A propos de l'auteur 20mai.net

20mai.net est un essai camerounais de créer une tribune où tout le monde peut s'exprimer, quelque soit son niveau social ou son penchant politique, un média citoyen en quelque sorte.

Tous les articles de 20mai.net

Récit de la vie d’un étudiant noir en Chine (7/13)


-->

Récit précédent ici

*************************
Il n’y avait point de doute que ces deux étaient fous l’un de l’autre. La belle chinoise était maintenant parfaitement intégrée dans la communauté estudiantine africaine de Pékin au point où elle assistait à tous nos matchs de football et nous apportait un soutien consistant. Et même quand on jouait contre une équipe chinoise, on pouvait compter sur son indéfectible soutien. C’est preuve que le frère gabonais était un tâcheron à la hauteur car il avait réussi à fidéliser cet étalon rare et surtout convoité.

Et puis, un jour alors que je revenais d’une balade dans les nombreuses montagnes qui peuplent les abords de Pékin, je me résolus d’aller trouver mon ami Alain. Seul, assis sur son lit, visiblement pensif, il ne bougea même pas lorsque je suis entré. Le visage grave, il se résolut un quart d’heures plus tard à se confier à moi:

- elle me demande d’aller chez elle ces vacances. Elle a déjà dit à ses parents qu’elle viendra avec un ami africain, m’annonça t-il!
-q u’est-ce que cela implique mon cher ami? C’est en tant qu’ami que tu y vas n’est-ce pas ?

- C’est d’abord en tant qu’ami. Juste pour rencontrer ses parents et prendre la température. Mais il faut avouer cher Hervé que je l’adore, cette petite! Ses parents vont-ils accepter un jour qu’elle aille avec un africain?
- Pourquoi pas? L’amour n’a pas de nationalité et ne parle qu’un seul langage, celui du coeur. Mais je crois qu’il faut éviter de brûler les étapes. Il faut commencer par aller voir ses parents d’abord comme simple ami. Il ne faut pas aller vite en besogne!
C’est ce qui fut fait. Que de nourriture! Que de boissons! Que d’amitié! Que d’estime! Alain avait été reçu comme un roi et moi, je ne pouvais que m’estimer heureux de l’avoir accompagné. Il avait été présenté comme un ami africain et les parents, ne se doutant de rien, avaient entrepris de matérialiser leur “amour” pour l’Afrique en nous recevant de façon grandiose. Mais mes inquiétudes commencèrent à se manifester au fur et à mesure que la causerie évoluait. La bière aidant, notre hôte devint particulièrement volubile et se mit à nous poser quelques questions.
- Dites chers amis africains, ça doit vous faire un bien fou de manger autant étant donné qu’en Afrique vous mourez de faim. N’est-ce pas mon épouse Xiao Jia?

Sa femme acquiesça et toute enthousiaste, elle mentionna l’obligation pour la Chine de continuer d’offrir encore de plus de bourses à ces misérables et malheureux africains qui ont cette chance comme Alain et moi, de déguster des repas tant qualitatifs que quantitatifs. Et puis dans cette verve devenue encore plus venimeuse, je me sentis l’obligation d’interrompre cet élan dévastateur et surtout de rééquilibrer les débats.
- Cher monsieur, l’Afrique n’est pas ce que vous croyez…
- L’autre jour à la télé, insista-t-il, on a montré un documentaire sur le Burundi. Merde, qu’ils étaient chétifs les enfants ! J’ai même eu envie de vomir en les regardant…
- Oui Monsieur Zhang, le Burundi est un pays miné par la guerre autant que l’était la Chine avant 1945. Vous devez donc savoir quelle misère les gens subissent en ces périodes si difficiles.

L’homme, la soixantaine entamée était sûr de ses convictions. Il ignorait volontiers toutes mes remarques et semblait se livrer à un « one man show ». Il ajouta : “vous devriez peut-être apporter avec vous quelques uns des restes de nourriture…Profitez-en tant que vous êtes encore en Chine. Ici, il y en a pour tout le monde

Le décor de la soirée avait été ainsi. Un hôte qui ne nous écoutait pas et qui s’attelait à nous ridiculiser. C’est vrai qu’il ne s’était peut-être pas préparé à nous être désagréable car tous les chinois s’adressent à nous en ces termes. Mais à travers cette façon singulière de traiter l’Afrique, je voyais déjà transparaître un inévitable chaos pour les projets des deux tourtereaux.

La jeune chinoise était toute pâle. Elle n’arrivait plus à lever son visage pour nous regarder. Elle avait honte et nous la comprenions d’ailleurs. Puis soudain, son père l’interpella en ces termes :”Ma fille, invite donc tes amis africains pour l’annonce de tes fiançailles avec le jeune Wang. Sacré cÅ“ur ce Wang. Dire que ça fait des années qu’il te court après !”

Elle voulut protester mais sa voix resta sans écho. Elle nous jeta un regard pathétique comme pour dire :” de grâce, n’écoutez pas mon père !” Puis soudain, elle se mit à pleurer de toutes ses forces. Que se passe t-il donc ? Monsieur Zhang intrigué, s’avança vers sa fille et lui prit la main.

“Que t’arrive t-il ma chère fille ?”

Elle ne put répondre mais redoubla d’ardeur dans ses pleurs. L’ambiance était dorénavant devenue morose, triste.

Tout à coup, Alain se leva, demanda à parler et tout le monde se retourna vers lui avec surprise. Même notre jeune chinoise cessa de pleurer, surprise par le culot de ce jeune africain qui avait décidé de lui voler au secours…

Alain allait-il oser tout dire ? Allait-il oser ?



Envoyer l'article par mail  

Il y a 2 commentaires en ce moment. »

  1. Superbe narration! superbe fin! ajoute le debut de l’histoire (la rencontre etc) la vie et tu auras un superbe roman (tiré d’une histoire vrai en plus)

  2. [...] Récit précédent ici [...]

Donner votre avis; c'est IMPORTANT...

Free teen sex porno hardcore extreme video image
Free teen sex porno hardcore extreme video image