Le blablabla de Jean David BILE
Depuis le 31 décembre 2007, le Président de la République a clairement pris fait et cause pour les associations de consommateurs et les millions de victimes de délestages sauvages au Cameroun.
En effet, en dénonçant sans ambiguïté, dans son message du nouvel an : « les carences de l’électricité », le Chef de l’Etat a fait le constat de l’incompétence des gestionnaires actuels du service public de l’électricité. Il a pointé, en toile de fond, un doigt accusateur sur le principal exploitant du secteur de l’énergie électrique, l’opérateur privé AES-Sonel.
En réaction à cette sortie inédite du Chef de l’Etat, M. Jean David Bile, directeur général de AES-Sonel, a donné mercredi 09 janvier 2008, une interview retransmise par toutes les chaînes de télévisions nationales prises en otage par
le chantage à la publicité. Mise en scène au cours de laquelle Sieur Bile s’est livré à un exercice pitoyable, en essayant de justifier l’injustifiable.
Dans cet entretien, M. Bile dit : « …partager le point de vue du Chef de l’Etat… » et jure, la main sur le cœur, qu’il n’y aura plus d’Abong-Mbang et Kumba. Il dit avoir « un programme d’investissement de crise » et vouloir développer « un nouveau partenariat avec les populations », ce qui permettrait d’éviter de tels incidents à l’avenir. Il promet l’amélioration de l’accueil des consommateurs dans les agences, un tarif plus juste pour le plus grand nombre, la suppression de la prime fixe d’ici la fin de ce mois de janvier 2008 et surtout la fin du calvaire des délestages à l’horizon 2013. Bref, un aveu d’incompétence suivi de la même rengaine pleine de promesses d’un lendemain sans délestages, comme après chaque crise grave liée aux revendications pour l’accès l’électricité, ou lorsque AES-Sonel est, comme aujourd’hui, dans le collimateur des autorités politiques.
Inutile de se perdre en conjecture devant ce chapelet de bonnes intentions. Tout le monde sait que M. Bile est un directeur sans pouvoir réel. Propulsé à la tête de AES-Sonel le 20 février 2004, suite à la camerounisation de la direction générale décidée par les Américains, M. Bile agit sur injonction de ces derniers et applique les directives venant de Arlington aux USA, siège du groupe AES-Sirocco, propriétaire de AES-Sonel. Même s’il est comptable des pratiques de cette entreprise, il n’a qu’une influence limitée sur son orientation managériale et technique… Ce n’est plus un secret, depuis le 18 juillet 2001, le groupe américain AES-Sirocco a privilégié les choix financiers et la logique du maximum de profit pour ses actionnaires au détriment de l’investissement d’urgence nécessaire pour remplir pleinement les missions de service public qui lui sont dévolues.
Pour preuve, malgré les délestages, le chiffre d’affaires et les bénéfices de AES-Sonel sont en hausse constante, ce qui la situe, comme en 2006, en bonne place dans le classement des 50 meilleures entreprises camerounaises en 2007, selon l’hebdomadaire Jeune Afrique.
Jean David Bile et ses copains Américains feraient mieux de méditer profondément sur cette mise en garde inédite de la plus haute autorité du pays. Bientôt, ils ne pourront plus se dissimuler derrière un rideau de fumée fait de mensonges et de démagogie, car l’heure des vrais comptes approche inexorablement.
Le Réseau associatif des consommateurs de l’énergie (Race), en lutte pour la défense des droits et la protection des intérêts des consommateurs de l’énergie exprime le vœu ardent qu’en déclarant, dans le message de nouvel an : « … sachez que je m’attacherai personnellement à la solution à ce problème », le Chef de l’Etat ira plus loin qu’une simple condamnation.
Nous espérons, qu’à défaut de nous débarrasser d’un opérateur notoirement incompétent, le Président de la République pèsera de toute son autorité pour discipliner AES-Sonel, en pénalisant fortement les délestages.
L’accès à l’énergie est droit essentiel et inaliénable !
Fait à Douala, le 11 janvier 2008
Pour le Bureau exécutif du Race
Paul Gérémie BIKIDIK
Président

