Par 20mai.net 4 juin 2008 1 commentaire

Cette 36ème édition de la fête de l’unité est célébrée sur l’ensemble du territoire avec faste et solennité. La presse gouvernementale une fois de plus n’a pas manquée de faire la part belle à l’évènement.
Elle s’est investie de fort belle manière, à travers reportages, édito, commentaires, débats et « vox pop » de ceux là même qui vivent le fait au quotidien. Tapage normal, la Cameroun est un pays de paix, béni de Dieu, le sentiment de l’unité national devrait être le couronnement de toute cette évidence.

Seulement, l’on a oublié, à dessein peut-être, de s’appesantir sur les comportements, les actions des acteurs politiques propres à porter un frein à la construction, à la fortification de cette unité. Ils auraient pourtant gagné en s’y investissant afin que les camerounais et camerounaises de tout bord, puissent prendre connaissance du danger qui pourrait survenir, les causes ayant été mis à nus auparavant.

Mais s’il est vrai, que rien à priori ne laisse transparaître les éléments perturbateurs de cette construction, il faut reconnaître que des politiques menées ça et là parce qu’inopportunes, génèrent des frustrations silencieuses, non dit parce que bien évidement le peuple pense qu’il n’est plus maître de son bateau. Qu’il y a une cloison étanche entre la masse et la classe des décideurs. Les aspirations profondes ne sont guère relayées vers le sommet, et dans le pire des cas elle (l’information) est biaisée au profit des hommes sans scrupules. Conséquences, à la longue la rancœur nourrie ça et là se fermente dans les cœurs et finalement le sage aura toujours raison lorsqu’il dira, au Cameroun « sous la cendre le feu ».
L’unité nationale, nous disait –on, est un préalable à la construction d’un Etat fort. Le stade suprême de cette ascension est la Nation. A l’école, il est enseigné que l’élément fondamental de la nation est le « vouloir vivre ensemble » qui anime les nationaux. Pour vivre avec autrui, il faut que cet autrui soit considéré comme une richesse, un véritable partenaire pour une « aventure noble ». Les occidentaux avaient trouvés les mots justes pour le nommer : partenaire ou associé. Ce qui sous entend en filigrane que l’équité est le maître mot de leurs actions. Le rapport de force est égalitaire. Ce qui est bien pour moi l’est également pour toi.

Il s’agit pour utiliser les expressions chères aux bailleurs internationaux de bonne gouvernance, plus dans la gestion mais à un niveau qui n’est pas des moindres, la répartition des ressources. Celle-ci devrait être fait en toute équité, car le sentiment national fait du Cameroun un triangle équilatéral un point un trait. Nous allons ici prendre deux exemples parmi tant d’autres (université/Ens de Maroua, Crtv Régional du Sud, …)

Pour illustrer l’inopportunité des politiques menées par le gouvernement, lesquels sont propres à créer d’une part la frustration et d’autre part retarder la perception de la valeur ajoutée qu’apporte un tel investissement.
Il s’agit du lancement du CTphone (I) et le projet de construction future d’un hôpital de référence à Sangmelima (II)

I – De l’inopportunité de l’implantation en avant première du Ctphone à Meyomessala par la Camtel.
La constitution camerounaise de 1972, tel que révisée tour à tour le 16 janvier 1996 et le avril 2008, consacre le droit au développement du peuple camerounais. Fort de cela, il n’est point question pour nous d’affirmer que cette localité n’avait point droit à un tel investissement, facteur de développement. Nous pensons que des raisons objectives, sur lesquels s’appuis les décideurs d’entreprises, pour aller à la conquête de marcher nouveaux n’ont pas gouvernés leur décision. Parce q’en fait il suffit de se demander ce qu’est Meyomessala aux cotés de Bafoussam, Buea, Bamenda, Ngaoundéré, Maroua, Garoua et Kousseri, en terme de marché. De consommateurs potentiels.

Investir d’abord dans ces localités aurait apporté un plus économique à cette entreprise à capitaux publics. Et du coup, Camtel réaliserait plus de 4,88% au 30 septembre 2006 et serait à plus de 3,91% en terme de parc d’abonné au 31 mars 2007. Même le profane aurait su où l’intérêt pour ses affaires réside et aurait fait le juste choix. Ce ne fût pas le cas ici avec la Cameroon telécommunication, ce qui laisse penser que seuls des considérations subjectives ont prévalu. Et alors bonjour les supputations.

Il avait été reproché il y a peu, par l’entremise des medias, au ministre Garga Haman Adji de n’avoir pas desservi sa localité de Makabaye en eau potable de la Snec alors qu’il était aux affaires. Investir dans ce quartier où il était l’un des rares à avoir une demeure viable, serait un peu comme rééditer l’exploit de la construction des éléphants blancs des années d’après indépendance. En fait, l’eau de la Snec n’étant pas gratuite, combien d’habitants auraient pu à cette époque prendre en charge le coût d’une connexion au réseau Snec ? et quid de l’hôpital de référence ?

II– la faible valeur ajoutée qu’apportera la construction d’un hôpital de référence à Sangmelima

Yaoundé la capitale possède des formations sanitaires d’envergure. L’Etat y a investie et les acteurs du secteurs privés également. Douala la capitale économique fait courir des patients des pays voisins au rang des quels de nombreux équataux guinéens. Combien de kilomètre sépare Yaoundé de Douala et combien de kilomètre sépare nos capitales politiques et économiques de la ville de Sangmelima ? Très peu, parce que en moins de trois heures l’on peut se retrouver aux portes de l’hôpital de référence le plus proche. Et combien faudra t-il pour joindre le septentrion à ces centres ? Le fossé est grand. S’il est vrai que le triangle équilatéral dans notre contexte peut permettre d’arriver au stade suprême de la construction nationale, alors objectivement le prochain hôpital de référence que l’Etat voudrait offrir à ses populations devrait être bâtie sur un autre site, dans une autre ville.
Le but étant:

  1. se doter d’un centre de soin qui réduirait les difficultés liées à l’évacuation des cas sanitaires avérés et dont les hôpitaux de province ne sont pas à même de venir à bout.
  2. parce que situer à un point cardinal, le centre pourrait rayonner sur une autre partie de la sous région étant entendu que, le Gabon, le Congo et la Guinée Equatorial accourent à Douala et Yaoundé. Les patients des pays voisins comme la Rca, le Tchad et pourquoi pas le Nigeria pourrait bien affluer à Garoua, Maroua ou Ngaoundéré.

Reçu par mail de Patchoaké Bruno

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  • Derde

    Voilà qui est dit et qui résume le comportement primaire de l’homme camerounais, en particulier du décideur actuel. En fait ce résumé d’» hopital de référence»  n’est qu’un échantillon des décisions parmi tant d’autres. L’incohérence décisionnelle, l’égocentrisme régional ou provincial, la tendance à la hiérarchisation sociale, la non vision objective des idéaux de développement économique, l’absence d’intégrité nationale ne font que retarder l’explosion d’un bombe inévitable dont l’ardeur ne fait qu’augmenter avec sa durée de retardement. Il vaut mieux penser à étouffer cet engin explosif dès maintenant que de le laisser se nourrir davantage sous peine d’assister demain à ce que personne ne souhaite. Peut-être que ce pays connaîtra un jour une division en trois pays ou même 4, peut-être alors il restera un seul pays, tout dépends de l’ensemble des hommes qui passeront à la tête de l’Etat. A bon entendeurs …

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