Echanges avec l’un des créateurs de Kerawa.com
-->
Quels sont les impacts d’Internet au Cameroun?
Au Cameroun, Internet est utilisé surtout pour envoyer et recevoir des emails, visiter des sites européens de rencontres, chercher des informations sur des sites comme wikipedia.org, et pour avoir des infos locales à partir de certains de nos portails 20mai.net, Cameroon-Info, Camerounlink, etc..).
Cette situation est compréhensible. Les faibles connexions Internet limitent nos usages sur des fonctionnalités comme la vidéo en ligne, nous confinant aux utilisations basiques comme l’email. Plusieurs de nos femmes utilisent les sites de rencontres européens comme une passerelle vers des meilleurs jours en Europe. Nos bibliothèques ne sont pas très fournies, obligeant les étudiants à utiliser Internet comme alternative. La diaspora camerounaise a besoin d’avoir des informations du pays, et peut y accéder uniquement à partir de certains grands portails.
Très récemment, des camerounais ont commencé à voir poindre des nouveaux services comme Kerawa.com pour résoudre les problèmes de recherches d’emploi, de recherches immobilières ou de ventes privées. A ce point, nous sommes fiers du chemin que nous avons déjà parcouru en lançant Kerawa.com.
Quelle direction prend Internet dans voter pays, et quelles sont les promesses à la clé ?
Je vois Internet devenir de plus en plus interactif. Les utilisateurs génèreront de plus en plus de contenus. L’utilisation de la vidéo va augmenter. La plupart des transactions se feront en ligne à mesure que les gens auront de plus en plus confiance dans les systèmes en ligne.
Que signifie être un « entreprenaute africain» ?(n.d.l.r : Entreprenaute est le mix d’entrepreneur et d’internaute, et est souvent utilisé pour désigner les entrepreneurs du web)
Etre un entreprenaute africain signifie que vous êtes parmi le peu de personnes en Afrique qui osent. Cela signifie que vous percevez les problèmes des africains et souhaitez les résoudre en utilisant le web. Vous savez que vous n’aurez pas un capital de départ important, mais vous y allez quand même. Vous savez que vous aurez à vous battre contre les sites américains ou européens équivalents, mais vous êtes persuadés que vous offrirez une plus grande valeur ajoutée aux africains grâce à vos services. Vous savez aussi qu’il y’a très peu d’africains qui ont réussi en entreprenant sur le web, mais vous persistez quand même.
Quels problèmes rencontrent les africains dans leurs tentatives de mettre leurs produits en ligne ?
- Les fonds. La mise en ligne de produits africains se heurte à des problèmes de capitaux. Nous n’avons pas d’équivalent de la Silicon Valley où plusieurs investisseurs privés sont prêts à miser sur des produits online.
- Le marché. Plusieurs africains n’utilisent pas Internet, et le peu qui le font l’utilise avec parcimonie. Néanmoins, le nombre d’internautes africains ne cesse d’augmenter.
- Les compétences. L’Afrique manqué de talents en programmation, design web, marketing Internet, etc… Trouver les bonnes compétences est difficile, et le peu de talentueux sont en général autodidactes.
- Les infrastructures. Les vitesses de connexion sont très faibles, l’usage d’Internet revient encore très cher. Nous n’avons pas suffisamment d’hébergeurs locaux.
- La diversité culturelle: Il y’a beaucoup de différences culturelles entre les pays et nations africaines. Les sites web camerounais doivent par exemple supporter le français et l’anglais. Le Nigéria, le Kenya et l’Afrique du Sud sont culturellement différents. Il serait difficile d’implémenter une unique solution qui satisfasse aux besoins de tous les pays africains.
- Les contraintes. La famille, les grèves, les emplois réguliers.
- Le business model: Nos modèles économiques sont souvent limités à la publicité car il n’est pas très pratique (voire impossible) pour les internautes africains de payer en ligne.
Que peut-on faire pour que les africains utilisent Internet plus efficacement ?
- D’abord, il faut améliorer les bandes passantes, et la connexion devrait être moins chère.
- Les utilisateurs doivent être formés, plutôt que laissés à leur sort.
- L’apprentissage des ordinateurs et d’Internet doit être renforcé aux enfants dans les écoles.
- L’état, les ONG et les autres institutions doivent mieux épauler les entreprenautes africains.
- Les africains ayant les compétences requises doivent cesser d’être de simples consommateurs et commencer à contribuer.
Je suis convaincu que toutes ces problématiques sont déjà abordées quelque part. Dans quelques années, Internet sera un facteur déterminant dans la croissance de l’Afrique.
Interview de Fee réalisé en version originale par le blog TLC Studio



Commentaire par andré le 8 avril 2008:
Echange sans frais en 2008.
Je désire faire une expérience d’un mois ou plus dans la région de NDouala/Littoral/ Baffoussam/Yaoundé
Contre cette expérience, homme suisse propose d’échanger un vaste savoir-faire économique et d’audit dans dans le commerce de biens ou dans les assurances maritimes et transports. (je suis quadrilingue, bénéficie d’une ouverture au monde. J’ai déjà réalisé un tel échange avec une société en RCI.) Attends votre mail avec intérêt.