Bizarres évènements pour deux pays condamnés à la cohabitation. Le Jeudi 6 décembre 2007 pourtant, les fonctionnaires originaires des pays qui composent la CEMAC étaient réunis à Yaoundé, pour mener une énième réflexion sur la libre circulation des biens et des personnes issues du Cameroun, du Tchad, du Gabon, de La République centrafricaine, de la Guinée équatoriale, et de la République du Congo.
Quand ferons nous véritablement les fruits d’une telle intégration régionale ? Malgré des projets tels que:
- le « passeport Cemac» ,
- le Conseil de paix et de sécurité en Afrique centrale (COPAX),
- la compagnie aérienne Air Cemac,
- les plaques d’immatriculations Cemac ou
- la fameuse carte rose d’assurance,
rien ne vient véritablement cimenté la solidarité et la libre circulation dans la sous région Afrique centrale.
Entre temps le journaliste camerounais Edmond Kamguia K dans l’un de ces articles à ce sujet, pose la question : « Pourquoi nous détestent-ils tant ?» Par la suite, il ajoute : « Avons-nous mérité une si triste réputation ? Tous les Camerounais sont-ils des » feymen » ? Tous les commerçants, débrouillards, banquiers ingénieurs, techniciens et diplomates camerounais en Guinée Equatoriale sont-ils des » feymen » ? Les Camerounais ne seraient-ils pas surtout victimes de leur ingéniosité, de leur capacité à s’adapter, de leur esprit de créativité et d’inventivité, de leur intelligence remarquable et de leur aptitude à baliser les voies de l’intégration qui tarde à voir le jour dans la sous région ? «
