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Récit de la vie d’un étudiant noir en Chine (5/13)


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A Pékin et partout en Chine, tant qu’un africain se gardait de goûter au fruit défendu - je parle bien sûr des chinoises- il était en conformité avec les normes imposées implicitement. C’est vrai qu’actuellement les chinois acceptent tant bien que mal de voir une de leurs soeurs main dans la main avec un africain. Avant, c’était perçu comme une humiliation, un sacrilège. Il est en effet des cas, très nombreux d’ailleurs, où des africains se sont fait tabasser parce qu’ils n’avaient pas pu résister à la tentation et avaient osé brandir leur conquête sans se soucier parfois de l’effet dévastateur que cela produisait.

Lors de notre phase d’initiation à notre arrivée, les anciens qui étaient déjà bien rodés, bien imprégnés des réalités locales, nous livrèrent tout un récital nous démontrant combien il était dangereux de se pavaner avec des chinoises. Et dans cette longue liste d’expériences désastreuses, une histoire retint particulièrement mon attention et ne pas la partager aujourd’hui enlèverait tout intérêt à ce récit.

Dans une université quelque part dans le sud de la Chine et dont la population d’africains était non négligeable, il était devenu coutume que des chinoises viennent chercher tel ou tel africain. Déjà, il est indispensable que je vous situe clairement sur les conditions de logement pour que vous soyez en mesure de bien comprendre ce qui va suivre.

Les étudiants étrangers, de quelque nationalité qu’ils soient, n’ont pas le droit d’habiter dans les mêmes bâtiments que les étudiants chinois. Dans chaque université, il y a un bâtiment spécifique pour les étrangers. Ce sont des constructions habituellement mieux équipées, mieux entretenues que celles des autochtones.

A l’entrée de chacun « Foreign Student Building », il y a une sécurité incroyable question de surveiller toutes les entrées et sorties. D’ailleurs, il est interdit à tout chinois d’y accéder sans au préalable s’être enregistré et avoir laissé sa carte d’identité. Les amis autochtones n’y sont d’ailleurs admis que jusqu’à 22 heures.

Vous comprenez donc aisément que les relations avec les camarades chinois sont très limitées. Et quand quelqu’un a une copine chinoise, cela relève d’un véritable miracle qu’elle puisse passer la nuit dans sa chambre. Cette sécurité avait plusieurs objectifs. C’est vrai qu’elle était d’abord un moyen de nous protéger mais les desseins inavoués étaient ceux de contrôler le flux de chinoises qui entretenaient des relations amoureuses avec les étrangers. Il est par exemple arrivé plusieurs fois que tel étudiant africain soit convoqué par l’administration de l’école pour expliquer pourquoi il recevait tant de chinoises !

Dans cette université donc du sud de la Chine, le responsable du service de réception et de sécurité avait déjà constaté que les africains avaient un succès fou auprès des filles chinoises. Après avoir utilisé toutes les méthodes d’intimidation possibles pour convaincre les chinoises de renoncer à ces relations, les responsables de l’Université durent se rendre à l’évidence, il n’y a rien qu’on puisse faire quand deux coeurs amoureux ont décidé de défier tous les obstacles. Ulcérés, nos amis, faisant ainsi appel à leur géni créateur, mirent sur pieds une stratégie qui n’allait pas tarder à fonctionner à merveille. Chaque fille qui venait pour un africain était mise à l’écart et on lui expliquait alors comment la majorité des étudiants africains des lieux étaient porteurs du VIH. Ils étaient donc très dangereux à fréquenter.

La réaction fut terrible. Les ambassades furent saisies et certains pays à l’instar du Ghana décidèrent de ne plus envoyer leurs étudiants en Chine et ce jusqu’aujourd’hui.

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1 commentaire »

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