Récit de la vie d’un étudiant noir en Chine (11/13)
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Face à la détermination sans concession de Xiao Yu, monsieur Zhang et sa femme durent céder. La célébration du mariage eut lieu quelques mois plus tard. Une vingtaine de personnes assistaient à cette cérémonie riche en émotions. Monsieur Zhang faisait bonne figure malgré les rides de plus en plus parsemées sur son visage. Cet homme maudissait certainement le gouvernement chinois qui avait eu la mauvaise idée de donner des bourses aux africains. Dans son regard, on sentait un homme atteint, blessé et surtout prêt à prendre sa revanche si jamais l’occasion se présentait.
Xiao Jia la mère de Xiao Yu était plus décontractée. Elle manifestait une joie sincère pour sa fille. De temps à autre, quand elle laissait trop éclater son émotion soit par un rire éclatant ou par une exclamation, monsieur Zhang lui jetait un regard mauvais. L’homme avait la rancune tenace. L’inimaginable se produisait sous ses yeux. Alain venait d’embrasser goulûment la mariée sous les ovations de la foule qui visiblement avait grandi. Quelques curieux s’étaient joints à la partie et le vacarme grandissait.
La sobriété de cette cérémonie me fit penser à ce genre d’événement en Afrique. Là -bas, loin là -bas, perdu quelque part à proximité de l’équateur, le Cameroun avait l’art de savoir imprimer une dimension noble à ces festivités. Une multitude de femmes et d’hommes s’y mobilisent habituellement pour donner à la célébration du mariage une empreinte indélébile. Quelques mélomanes inspirés entonnent alors des sonorités de circonstance et toute la foule en liesse répond par des pas de danse sur mesure. Les enfants, nombreux en ces circonstances, font entendre leur voix candide en reprenant à l’unisson les refrains des chansons. Même les coqs et les chiens, à travers leur cocorico et leurs aboiements incessants, accompagnent ces rythmiques et leur donnent un caractère solennel. Le ciel, dans un élan sympathique doublé de bénédiction, distille ses fibres lumineuses les plus étincelantes. Et quand vient le crépuscule, les rayons solaires cèdent peu à peu le pas aux transformations vespérale.
Toute la nuit, la fête suit son cours on dirait que les ténèbres amplifient l’ardeur des fêtards. Il faut attendre les premiers caquètements des poules relayés par le miaulement des chats et les plaintes des autres animaux de la basse-cour pour la fête diminue en ampleur. L’aube pointe déjà à l’horizon…
Ici en Chine cependant, dans ce pays étranger, le mariage de mon ami était assimilable à un non évènement. On a mangé. On a bu. On a causé. Et c’était fini! La chose était consommée, Alain avait bel et bien épousé Xiao Yu !

Trackback par 20mai.net le 30 mars 2008:
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