Qui n’a pas entendu parler de ce qu’on peut appeler l’affaire Folefack Sontsa? Ce jeune camerounais, n’aspirant qu’au bonheur et qu’on retrouve mort dans un centre de détention en Belgique?- Qui n’a pas entendu en ces moments là le récit de ce qu’a vécu Ngadjui Fosso parce qu’il a voulu défendre les droits de Folefack qu’on transportait dans des conditions inhumaines? Ce brave camerounais a été emprisonné, interdit de voyager sur Brussels Airlines pendant 6 mois, sans que son billet ne lui soit remboursé. Il a été brimé pour n’avoir pas laissé un traitement inhumain et dégradant se produire sous ses yeux.
- Qui n’a pas suivi la réaction des camerounais de Belgique et de part le monde, ainsi que l’écho dont se sont faites les presses camerounaises et internationales?
Face à ces violations manifestes des droits de l’Homme, on a tous appris l’implication de Brussels Airlines et de la Belgique. Et, il y’a quelques semaines, nous apprenions que la Belgique et Brussels Airlines sont à l’origine d’un prix du journalisme intitulé: « Droits de l’Homme et Union Européenne« .
« Ce concours organisé par la Délégation de la Commission européenne au Cameroun en coopération avec le Consulat de Belgique et le Centre des Nations-Unies pour les Droits de l’Homme et la Démocratie en Afrique centrale vise à sensibiliser et mieux faire connaître la thématique des droits de l’homme et le rôle de l’Union européenne dans ce domaine.«
Le rôle de l’Union Européenne? Laissez-nous deviner. Aucun ?
Avec l’affaire Folefack/Ngadjui Fosso, on sait désormais que la Belgique, quand elle parle des droits de l’Homme, n’inclut pas l’homme africain.
Les journalistes lauréats de ce prix devront faire attention quand ils seront transportés par Brussels Airlines; un cousin à eux, un petit-frère pourrait se trouver ligoté à l’arrière de l’avion dans un réduit obscur en partance pour le Cameroun avec la tête sous la chaussure d’un policier.
Les uns sur les autres dans les négiers, des chaussures sur la tête dans les avions de Brussels Airlines.
- Le consulat ou l’ambassade belge devrait s’expliquer face aux camerounais. Mais, on a assisté, comme au Congo, à un silence condescendant, comme pour dire:» On s’en fout de ce que les camerounais pensent et ressentent! N’est-ce pas juste de la négraille?«
Les coups ne doivent plus être acceptés sous des justifications fallacieuses. Les camerounais ont maintenant les moyens médiatiques d’exiger des explications et des excuses pour ces traitements inhumains envers un des leurs.
- Brussels Airlines doit a minima faire recouvrer ses droits à Ngadjui Fosso, mais aussi le dédommager pour les préjudices subis, car jusqu’à preuve du contraire, celui qui s’est battu dans cet avion pour le respect des droits de l’homme, c’est bien Ngadjui Fosso.
- Il est temps que le règne de l’impunité s’achève pour ces entreprises occidentales qui font des bénéfices au Cameroun, méprisent et maltraitent les camerounais
- Il est temps que la société civile se dresse devant ce genre de faits de nature à les animaliser. On n’est plus en 1930 et à l’ère de l’indigénat. La condescendance doit s’arrêter.
- Il est temps que la réciprocité s’applique. Les belges au Cameroun vivent dans le respect des droits de l’Homme et sont protégés par les forces de l’ordre; il est temps que les camerounais vivant en Belgique puissent jouir de leurs droits aussi.
Ceci n’est pas une requête, c’est juste une déclaration. Ce que Brussels Airlines a fait à Ngadjui Fosso et à Folefack ne doit pas s’arrêter là. Ce qui est arrivé à Folefack et à Ngadjui peut arriver à n’importe quel autre camerounais, n’importe quel autre africain; il est urgent de réagir.
