Françafrique: Claude Guéant, le nouveau Foccart ?
Jaques Foccart renaît-il de ses cendres? Ou bien Claude Guéant va-t-il reprendre le flambeau de la Françafrique à l’Elysée? Ces questions méritent d’être posées quand on sait le rôle joué par le secrétaire général de l’Elysée dans le départ de Jean-Marie Bockel du département de la Coopération. Sous la pression des présidents africains de la Françafrique.
Claude Guéant, c’est le secrétaire général de l’Elysée et proche collaborateur du président Sarkozy depuis qu’il était au ministère de l’Intérieur. Et il a été, selon Le Monde, décisif dans le départ de Jean-Marie Bockel du secrétariat de la Coopération pour celui des Anciens combattants. On ne sait pas comment il a pu convaincre Sarkozy de muter Jean-Marie Bockel. Mais ‘face aux ‘diplomates’ Jean-David Levitte et Bruno Joubert, le ‘préfet’ Claude Guéant a eu le dernier mot’, rapporte Le Monde.
Mais n’est-il pas devenu le nouveau Foccart de la ‘Françafrique‘ ? La question mérite d’être posée. En tous les cas, il aurait joué la carte de la ‘Françafrique‘ dont Jean-Marie Bockel voulait signer l’acte de décès. Au grand bonheur de certains pays africains.
Parmi ceux qui auraient réclamé la tête de M. Bockel, il y a le Gabon dont le président est accusé d’être l’incarnation de la ‘Françafrique’, même si ‘le président Bongo ne s’occupe pas de la formation du gouvernement français‘, a indiqué à l’Agence France Presse René Ndemezo Obiang, porte-parole du gouvernement gabonais. Ce même René Ndemezo Obiang a également soutenu à la télévision France 2 que le départ de Jean-Marie Bockel du département de la Coopération était ‘un signe intéressant‘. Mieux, selon l’Afp qui tient son information d’une source proche du pouvoir gabonais, ‘Libreville a bien demandé un changement de tête à la coopération’. La même source, devenant plus précise, indique que ‘pour Bongo, Sarkozy devait remplacer Bockel pour apaiser la situation et montrer de bonnes dispositions’.
Faute de déclarations officielles de la France sur les raisons de la mutation du désormais ex-secrétaire chargé de la Coopération, des ministres en évoquent sous le sceau de l’anonymat. C’est ainsi que l’un d’entre eux s’est confié à l’Afp pour dire qu’il ‘n’exclut pas qu’il y ait eu des pressions, notamment d’Omar Bongo, pour faire partir Bockel du Quai d’Orsay‘, accusant au passage l’ex-secrétaire chargé de la Coopération d’avoir eu ‘tort d’appliquer au premier degré les critiques de Sarkozy‘ sur les relations franco-africaines.
Comment Jean-Marie Bockel a-t-il accueilli son départ de la coopération ? Cet officier de réserve s’est dit, lors de la passation de service avant-hier, ‘extrêmement satisfait’ de son nouveaux poste et ‘passionné’ par les questions de défense. Il a tenu également à préciser qu’il ne retire rien de qu’il a dit ou fait lorsqu’il était secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie.
‘Je ne retire pas un mot de ce que j’ai pu dire dans mes fonctions. Je considère que ce que j’ai pu faire et dire a été utile et que mon passage n’aura pas été indifférent et j’aurai modestement contribué à ce changement de la relation entre la France et l’Afrique‘, souligne-t-il. En plus, il se réjouit d’avoir effectué ‘du bon travail à la Coopération’.
Il estime que le président Sarkozy l’a toujours ‘soutenu et conforté’ dans ses déclarations. Jean-Marie Bockel fait ainsi allusion au discours de Sarkozy au Cap, en Afrique du Sud, où il avait annoncé une réforme de la coopération française. Justement, que vaut ce discours du président français après qu’il a remercié son secrétaire d’Etat qui a exprimé sa volonté de revoir la politique africaine ?
La réforme annoncée par Nicolas Sarkhozy ne va-t-elle pas rencontrer les mêmes résistances des faucons tapis sous le manteau de la ‘Françafrique’, qui ont eu raison de Jean-Marie Bockel ?
Moustapha BARRY


Commentaire par Eddy le 28 mars 2008:
Gueant! C’est pas l’abruti, nostalgique du temps des colonies qui a rédigé le discours de l’autre zinzin à Dakar là?
Commentaire par Eddy le 28 mars 2008:
Ah non, je l’ai confondu avec Guaino je crois. De toutes les facons, «si ce n’est lui, c’est donc son frère !»