Un communiqué du COMICODI signale que Hilaire Kamga a été entendu 2hrs (15h – 17h) le 11 Janvier 2008. Nous avions déjà parlé d’Hilaire Kamga qui a notamment publié un livre sur les techniques de fraudes électorales en Afrique (et donc au Cameroun).
COMMUNIQUE
La Commission Indépendante Contre la Discrimination et la Corruption, organisation de défense des droits de l ‘Homme et des libertés fondamentales autant que de promotion de la bonne gouvernance, porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale, que le jeudi 10 janvier 2008, Monsieur Hilaire Kamga, Président de l’Organisation NOUVEAUX DROITS DE L’HOMME, Porte parole de la Plate forme de la société civile pour la démocratie, a été interrogé dans ses bureaux pendant deux heures ( 15heures-17 heures ), par deux policiers de la DST, Direction de la surveillance du territoire.
La Commission Indépendante Contre la Discrimination et la Corruption, tient à rappeler que Hilaire Kamga est un militant des Droits de l’Homme non violent dont les travaux et la réputation sont largement connus et respectés au-delà des frontières du Cameroun. Ce militant a en outre conduit de nombreux projets et programmes dans les domaines de l’action humanitaire, de la promotion des valeurs démocratiques, de l’encadrement des jeunes, de la prise en charge des réfugiés et des personnes déplacées, et de la formation générale des citoyens. Toutes ses activités sont menées dans le respect des lois nationales et internationales, en collaboration étroite avec le gouvernement camerounais, les gouvernements étrangers, et diverses institutions internationales.
La Commission Indépendante Contre la Discrimination et la Corruption s’inquiète de cette nouvelle escalade dans l’intimidation des responsables des organisations de promotion des Droits de l’Homme et de la démocratie, au moment où le pays est soumis à une tension extrême à cause des incertitudes constitutionnelles qui assombrissent l’horizon.
La Commission constate que la visite des policiers de la DST dans les bureaux de monsieur Hilaire Kamga, intervient le jour où ce dernier a été longuement sollicité sur les ondes internationales comme expert et chercheur éprouvé sur les pratiques de la fraude électorale en Afrique, et après qu’il ait de façon non équivoque, déclaré son opposition à la modification de la constitution en vue de supprimer la limitation des mandats présidentiels.
La Commission Indépendante Contre la discrimination et la Corruption regrette profondément le retour à des méthodes honteuses et fascistes dignes des pires régimes totalitaires, et dénonce ses initiateurs avec la ferme conviction citoyenne. Il y a lieu de mettre en garde tous ceux qui voudraient plonger le pays dans la guerre civile par des actes barbares pour sauver leurs privilèges, et qui seraient tentés pour cela de bâillonner les leaders d’opinion.
La Commission Indépendante Contre la Discrimination et la Corruption saisit cette occasion pour rappeler sa désapprobation de toute démarche à l’instar de la non limitation des mandats, qui ferme les portes à l’expression d’une vraie démocratie et institue de fait une Présidence à vie.
Enfin, la Commission Indépendante Contre la Discrimination et la Corruption en appelle à l’intelligence des dirigeants camerounais, afin qu’ils tirent des leçons claires de la situation du Kenya et évitent de porter une lourde et triste responsabilité devant les générations futures.
Dans ce contexte, la Commission Indépendante Contre la Discrimination et la Corruption prend la Communauté nationale et internationale à témoin, sur sa mise en garde au Gouvernent camerounais, du caractère grave, inacceptable, inapproprié, et lourde de signification, de la mission commandée de deux policiers des services spéciaux dans les bureaux de l’Organisation Nouveaux Droits de l’Homme, et l’interrogatoire subséquente de son Président./.
Fait à Yaoundé, le 11 Janvier 2008
Le Président de la Commission
Jean Claude SHANDA TONME
