Célestion MONGA revient aux affaires !!
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Dans une lettre ouverte à Lapiro de Mbanga, Célestion Monga s’attaque en fait à Paul Biya et son système (nécessairement à l’origine de la situation du Cameroun, puisque installé depuis plus de 25 ans). Tout le monde en prend pour son grade: Paul Biya, la SEMIL, l’Assemblée Nationale, les leaders politiques, les intellectuels camerounais, etc… Il tire à boulets rouges sur ceux qui profitent désormais du système qu’ils combattaient hier.

La situation du Cameroun actuellement est triste; beaucoup de jeunes doivent ignorer que le Cameroun a connu l’auto-suffisance alimentaire. C’est la génération “Crise économique”.Nous ne vous proposerons que quelques morceaux choisis de cette longue et profonde lettre, adressée en fait à tous les camerounais asphyxiés par le système Biya, et qui en ont marre marre marre.
- Tu es né seigneur et tu le resteras, que ce soit dans les plus grands palaces de ce monde ou au fond de ta cellule infecte de prison. En revanche, le commanditaire principal de ton arrestation et des tortures physiques et mentales dont tu es l’objet, a toujours été un esclave et le demeurera toute sa vie. Le fait qu’il se déguise dans des costumes trois pièces et qu’il se proclame chef de l’Etat depuis un quart de siècle ne changera rien à son destin : son histoire sera toujours celle d’un vieux Nègre aigri et complexé, tragiquement échappé d’une mauvaise bande dessinée.
- Ceux qui t’ont traîné une nouvelle fois en cellule sont des joueurs de poker. Ils sont convaincus que le moment leur est propice pour procéder librement à toutes les malversations politiques possibles : la hausse des salaires, au demeurant insignifiante, que “le Président” a généreusement consentie aux fonctionnaires et aux soldats (comme si l’argent venait de sa poche), leur donne l’illusion d’avoir la situation en mains, comme ils aiment si bien le dire.
- Au-delà de nos itinéraires croisés et de nos microscopiques cas individuels, quelle tristesse de voir notre pays revenu pratiquement à la case départ, et s’enfoncer allégrement dans le néant : fin février, en l’espace de cinq jours, plus d’une centaine de personnes ont trouvé la mort dans des violences policières - simplement parce qu’elles avaient organisé des marches de protestation contre la vie chère, contre le scandale de la corruption, contre les ambitions du monarque d’Etoudi.
- L’élite politique, tu m’en as toujours parlée. Cela a toujours été un sujet de désaccord entre toi et moi. Je trouvais que tu étais trop dur, trop impatient avec eux. Je leur trouvais des circonstances atténuantes. (…)Ils ont tellement rêvé de se substituer à leur modèle d’Etoudi qu’ils ont fini par lui ressembler.
- Reste “l’Assemblée nationale”, dont les trois quarts des membres sont des prisonniers de droit commun en sursis. Ils ont tous compris la grande stratégie de vie au Cameroun depuis vingt-cinq ans : il faut s’enrichir par tous les moyens les plus illicites, et ensuite se battre pour être “élu” député du parti au pouvoir.
- Tu vois, Lapiro, en un sens, la situation est même plus préoccupante aujourd’hui : en 1991-92, nous avions au moins l’avantage de l’innocence, peut-être même de la naïveté. Certains d’entre nous croyaient vraiment pouvoir changer le pays. Nous bénéficiions d’un leadership intellectuel et moral d’hommes comme Mongo Beti, Ambroise Kom, Fabien Eboussi Boulaga ou Jean-Marc Ela, des gens à l’aise dans leur peau, n’attendant aucun subside, aucune subvention, ni aucune validation quelconque du monarque d’Etoudi. Les élites politiques sorties de l’ombre avaient au moins l’excuse de l’ignorance et de l’impréparation. Dix-sept ans après, l’incompétence politique n’est plus acceptable. Tu avais donc raison d’être particulièrement dur avec eux.
- Bien sûr, le monarque d’Etoudi n’en n’a cure: depuis trois ans, la Société nationale des hydrocarbures verse chaque année dans les caisses de l’Etat (qu’il considère comme sa propriété privée) 500 milliards de Fcfa au bas mot. Où va cet argent ? Qui dispose de la signature sur l’usage des fonds ? Où sont les gourous internationaux qui parlent de “transparence” et mesurent la “bonne gouvernance” ?
Pire que tout cela est le coût symbolique et politique de notre descente aux enfers.
- L’heure est grave, tu le sais aussi bien que moi. Nous avons épuisé notre stock de naïveté et de patience. Nous ne pouvons continuer ni d’attendre le Messie, ni de compter sur la bande de braves hurluberlus qui jouent à être les leaders de l’opposition. Comme leur double d’Etoudi, ils sont mentalement épuisés. Nous devons même avoir pitié d’eux, honorer leur service à la nation, et les envoyer au musée de l’histoire dont ils n’auraient jamais dû sortir.
- Paul Valéry l’a écrit quelque part : “Le pouvoir n’a que la force qu’on veut bien lui attribuer; même le plus brutal est fondé sur la croyance“. En somme, tout pouvoir est exactement dans la situation d’un établissement de crédit dont l’existence repose sur la seule probabilité (d’ailleurs très grande) que tous les clients, à la fois, ne viendront pas le même jour réclamer leurs dépôts.” Il est temps que les 20 millions de Camerounais aillent au guichet de cette banque qui a mis notre société en faillite.
- Nous devons organiser une ferme protestation, et arracher notre avenir des mains de ceux qui nous ont prouvé qu’ils en étaient totalement indignes. Comme les Américains et les Français il y a plus de deux siècles, comme les Sud-africains en 1990, comme les Polonais et les Ukrainiens hier, nous devons exiger que notre citoyenneté et notre dignité nous soit restituée. Pour cela, nous devons penser en priorité à des actions non-violentes mais nous ne continuerons pas de tendre la joue droite à ceux qui nous giflent la joue gauche.

Comment par dotio le 23 octobre 2008:
Bonjour,
Je suis agreablement surpris que d autres Camerounais pensent exactement comme moi compte tenu de decripitude morale generalisee des camerounais inspiree, organisee et entretenue par les gouvernants qui, soit dit en passant oblige tous les camerounais sans exception a les corrompre.
Je suis egalement content de constater que comme moi vous ne donner aucun credit aux leaders politiques dits d opposition que nous avons qui en fait sont les premiers fossoyeurs de la vie politique camerounaise, qui sont a l origine du gachis de la combativite legendaire des camerounais lesquels ont desormais en horeur la politique et prefere mettre leur espoir dans l emmigration.
D autre part et concernant cette meme opposition je considere qu elle serait encore plus mediocre que que le pouvoir en place si il advenait qu elle prenne sa place. J en veux pour preuve le fait qu en plus de 15 ans les learders d oppositions n ont pas changer a la tete des partis alors que leur echec est patent.
Compte tenu du fait que Lapiro fait du tort au gouvernement( sinon pourquoi l aurait il emprisonner), je sais desormais que son avis doit compter au Cameroun. Je m engage a voter et a faire voter 1000 personnes de mon entourages le candidat a la presidence que Lapiro choisira.
J espere que vous en ferez de meme.