Et si on tendait main forte à la diaspora camerounaise?
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Au lendemain des événements tragiques ayant ému toute la jeunesse camerounaise et surtout les étudiants, la nation toute entière s’incline devant toutes les dépouilles et leur rend hommage. Ils avaient tous un but: prendre le savoir chez les “savants de la Guinée” et retourner après servir leur Cameroun. Mais le destin aura écourté leurs ambitions et Dieu les aura rappelé à ses côtés.
Cette determination qui était la leur pour avoir accepter partir plus loin de leurs parents, de leurs amis bref du terroir pour le savoir traduit la marque de patriotisme qui les animait.
Au travers du sort, c’est le moment de penser profondement à liberaliser davantage l’Enseignement superieur au Cameroun afin que des camerounais capables y investissent dans les universites privées et centres supérieurs de santé, de technologie et des sciences.
Lorsque les grandes écoles polytechnique, Cuss, Ensa, etc. furent créees le Cameroun à leur temps, c’était au besoin de la demande de cette période de former des cadres pour l’administration de l’époque.Les statistiques de cette époque étaient encore maîtrisées et les concours cadraient à la limitation des places et suivaient les normes de quantités que les plans fixaient pour que chaque année un nombre précis soit intégré dans le budget de la fonction publique et satisfaire ainsi la demande de l’administration.
En ce temps le Cameroun connaissait une certaine stabilité financière, une croissance qui parfois séduisait ses voisins. Ne parlait-on pas de l’auto suffisance alimentaire? N’entendait pas des slogans tels que “Santé pour tous en l’an 2000“? En ces temps, beaucoup preferaient étudier au pays auprès de maman et retrouver leurs amis de Ngoa Ekelle.
Au fil du temps, les données de population ont changé. Il y’a eu plus de naissance, il y’a eu une plus forte demande pour l’éducation comme voie de reussite sociale. Mais cette forte demande n’a pas toujours été arrimée par la création de nouvelles écoles. On a certes construit ou crée de nouvelles universités mais ensuite s’est posé le problème de placement des débouchés. Ils sont devenus nombreux pour certains même encombrants qu’ils ne servent plus.
- N’a t’on pas eu des cantiques dans le passé du genre mon CEPE depasse ton bac?
- Ou encore “Licence na waiti, on mange ca?”
Ce climat deletère a poussé dans les esprits et pour beaucoup donc ces universités sont dévenus des calvaires et non des lieux où l’on allait puiser le savoir.
Comment sommes nous arrivés là ? Surtout avec quelle vitesse sommes nous passés de l’autosuffisance alimentaire à la pénurie des denrées de base?
La formule “on va faire comment?” commence à ne plus se chanter mais on y est là . On ne va plus faire comment mais que faire pour sortir du calvaire?
Cette question n’est plus l’affaire du decideur seule mais de tout un peuple en chantier.
Ce chantier exige donc que ceux qui en ont, regardent de près et assistent ceux qui sont évanouis. Le culte de la charité et du partage ne forge pas les nations comme diront certains. Il n’est que chanté dans les églises.
Mais seulement la misère est une donnée réelle à prendre au sérieux si on veut bâtir dans un même socle des couches différentes et des doigts de taille disproportionnée.
Difficile équation à résoudre en ces temps nouveau où la solution ne viendrait plus que du seul decideur.
Et si l’Etat créait deux ministères clés tels le Ministère de la Diaspora et le Ministère chargé de la Gestion informelle?
Se degagerait-il un effet de conscience et d’identification pour toute cette partie de la population qui se sent dispersée depuis fort longtemps?
Le Senegal a un Ministre en charge de la Diapora qui ne substitue pas le Ministre des relations exterieures. Semble-t’il ce ministère arrive à des résultats et appuie les synergies directes pour faciliter l’investissement de la diaspora.
Comme cette chance n’a pas encore été prospectée par le Cameroun, peut-être qu’il est temps de copier des modèles qui marchent.
Car un ministère pareil recenserait tous les camerounais de la diaspora, et s’impliquerait à lui offrir des conditions idoines pour retourner les fonds et investir dans les domaines de santé, de l’education et des infrastructures.
Si le Cameroun est reconnu dans le domaine de football comme un pays d’élites du ballon rond sans infrastructures appropriées pour ses talents là , il n’est plus caché que le taux d’étudiants camerounais dans les universites de la planète est des plus élevés même en Ouzbekistan, ils sont nombreux pour enfin faire des études apaisées en brisant cette distance avec “la maman” mais en se sacrifiant pour qu’un jour, ils assistent les leurs.
Donc partout l’esprit de patriotisme camerounais n’est plus à prouver. Même ceux parmis qui ont aujourd’hui une nationalité autre, venèrent encore cette terre qui leur donna vie.
Il suffit seulement de parler avec les Camerounais en terme honnête pour qu’ils adhèrent au chantier, aussi vaste est-il aujourd’hui pour que comme le disait le Roi Christophe, ils apportent leurs pierre à l’édifice. Arrêtez l’éxode universitaire en construisant ou en tendant la main des “savants camerounais” pour qu’ils créent des universités mixtes des sciences et de technologies. Beaucoup sont convaincus aujourd’hui que l’Etat ne peut pas tout faire seul mais qu’il offre des bases et le reste sera accompli par les nationaux eux mêmes.
- Que l’Etat lance des discussions sur la recherche des Camerounais pour la création des complexes universitaires à capitaux mixtes et il verra combien y participeront.
- Que l’Etat ne se place plus seulement en recruteur des jeunes pour des projets de 5000 emplois mais que cet argent soit versé aux privés lesquels devraient garantir la formation et l’emploi de ces jeunes et en contre partie beneficier des deductions fiscales.
- Que l’Etat arrête d’être le seul qui garantit la croissance mais qu’il attribue cette croissance aux producteurs.
- Que l’Etat impute du consommateur des taxes réelles et met de côté des impots de luxe car le consommateur ne supporte plus les prix de hausse. Peu t’être que ces conseils seront lus par des lustres mais une santé sans dialogue entre les malades et le traitant est ephemère.
