Comment expliquer le phénomène de transe devenu épidémique dans les établissements du Cameroun?
Article envoyé par mail par le Dr Etienne TATOU
1- Description du phénomène
Il s’agit souvent d’une crise convulsive collective aiguë, survenant de façon brutale et spontanée en apparence, dans un groupe de taille variable de jeunes collégiens ou lycéens. Il est possible que le ou les premiers cas soient des vraies convulsions et que ceux qui suivent soient des crises hystériques reliées à la peur d’un phénomène mystique diligenté par une hypothétique personne qui veut faire du mal…
Ces crises s’accentuent en saison sèche.
Elles surviennent souvent au décours d’une activité sportive ou de plein air, ou dans une classe peu aérée, recevant le soleil de plein fouet. Les filles sont plus atteintes que les garçons.
La recherche actuelle d’une solution privilégie le para-normal et occasionne des dégâts collatéraux, ne serait-ce que l’indexation d’un enseignant et la destruction inconsciente de sa carrière, la perte des services de cet enseignant, voire la destruction du matériel pédagogique dans une hystérie collective comme on a pu voir dans l’évolution récente des réactions populaires.
2- Hypothèse d’explication
Médicalement, on peut suspecter une crise de convulsion symptomatique d’une déshydratation extracellulaire.
Cette déshydratation est une perte excessive d’eau non compensée, par la sudation, responsable d’une hyper natrémie (excès de sodium dans le sang) dont le premier signe visible est la fatigue et la convulsion. Par ailleurs, une diminution de la diurèse est déjà présente mais, non mise en évidence.
La perte d’eau est facilement compréhensible dans le contexte de la grosse chaleur de la saison sèche, associée à une activité physique intense qui l’accélère et lui confère le caractère aigu. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’organismes jeunes, parfois en plein phase de croissance, consommatrice d’énergie.
Il s’ajoute à tout cela, le fait qu’il s’agit d’organismes fragilisés:
- les sollicitations importantes pour les travaux domestiques (surtout pour les filles),
- la culture du petit déjeuné non toujours de rigueur dans nos contrées,
- les repas frugaux ou même absence de repas le midi à la faveur du système horaire continu n’autorisant qu’une petite coupure de récupération le midi.
3- Conduite à tenir
- Sur le plan curatif
Il faut mettre au repos absolu les élèves victimes.
Procéder à une réhydratation progressive, en privilégiant l’absorption d’eau par la bouche et en réservant la voie intraveineuse aux victimes en désorientation temporo-spatiale, en pré coma ou en coma.
- Sur le plan préventif
Il faut mettre à la disposition des élèves de l’eau potable et les inciter à boire pour compenser le pertes. C’est donc un investissement pour l’achat des bouteilles d’eau minérale ou l’acquisition des fontaines réfrigérée dans les collèges et lycées.
Il faut revoir la qualité nutritionnelle des aliments donnés aux jeunes et veiller à son caractère complet et riche en énergie. Pour mieux contrôler cette alimentation, il va sans dire qu’il faudra revoir (dans le sens de l’abolition) les horaires continus sui n’autorisent pas une récupération complète des organismes et donnent le flanc à toute sorte de malnutrition déjà basale puis, amplifiée par les collégiens eux-mêmes: un jeune qui reçoit 200 Fcfa pour son repas de midi, mis à part que cette somme ne suffit pas pour un repas correcte, peut préférer rester à jeun afin de se payer une séance de cinéma le week-end…
4- Conclusion
Le phénomène de transe dans les collèges et lycées du Cameroun s’accentue et devient un véritable problème de santé publique. La réaction populaire conséquente, à la faveur d’une incompréhension, doublée d’une culture du mystique, évolue inexorablement vers l’installation itérative d’une perturbation de l’ordre public qui peut rapidement devenir incontrôlable.
Les solutions proposées dans ce texte peuvent paraître simplistes face à la place qu’occupe le mystique dans nos esprits. Toutefois, les solutions paranormales proposées depuis des années sont inefficaces et de fil en aiguille, les nouvelles crises sont porteuses d’une angoisse de plus en plus importantes. Il est donc logique d’essayer une autre solution : elle est simple, IL FAUT DONNER DE L’EAU POTABLE A BOIRE AUX COLLEGIENS ET MIEUX LES NOURRIR.
E. Tatou
Quelques liens sur la transe au Cameroun
- Un bon récapitulatif de l’historique des transes du Cameroun (Par Kom Bernard – Mathématicien chercheur)
- Transes à Mbanga
- Transes à Ngaoundéré
- Phénomène de transes au Cameroun
- Les transes au Cameroun (sur Kwailaï)
- Transes à Meïganga
- Transes au Collège de la Maturité à Douala
- L’église camerounaise et le phénomène de transe au Cameroun
- Transe à l’Institut Polyvalent de Minfang à Douala
- Transes au lycée d’Akwa Nord


Ping par L'exorcisme le 11 février 2008:
[...] dire s