Á l’occasion du 10E PRINTEMPS DES POÈTES 2008 en France et à l’étranger du 3 mars 2008 au 16 mars 2008, en intersection avec le 28e Salon du Livre de Paris 2008 du 14 au 19 mars 2008, nous dédions ce poème à Nger.
Orchestre :
Pour un big band de free-jazz : Sun Ra Arkestra
Solo : Le mari d’une vendeuse
Choeur : Les vendeuses, Minziala-Ngoto, du marché Total de Bacongo
à Brazzaville (Congo).
Choeur (traduction libre):
Kundi wa zolo Kongo
Belle kundi éprise de l’élégant Kongo
Wa yika na buetete ku longo
Une femme si digne
Nkento wa dzuna
Une femme comblée
Ka zeba kandi ko
Une femme intègre
Bakala ntima wu buidi
Le mari rassuré
Ni dia ko beka dia ga meza
Prend plaisir de manger à table
Nkento wa dzuna
Femme comblée
Ka zeba kandi ko
Femme intègre
Kundi wa zolo Kongo…
Belle Kundi éprise de l’élégant Kongo…
Comme NEFERTITI
La négresse égyptienne
Forme première
Sculptée des côtes d’Akhenaton :
Tu es l’ombre de mes blues.
Coeur élu
D’une terre ailée
Aux amours transparents,
Je t’ai rêvée trois lunes :
Nkenge-nkuluntu ;
Première lune ;
Nkenge-ndeke ;
Deuxième lune ;
Muezi.
Troisième lune.
Au dernier testament,
Tu m’es parue l’angélus :
Pudibonde négresse
Aux hanches tambourinées,
Des rites premiers
D’un amour mystique.
Rime asymétrique
De l’esthétique bantu :
Semer l’art,
Semer l’art,
Récolter le surréel amour.
Choeur :
Kundi wa zolo Kongo
Wa yika na buetete ku longo
Nkento wa dzuna
Ka zeba kandi ko
Bakala …
Aux travers ces cantiques jazzés
Qui forment déluge.
Quarante jours
De par Harlem,
Mes pieds engourdis
Quarante nuits
Dans ces plantations d’Alabama
Mes sens ankhifiés (1)
Éventèrent mon immanence.
De loin…
Un saxophone déhanché,
Bebopait (2)
Un Angela Davis alto
Et Thelonious Monk prêchait :
Swing Nefertiti !
Choeur :
Bakala ntima wu buidi
Ni dia ko beka dia ga meza
Nkento wa dzuna
Ka zeba kandi ko
Kundi wa zolo kongo…
Dans ces mines de Shaba,
Fut ce toi
Ce choeur blasé ?
Pégase
Au coeur d’un tapis d’orient
Myriam Makeba
Makeba Nefertiti.
Au delà l’empire berbère
De la dynastie sémitique
Je t’ai retrouvée
Du haut de la Casbah,
L’âme voilée
Par les airs du Chaâbi (3).
Ta peau basanée
Masque intégral rescapé
Par la danse naïve des phallus.
Choeur :
Kundi wa zolo Kongo
Wa yika na buetete ku longo
Nkento wa dzuna
Ka zeba kandi ko
Bakala ntima wu buidi
Ni dia ko beka dia ga meza
Nkento wa dzuna
Ka zeba kandi ko
Kundi wa zolo kongo…
Ta coiffure macchématique (4)
Tel un hérisson.
Ma mamiwata (5),
Ma colombe épique
De mes nuits de pyramide.
O nzololo
Que j’aime
Nzololo kuani
J’aime vraiment
Nzololo.
J’aime.
Dzuna mama
Qu’importe
Dzuna
Qu’importe
Miabatele nsoni !
Qu’ils couvrent de honte !
Nkia ma dia kimpala,
Contre commère jalousie,
Tua zingidila matondo.
Protégeons l’amour.
L’amour qu’apporte l’ouragan
Á la résurrection des tiers-momies.
Apportes nous un hiéroglyphe
Pour honorer
Á mi voix
Notre espérance.
Comme NEFERTITI
La négresse égyptienne
Forme première
Sculptée des côtes d’Akhenaton :
Tu es l’ombre de mes blues.
Choeur :
Kundi wa zolo Kongo
Wa yika na buetete ku longo
Nkento wa dzuna
Ka zeba kandi ko
Bakala ntima wu buidi
Ni dia ko beka dia ga meza
Nkento wa dzuna
Ka zeba kandi ko
Kundi wa zolo kongo
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(1) En égyptien ancien, Ankh signifie vie ; de ce substantif, nous avons forgé l’adjectif, ankhifié, dont le sens donne : doué de vitalité.
(2) Bebopait, est une forme dérivée du verbe beboper, conjugué à l’imparfait de l’indicatif. Le verbe beboper est dérivé de Bebop, un style de jazz élaboré dans les années 1940 aux USA par des musiciens noirs comme Charlie Parker(saxophone) et Dizzy Gillepsie (trompette) ou Sarah Vaughan (voix scat) et Thelonious Monk (piano) et bien d’autres. Les jazzmen réinterprètent sur un plan musical le rythme des coups de matraque assénés par un policier blanc sur la tête d’un Noir : » Bop, Bop !…Be bop!… « . Inéluctablement, le bebop est structuré autour de la discontinuité mélodique et rythmique. Ipso facto, il opère une rupture avec le swing, le jazz des vétérans devenus des amuseurs publics. Le bebop s’insurge contre le show-business et consolide des jam sessions pour militants expérimentés. Le bebop annonce le free-jazz. Bibliographie : Revue d’esthétique, n° 19, Paris, Jean Michel place, 1991.
(3) Le Chaâbi est une forme musicale algéroise. Il tire ses racines de la musique classique andalouse.
(4) Macchématique. Néologisme créé par le philosophe congolais Ngaliba. L’adjectif se rapporte au macchème, acte de lutte, acte de combat.
(5) Mamiwata, déesse des eaux dans la mythologie bantu ; protectrice des hommes esseulés.

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