A la suite des violentes émeutes de février 2008 contre la vie chère, les pouvoirs publics ont décidé d’une série de mesures destinées à faire baisser la pression inflationniste au Cameroun.
C’est dans cette foulée que l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel) a unilatéralement annoncé en mars dernier, à grand renfort médiatique, une baisse générale des tarifs de l’électricité.
Cette décision s’est faite en violation de la réglementation qui fait obligation à l’Arsel d’associer le Comité consultatif des consommateurs de l’électricité à la prise d’une telle décision.
Néanmoins, les consommateurs espéraient constater les effets positifs de ce réajustement des prix sur les quittances d’avril reçues ce mois de mai 2008.
Au contraire, depuis quelques jours, c’est un sentiment de déception mêlée de colère qui anime la plupart des usagers de l’électricité. Et pour cause, les nouvelles factures ont connu une hausse de l’ordre de 15, voire 30% dans certains cas. Même les abonnés situés dans la tranche dite sociale, c’est–à–dire consommant moins de 111 Kwh, se plaignent.

Après la modification illégale de la structure tarifaire en janvier 2003, avec l’élargissement de la prime fixe aux usagers dits « Basse tension Professionnels », l’Arsel vient de commettre un impair de trop.
Les consommateurs se rendent compte qu’ils ont été bernés et que l’arnaque dont ils sont victimes depuis le 18 juillet 2001, continue de plus belle. Ils sont d’autant plus attristés qu’ils savent aujourd’hui, que le silence complice de l’Arsel, face à leur malheur, a fait place à une complaisance criminelle de l’Agence à l’égard de l’opérateur privé AES-Sonel.
Les consommateurs sont otages d’un système d’escroquerie à ciel ouvert mis en place par l’opérateur privé AES-Sonel et cautionné par l’administration en charge du secteur de l’électricité.
Le Réseau associatif des consommateurs de l’énergie (RACE) dénonce ce racket permanent opéré sur les usagers et cette grossière tromperie. Ce soutien récurrent et délibéré de l’Arsel au bénéfice de AES-Sonel est une violation flagrante de la loi N° 98/022 du 24 décembre 1998 régissant le secteur de l’électricité et le décret N°99/125 du 15 juin 1999 qui fixe clairement le rôle du régulateur.
Cette décision inique et illégale est source de frustrations susceptibles de dégénérer en troubles sociaux graves, comme ceux que nous avons vécu en septembre et novembre 2007 à Abong-Mbang et Kumba.
Pour éviter une nouvelle vague de protestations violentes pour le droit à l’électricité, nous appelons les autorités politiques au plus haut niveau de l’Etat à prendre, dès maintenant, toutes leurs responsabilités dans ce dossier explosif.
Pour sa part, le RACE, tout en continuant à recenser et enregistrer les plaintes des consommateurs (Professionnels et particuliers), envisage de saisir la justice par un recours collectif afin d’obtenir l’annulation de ces nouvelles mesures de l’Arsel en faveur de AES-Sonel.
L’accès à l’énergie est un droit essentiel et inaliénable!
