Ce que Paul Biya a dit lors du conseil des ministres “choc”
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- Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,
- Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,
Le Cameroun vient de traverser une période difficile. Il fallait à tout prix mettre fin rapidement aux débordements qui risquaient de paralyser notre pays, endommager durablement notre appareil de production, freiner notre redressement économique et social et compromettre notre paix et notre stabilité, condition essentielle de la reprise des investissements et de la relance de la croissance.
J’ai dit, il y a quelques jours ce que je pensais des événements regrettables auxquels nous avons été confrontés. Je n’y reviens pas.
Mais qu’il me soit permis de dire que ceux qui se plaignent sans cesse du déficit de démocratie dans notre pays sont ceux-là mêmes qui ont encouragé les émeutes. Curieuse conception de la démocratie !
Maintenant que le calme a été rétabli grâce à l’action des forces de l’ordre, nous devons nous interroger sur ce qui s’est passé.
Les événements d’il y a quelques jours soulèvent, en effet, un certain nombre de questions.
S’il y a eu incontestablement exploitation par certains d’un mécontentement catégoriel à propos du prix des carburants, on doit reconnaître que l’agitation s’est développée à partir d’un terrain qui lui était favorable.
Il est vrai en effet que pour beaucoup de Camerounais, surtout en milieu urbain, la vie est difficile. Le chômage perdure.
Les prix des denrées de première nécessité ont beaucoup augmenté. De façon générale, les salaires n’ont pas suivi le renchérissement du coût de la vie. L’accès à l’eau et à l’électricité reste insuffisant. Egalement, tandis que certains peinent à survivre, d’autres s’enrichissent par la corruption et la spéculation.
Dans ces conditions, on peut comprendre l’insatisfaction d’une partie de la population à laquelle il a été demandé pendant des années de consentir des sacrifices. Son impatience devant les lenteurs de l’amélioration de son sort est compréhensible.
Pourtant, il serait injuste de prétendre que rien n’a été fait. Des progrès significatifs ont été accomplis dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la lutte contre le chômage. Mais bien entendu ce n’est pas suffisant.
Je vous rappelle que, lors du Conseil Ministériel du 12 septembre 2007, j’avais, devant vous, fixé au gouvernement un certain nombre de priorités, parmi lesquelles figuraient l’accès à l’eau, à l’électricité, au logement ainsi que la protection du pouvoir d’achat, afin -qu’il me soit permis de me citer- “de répondre aux revendications légitimes d’une bonne partie de notre population“.
Je sais bien que certains de ces objectifs ne peuvent être pleinement atteints qu’à moyen terme.
Je n’ignore pas que nous ne contrôlons pas tous les facteurs qui affectent notre économie et en particulier ceux qui dépendent de la conjoncture internationale, tels que la hausse des cours du pétrole, l’explosion du coût des matières premières et des produits agricoles, l’érosion du dollar, etc.
Mais laissez-moi poser la question : qu’avons-nous fait pour répondre aux “revendications légitimes” dont je viens de parler ?
Il y a, je crois, à cet égard deux ordres de problèmes. Ceux qui ont trait à l’émergence de notre économie à travers la réalisation de grands projets, qui ne trouveront de solutions que dans quelques années.
Et ceux qui sont du ressort de l’action immédiate et qui concernent l’amélioration des conditions de vie des Camerounais. Je ne suis pas sûr que, sur ce dernier point, l’on ait fait tout ce qui était possible.
C’est désormais dans les secteurs où l’attente des Camerounais est la plus forte que doivent porter d’urgence tous nos efforts.
J’attends du gouvernement des actions énergiques et rapides dans trois directions:
- l’amélioration du pouvoir d’achat,
- l’emploi,
- la lutte contre la corruption
Pour ce qui est du pouvoir d’achat, j’ai décidé que soient mises en Å“uvre les mesures suivantes :
1. la revalorisation des salaires de la fonction publique exécutoire à compter du 2 avril 2008. Seront concernés : les fonctionnaires de l’Etat, les agents contractuels et décisionnaires, ainsi que les hommes en tenue.
2. le maintien des avances de solde et de pension ;
3. la défiscalisation et l’importation des produits de première nécessité de grande consommation (riz, poisson, blé, farine, huiles de table) dans la droite ligne des dispositions prises dans le cadre des ordonnances de 2006, ceci en vue de lutter contre la spéculation et de faire baisser les prix de ces denrées. Cette mesure a été récemment étendue au ciment pour faire face à la pénurie observée depuis quelques mois sur le marché. L’impact de cette mesure a été limité dans le passé, les commerçants n’ayant pas toujours répercuté les baisses de prix décidées par le Gouvernement.
Je demande la plus grande rigueur et la plus grande vigilance, en vue de son effectivité.
4. la suspension des droits de douane sur le blé importé, afin de réduire le coût des produits de la panification. Dans le même ordre d’idées, les quotas d’importation de l’huile de palme seront relevés, dans l’optique d’augmenter l’offre sur le marché local.
5. La diminution des droits douanes sur le clinker importé par CIMENCAM, afin que le ciment produit par cette entreprise nationale soit compétitif.
Je demande enfin au Gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires et utiles pour accroître l’approvisionnement du marché local en denrées agricoles en vue d’en améliorer la disponibilité.
Ces différentes mesures devront être accompagnées sur le plan budgétaire par un effort allant dans le sens de la rigueur dans la dépense publique pour dégager les marges de manœuvre dont nous avons besoin.
C’est ainsi que devra être repris l’assainissement du fichier solde, dont on peut attendre des économies budgétaires appréciables.
Il sera également nécessaire d’assurer le paiement régulier des créances des fournisseurs de l’Etat pour conforter la confiance des opérateurs économiques concernés.
Enfin, de façon générale, la consommation des crédits, et notamment des fonds PPTE, devra être accélérée pour que des projets de développement bien identifiés puissent être rapidement mis en œuvre.
S’agissant de l’emploi, c’est comme vous le savez, ma principale préoccupation depuis des années. Le chômage des jeunes, et notamment des jeunes diplômés, est particulièrement alarmant.
Pour ces derniers, je demande, dans toute la mesure du possible, d’accélérer l’intégration et la prise en charge de ceux qui sont sortis des grandes Ecoles de formation.
Pour les jeunes non diplômés, ou en difficulté, différents programmes de promotion de l’emploi ont été lancés ces dernières années. Qu’il s’agisse du Programme Spécial d’Appui à l’Auto Emploi et à la Micro-entreprise, du Projet Intégré d’Appui aux Jeunes Ruraux et Urbains, ou du Service Civique de Participation au Développement.
On peut en attendre des résultats positifs. Mais ils devront faire l’objet, à brève échéance, d’une rationalisation, afin de bénéficier des fonds PPTE déjà disponibles.
S’agissant du secteur de l’Education, afin de résoudre le problème social créé par la situation précaire de nombreux éducateurs, 13 000 instituteurs vacataires ont été recrutés suivant mes instructions. Je demande que la deuxième phase de ce programme de recrutement soit appliquée.
L’insécurité à nos frontières, l’augmentation de la population urbaine, ainsi que la décentralisation ont fait apparaître de nouveaux besoins en personnel d’encadrement administratif et de sécurité. D’ores et déjà , j’autorise qu’il soit procédé à des recrutements dans ce dernier secteur.
A moyen terme, nous allons mettre à l’étude, un ensemble de mesures concernant les prix, l’emploi et la croissance économique.
Nous allons examiner la possibilité d’une refonte totale de la structure des prix des produits pétroliers, dans le but d’en retirer des postes dont le coût est actuellement supporté par le consommateur final.
Dans le même esprit, seront examinés la refonte des tarifs téléphoniques et le coût de la gestion des comptes bancaires.
S’agissant de l’emploi, l’administration a vu s’accroître le nombre de “temporaires” dont la situation demeure incertaine. Je demande au Gouvernement d’en accélérer le recensement et d’envisager leur contractualisation.
Enfin, dans le but de stimuler la croissance, je réitère au Gouvernement d’accélérer le traitement des dossiers concernant l’amélioration de l’offre d’énergie, ainsi que la mise en route des grands projets industriels et miniers. Il s’agira également de relancer l’exécution des programmes spéciaux agricoles, notamment dans les filières de la banane plantain, du riz et des racines et tubercules.
A propos de la corruption, j’ai dit à de multiples reprises, et tout récemment encore, que non seulement elle s’exerçait au détriment de la richesse nationale et qu’elle compromettait notre développement, mais aussi qu’elle pervertissait la morale publique et privée.
Des poursuites ont déjà été engagées par la justice et des sanctions exemplaires ont été prises. Ce travail d’assainissement va continuer. Il devra être poursuivi avec le même sérieux et la même sérénité, en respectant bien entendu la présomption d’innocence.
Il y a peu, j’ai indiqué que le temps était venu de passer à l’action. Mais l’inertie, le laxisme, la poursuite des intérêts personnels, la corruption n’ont pas disparu. Ces maux sont, pour une large part, à l’origine de l’insatisfaction de nos populations.
Ceci est encore plus vrai aujourd’hui qu’hier. Les mesures que j’ai énumérées plus haut visent à apporter de premières réponses à l’impatience qui se manifeste. Elles ont un caractère d’urgence évident. Vous devez le comprendre et en tenir compte. J’en appelle donc à votre diligence pour les mettre en Å“uvre.
Je demande en conséquence au Premier Ministre, Chef du Gouvernement de mettre scrupuleusement en application, avec célérité et efficacité, les instructions que je viens de donner et pour l’exécution desquelles aucune défaillance ne sera plus tolérée.
Je vous remercie de votre attention.

Comment par ANNE le 17 mars 2008:
merci d’évaluer de controler et de sanctionner votre gouvernement
de chasser les malfrats bien connue mr le chef d’état chef de gouvernement chef de famille père de la nation
avec 230 000 cfa un médecin spécialiste salaire augmenté de 15 %svp totalisant 20 ans de service chef de famille doit vivre au cameroun alors que 1 ministre ou dg guagne 7 millions par mois
Comment par ANNE le 17 mars 2008:
lisez la grille salariale au cameroun
Trackback par 20mai.net le 31 mars 2008:
Communiqué de presse du Cabinet d’INONI suite au conseil de cabinet du 27 mars…
Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Son excellence INONI Ephraïm, a présidé ce jeudi, 27 mars 2008, à partir de 11 h dans l’immeuble abritant ses Services, un important Conseil de cabinet auquel ont pris part, les Vice-Premiers Ministr…