Depuis le mercredi 27 février, l’armée et la police profitent du quitus qui leur a été donné par la plus haute hiérarchie pour commettre de nombreuses exactions sur la population. On dirait même qu’il font facilement ce qu’ils n’ont pas pu réaliser à BAKASSI : Tirer sur « l’ennemi» ! Ah oui, le peuple est devenu l’ennemi, au point que la garde présidentielle est sortie des casernes. La nation est attaquée, et toute son armée est en guerre.
- Les para commandos de FOUMBOT ont fait le siège de Bafoussam,
- le B.I.R (bataillon d’intervention rapide), unité spéciale de l’armée créée pour lutter contre les coupeurs de route dans le grand nord patrouillent jour et nuit dans les quartiers de Yaoundé : Mimboman, Mvan, Biyem-Assi, les points chauds de la révolte populaire.
Si vous pouviez les voir, si farouches et prêts à tirer. Surtout, ne tentez pas de faire une photo.
A Douala, c’est « l’invasion du Koweït » !
Ils ont enfin le droit de tuer.
Jeudi dernier, pendant que les messages de paix fusaient de partout sur les médias, un gendarme (une femme) a ouvert le feu sur un citoyen en pleine rue à « village » à Douala, juste pour un problème d’incompréhension. Des morts comme cela, il y en a eu beaucoup ! L’armée a froidement abattu le fils l’activiste JOE LACONSCIENCE dans le Mungo, qui n’avait que 11 ans.
Quel danger peut représenter une jeune de 11 ans non armé face à une armée, au point d’être abattu ? Je suis persuadé qu’il ne peut pas résister à la puissance toxique du nouveau stock de gaz lacrymogène dont ils disposent(j’ai eu le privilège d’en inhaler une petite dose Mercredi, alors que j’étais dans mon bureau, si loin de la rue).
Oui il a eu tort d’être le fils de celui qui avec MBOA MASSOCK, avaient décidé de marcher malgré l’interdiction du gouverneur du Littoral.
L’armée s’est retournée contre son peuple, qu’elle est censée protéger.
Des arrestations arbitraires sont légion depuis le début de la crise. M. Jean CLAUDE MBA, un quinquagénaire habitant du quartier BIYEM-ASSI, a été interpellé jeudi dans la nuit, dans son domicile, par deux militaires fortement armés, qui ont menacé de l’abattre s’il refusait de partir avec eux à bord d’une pajero. Il a été retrouvé ce matin au Commissariat central N° 1 de Yaoundé.
Il sera probablement déféré au parquet lundi matin où il sera jugé de façon express et envoyé à KONDENGUI(prison). De quoi est-il accusé ? Probablement « le vandalisme ». Ils sont très nombreux dans cette situation, si contraire au nouveau code de procédure pénale en vigueur au Cameroun.
J’apprenais hier dans l’après midi qu’une série de procès express se tenait au tribunal de grande instance de Yaoundé. Je n’ai pas eu le temps de m’y rendre et j’apprenais ce matin qu’une dizaine de jeunes avaient été condamnés à 15 ans d’emprisonnement ferme, pour vandalisme. A la veille, près de 200 jeunes, dans les mêmes conditions,avaient été condamnés chacun à 2 ans d’emprisonnement ferme, dans les mêmes conditions, et pour les mêmes raisons. Je me suis demandé quel temps est-ce la justice avait eu pour investiguer sur 200 cas ! Une centaine attend encore d’être jugé, sans compter ceux qui ne sont même pas encore arretés!!!!!!
Ils ont enfin le droit de tuer la jeunesse du pays
Il s’agit là d’une grave atteinte aux droits de l’homme !
Comme dans le bon vieux temps, il y a des mouchards partout. Vous parlez le jour, et on vient vous arrêter dans la nuit !
Chers frères, contribuez à dénoncer cette mascarade, ce retour aux années de grande dictature.
Même dans les cas de crime les plus flagrants, ont a droit à un avocat !
