Dans le contexte de pays complexe et désespérant qu’est devenu le Cameroun depuis 1985 particulièrement, il apparaît pratiquement comme un miracle de trouver encore des personnes qui prennent le risque autant par conviction que par leur éducation foncièrement contestatrice et progressiste, d’affronter ouvertement les idéologies règnantes et ceux qui en sont les concepteurs et les propagateurs.
A chaque fois que j’ai eu l’occasion, j’ai parlé et je continue de parler. J’estime que le vrai testament des gens est l’idée générale qui transparait de chacun des leurs actes, chacune de leurs déclarations, chacune de leurs démarches. Je porte au quotidien le mien, dans une lutte permanente pour exister, mais surtout pour contribuer à changer le monde autour de moi.
Le Cameroun, l’Afrique, les noirs, sont des vecteurs de souffrance et de misère encouragés par le silence, l’inaction, la complaisance, la complicité ou la haine de la majorité de leurs élites.
Cet entretien avec Valentin qui est par un des journalistes les plus brillants et les plus cocasses du pays, porte la marque de mon identité intellectuelle, idéologique, tribale et nationale profonde. A tous ceux qui se sentiront mal pour une raisons ou pour une autre en m’écoutant, je veux les assurer que c’est ainsi ma nature, qu’on ne la changera pas, et que je ne la changerai point. Je parle avec la certitude de pouvoir en payer un prix fort élévé à tout moment, mais les tombes sont aussi des lieux d’habitation comme les autres, sans doute même les lieux les plus communs à tous les mortels.
Pourquoi craindre d’exprimer son opinion parce que l’on redoute de finir sa course à cet endroit commun?
C’est cela SHANDA TONME, dont la mère dit encore aujourd’hui que lors des bombardements effectués par les avions français à Bangou son village, il avait juste trois ans, mais l’on arrivait pas à le retenir, parce qu’il était passionné d’aller vers les avions en pointant le doit au ciel. Déjà à cet âge, j’ai affronté inconsciemment des avions du génocide, comment ne pas comprendre que mon sang n’accepte pas la passivité?
Consciemment ou inconsciemment, je suis fais pour lutter, contester, protester, et révendiquer.
C’est un destin terrible et je l’assume./.
Première partie:
Deuxième partie:
