Interview de Shanda TONME dans Le Messager
Vous venez de publier 8 livres à la fois aux éditions l’Harmattan. Un record dans le monde de l’édition francophone. Qu’est-ce qui a inspiré cette décision ; pourquoi avez-vous gardé vos œuvres pour les publier d’un seul jet ?
Tout d’abord, je voudrais corriger votre information sur le nombre de livres. C’est en fait onze livres qui ont été soumis à l’éditeur en une seule fois, et c’est juste pour des raisons de calendrier que huit seulement ont été publiés au jour d’aujourd’hui. Les trois autres sont à l’imprimerie et c’est le ralentissement des activités dues aux vacances qui causent le retard. Je vous communique du reste la liste complète des livres : Le Crépuscule sombre de la fin d’un siècle tourmenté ; L’Orée d’un nouveau siècle ; Pensée unique et Diplomatie de guerre ; Ces dinosaures politiques qui bouchent l’horizon de l’Afrique ; Repenser la Diplomatie ; Réflexion sur l’Universalisme ; Droits de l’Homme et Droits des peuples dans les relations internationales ; L’inéluctable effondrement des dictatures ; Autopsie de la décrépitude de l’intelligentsia camerounaise ; Réflexion sur l’état du monde. Pour votre gouverne, je voudrais aussi signaler que quatre autres livres sont en cours de saisie et seront soumis à l’éditeur en octobre. Par ailleurs, je travaille déjà sur les livres à paraître en 2009.
Ces précisons faites, je voudrais ensuite vous signifier mon étonnement face à ceux qui trouvent que c’est un travail de fou, à la limite impossible. Personnellement je ressens cela comme une injustice au mieux, une ignorance au pire de ma personne et de ma capacité de travail que j’ai du reste assez étalée. Je vous signale que cela fait neuf ans que je tiens la chronique l’Eclairage dans ce journal sans jamais sauter. Allez chercher même aux Etats Unis et vous trouverez très peu d’exemple d’une telle fidélité dans la production et dans la substance. Je ne peux pas jouer à l’humilité maladroite pour plaire à quelques cancres. Il convient de signaler à ceux qui ne le savaient pas, que cette chronique est lue, attendue, et respectée dans les cercles diplomatiques et les centres de recherche à travers le monde. Ce sont des analyses à la fois académiques, professionnelles et spécialisées sur les grandes questions de notre temps. C’est l’occasion de rendre un vibrant hommage à Melvin Akam qui est le vrai père de cette chronique, car c’est lui qui l’institua et guida ses premiers pas.
L’autre révélation que je dois vous faire, c’est que la somme des textes de cette chronique constitue une banque de référence d’une richesse inestimable dans le domaine des relations internationales, du Droit international et des sciences politiques générales. Les textes publiés ici ont été repris dans de nombreuses publications et revues à travers le monde et même traduits en plusieurs langues. Par ailleurs, en dehors de ces chroniques, j’ai, dans le cadre de mes activités de juriste consulte, rédigé de nombreux avis consultatifs pour des organisations internationales, et développé des réflexions indépendantes sur plusieurs sujets diplomatiques préoccupants. Vous comprenez donc que mes archives sont pleines à craquer de manuscrits inédits.
En réalité je n’entendais pas commencer à publier maintenant. J’avais déjà instruis mes enfants en leur disant qu’ils le feront après ma mort. Il existe dans l’histoire de nombreux écrivains et scientifiques dont les œuvres ont été rendus publics seulement après leur disparition. Je signale que j’ai gardé cette position malgré les offres de plusieurs éditeurs de renom. Le déclic est arrivé lorsque je me suis aperçu que certaines de mes œuvres faisaient l’objet de centralisation et de rediffusion non autorisée, et par ailleurs que les livres seraient bientôt dépassés par les innovations technologiques. J’ai donc décidé de publier et de le faire avec rage, force, et condescendance, exactement comme quelqu’un de ma hauteur académique et intellectuelle. Je signale aussi que depuis deux ans, j’ai effectué plus de trente voyages à l’étranger. J’ai découvert que nous sommes loin, très loin dans la compétition pour la dissémination du savoir.
Tous ces livres, semble-t-il, ont une même trame idéologique. Pouvez-vous la décliner le plus simplement possible, en montrant notamment l’évolution de votre pensée d’un livre à l’autre ?
Evidemment, un livre, qu’il soit de type didactique spécialisé ou qu’il soit de type grand public voué à la vulgarisation et à la compréhension du commun des mortels, doit absolument porter les marques intellectuelles, politique et idéologiques de son auteur. Je dirai même que le livre correspond toujours à une photographie à peu près complète de la prédisposition de base de celui qui en élabore la substance. Ecoutez, de par ma formation et mes positions, vous pouvez situez l’orientation et la spécificité de mes œuvres. Je suis internationaliste, africain, engagé, libre comme le vent et versé dans les actions de promotion de la justice sociale et des droits humains. Les livres sont donc principalement orientés vers des thèmes de relations internationales, de droit international, et de science politique. En plus, ils sont, comme l’a fait remarquer l’éditeur, d’un engagement au couteau et d’une honnêteté argumentaire totale. J’écris pour dénoncer, analyser, proposer, venger, crier, interpeller, rassembler, mais aussi pour choisir, indiquer, distinguer, et trier selon les camps, les positions, et les convictions. Mon plus grand plaisir c’est de dire vraiment ce que je pense, même si je dois être tué pour cela. Après tout, Sankara attend Compaoré au ciel et je peux aller le rejoindre là bas et nous attendrons ensemble les traîtres et les salauds de la planète.
Dans ces ouvrages, vous abordez aussi avec insistance les questions de développement, vues sous l’angle de l’impact des organisations internationales sur le processus de progrès des peuples, surtout du tiers-monde. Quelle appréciation générale faites-vous de l’interaction entre les institutions internationales et les politiques de développement des pays comme le Cameroun ?
Pratiquement tous mes ouvrages concernent la problématique du développement perçue à la fois comme fondement de ma révolte et comme finalité de ma quête permanente de justice. Je signale que de façon permanente, je manie aussi bien les concepts économiques que les théories pures de science politique, d’histoire, et du droit général. Je ne vois pas d’ailleurs comment il peut en être autrement. J’ai une formation d’internationaliste complet, avec une vue polyvalente sur toutes ces questions. Vous pouvez vérifier dans la liste de mes travaux universitaires qu’il y a presque autant d’économie que de droit. Mais parlant des livres actuels, lorsque vous lirez le huitième livre qui s’intitule Avancez, ne nous attendez pas, vous serez renversé par l’acharnement sur les chiffres étalés pour exprimer notre arriération et notre mal développement chronique.
Le 30 juin 2008, le Programme triennal conclu entre le Cameroun et les institutions de Bretton Woods en 2005 devait en principe arriver à expiration. Tel qu’il est souvent présenté, on a l’impression qu’il s’agit d’une nébuleuse à laquelle le bas peuple n’y saisit grand-chose. Comment comprendre terre à terre ce programme, qu’est-ce qui l’a motivé, et quels sont, selon vous, les résultats obtenus ?
Je vais sans doute vous surprendre en vous révélant quelque chose de bien grave qui ridiculise toutes ces missions des institutions de Bretton Woods. Lorsque j’étais Directeur de la coopération, j’ai découvert un jour que l’un des experts qui était venu de Washington pour une mission au Cameroun, avait déjà son rapport de mission dans ses dossiers. C’est plus tard lorsque nous avons reçu le rapport, que j’ai vraiment réalisé qu’il s’agissait en fait d’un document que j’avais lu par mégarde dans ses affaires. Franchement, je ne conseille à personne d’y attacher la moindre importance. C’est toujours la même machine qui met en œuvre un stratagème routinier pour embrigader, contrôler, et gouverner par procuration certains Etats. Imaginez-vous un seul instant les experts du Fmi et de la Banque Mondiale en Algérie ou en Iran ? Les termes de référence des missions sont ce qu’ils veulent, tout comme le sont les résultats. Que n’a-t-on pas entendu avec l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative Ppte ? Il faut oublier toutes ces bêtises et se référer à ce que disait déjà feu Tchuindjan Puemi, à savoir que ces institutions sécrètent davantage de misère qu’elles n’aident véritablement nos pays. Cela dit, lorsque des gouvernements s’engagent dans ce jeu, ils doivent assumer la logique de la perdition de leur dignité et de leur indépendance au grand dam des populations
Au regard des engagements pris par le gouvernement camerounais dans le mémorandum de politique économique et financière adressé au directeur général du Fmi, quel jugement faites vous de l’exécution de ce (dernier ?) programme triennal ? Autrement dit, quel en est l’impact sur le quotidien des Camerounais ?
Vous évoquez à juste titre les engagements pris par le gouvernement comme je l’évoquais tantôt, mais que valent les engagements pris par un partenaire dont la légitimité démocratique n’est pas établie et surtout prête à critique ? La constance dans le droit des contrats c’est que les engagements peuvent être déclarés nuls et de nul effet s’il est démontré qu’une des parties n’avait pas réellement et effectivement qualité pour stipuler. C’est le problème de la validité des accords et traités internationaux conclus dans le contexte des souverainetés imparfaites qui a dominé pendant longtemps la réflexion en droit international dans les années 1970. Les partenaires internationaux, qu’ils soient multilatéraux ou bilatéraux ne peuvent pas à la fois déclarer que nos régimes sont anti démocratiques et conclure avec ceux-ci des accords engageant leurs peuples. Il y a là un paradoxe qui mérite d’être souligné et mis en exergue. Combien d’engagements a-t-on déjà pris au nom du peuple camerounais avec ces institutions et quelles en ont été les retombées. Nous sommes plus pauvres et les gens plus fragiles qu’il y a vingt ans. Il vaut mieux les oublier.
Selon certains observateurs, ce programme avait été conclu alors qu’il y avait déjà des indicateurs économiques positifs suffisants pour que le Cameroun s’affranchisse de la tutelle du Fmi. Comment appréciez-vous cette observation ? A qui profite finalement l’exécution de ce programme ?
Les indicateurs auxquelles vous faites allusion ont toujours existé. L’évaluation des capacités d’un pays et des ses aptitudes à négocier son destin de façon indépendante ou soutenue dans le cadre de partenariats internationaux, se fonde d’abord sur son potentiel naturel, incluant à l’occasion la qualité de ses ressources humaines. Je soutiens qu’en dépit d’un saut dans la promotion des cancres à des hautes fonctions de décision, le Cameroun demeure une exception enviable sur tous les plans. Je ne cesse de le dire et de le redire à notre diaspora chaque fois que je me rends à l’étranger. Nous pouvons nous passer de toutes ces institutions et nous porter encore mieux et devenir effectivement prospère. L’on a dit du Congo démocratique que ce pays par ses richesses est un véritable scandale naturel. Le Cameroun est triplement un scandale naturel, donc mieux que la Rdc. Je peux le soutenir tranquillement et le démontrer sous toutes les facettes. Ne trouvez vous pas bizarre que nous n’ayons pas une monnaie ? L’argument de la sécurité des parités et par conséquent de la stabilité par l’ancrage au Franc français puis maintenant à l’Euro, est une pure hérésie. Sans monnaie, oublions tout le reste et acceptons la condition d’esclaves éternellement infantilisés et dominés. Ce que je dis n’entache pas du tout nos orientations diplomatiques, et notre culture éventuelle de la coopération internationale sélective. Je constate simplement que sans mécanisme financier et monétaire autonome, nous n’existons pas et n’avons aucune identité réelle dans la configuration géopolitique et géostratégique planétaire.
Il y a encore quelques engagements pris par le gouvernement qui restent en suspens. L’on n’a pas toujours bouclé les privatisations de la Camair, Camtel, Cdc, … pour ne citer que ces entreprises-là ; les insuffisances observées dans le fonctionnement de certaines structures chargées de la sécurisation des fonds publics (Cour des comptes, Anif…). Comment comprendre que ces engagements non tenus n’aient pas eu d’incidences significatives sur les rapports entre le Fmi et le Cameroun à l’échéance du 30 juin 2008 ?
Je vous conseille de vous référer à la réflexion que j’ai faite sur l’incompétence des économistes du Fmi et de la Banque Mondiale en me fondant sur les Fonds souverains, pour avoir une réponse automatique mieux élaborée sur cette question. Les bases conceptuelles à partir desquelles l’on a échafaudé tous les plans d’ajustement structurels se sont avérées fausses, inappropriées, ou volontairement tronquées. Je ne peux pas retenir la thèse du complot. C’est plutôt de l’incompétence. Les privatisations sont un gâchis indescriptible. L’on ne peut pas confondre des maux conjoncturels avec des tares structurels au point de décréter l’ébranlement de tout un système d’opérationnalité public. Ce que vous appelez insuffisances dans le fonctionnement de certaines structures correspond au contraire au niveau de fiabilité et de rendement attendus selon le type de système en cours et selon le type de régime qui en constitue la matrice. Vous estimez que des engagements ont été tenus. Vous êtes libres de l’affirmer, mais j’ai peur que vous vous laissiez aussi embrigader par les fanfaronnades de ces incompétents et de leurs relais médiatiques.
C’est depuis 1987 que le Fmi et la Banque mondiale interviennent au Cameroun pour redresser son économie, le rendre capable de supporter sa dette, et par-là même, lui donner un souffle nouveau pour son développement. 20 ans après, quel bilan faite-vous de l’intervention des institutions de Bretton Woods au Cameroun ? Qu’est-ce qui a marché, qu’est-ce qui n’a pas marché, et pourquoi ?
Heureusement que vous avez anticipez sur ma réponse en reconnaissant qu’il ne s’est agit que d’aider quelqu’un à payer ses dettes. Mais alors payer les dettes à qui, sinon à ces mêmes personnes qui viennent aider le Cameroun ? Comme je l’ai affirmé tantôt, nous aurions été mieux sans ces institutions, rien qu’en travaillant sur les causes structurelles d’une part et sur les causes conjoncturelles d’autre part. Tout le reste n’aura été que leurre et ruse pour occuper les esprits et justifier les missions des uns, puis la longévité politique des autres. En fait rien ne pouvait marcher, parce que l’objectif n’était pas de faire marcher quoi que ce soit. Voyons, qu’a-t-on changé ? Sans doute le nombre de Ministres et de milliards engloutis dans de la gabegie. Certes, les citoyens sont devenus un peu plus sensibilisés et plus revendicatifs, pressés par la misère et déçus de ne pas pouvoir s’exprimer librement sur les grands choix du destin de leur pays. Les experts du Fmi et de la Banque Mondiale peuvent-ils être heureux de savoir qu’entre 1987 et 2008, il n’y pas eu d’élections libres au Cameroun et que les lendemains ne promettent toujours pas de transition ou d’alternative transparente et lisible ?
Après le scandale électoral de 1992, de nombreux camerounais ont fait le deuil de la démocratie et compris qu’il ne fallait rien attendre. Le pillage s’est dont installé pendant que les jeunes quittaient le pays par milliers pour des aventures désespérées. Dans le même temps les cadres de haut niveau qui vivaient à l’étranger et qui envisageaient de rentrer au pays, ont abandonné leurs plans. Après le scandale constitutionnel de 2008 avec la révision que vous connaissez, ce sont maintenant des pères de famille et des mères de famille qui quittent le pays en masse, par toutes les voies et par tous les moyens. Pendant ce temps, les membres de la diaspora ont pour beaucoup opté pour des nationalités étrangères par dépit. Je sui dépassé et je n’arrive plus à les convaincre de revenir, à leur dire que le pays n’appartient pas au Président ni à un clan, ni à un parti. Ne me parlez plus de ces histoires de Fmi et de la Banque Mondiale.
Avec la fin de ces programmes, on peut considérer qu’une nouvelle ère s’ouvre dans les relations entre le Cameroun et les institutions financières internationales. Certains observateurs affirment que le Cameroun pourra redevenir maître de sa politique économique. Quelle signification peut-on donner à cette observation, dans un monde désormais globalisé ?
Premièrement, je ne partage pas l’avis de ceux qui soutiennent que le Cameroun redeviendra maître de sa politique économique à la fin de ce programme. La dépendance ou la non dépendance d’un pays, voire sa soumission à des puissances extérieures bilatérales ou multilatérales, est éminemment politique. Le Cameroun dans sa configuration systémique actuelle ne peut jamais sortir de la soumission à des puissances extérieures et par conséquent à la dépendance. N’oubliez pas qu’il existe une relation dialectique intime entre les élites irresponsables et anti patriotiques locales avec les forces impérialistes extérieures. Lorsque l’on évoque par exemple la francafrique, l’on fait en réalité allusion à un serpent de mer formé de réseaux de trafiquants établis des côtés de la méditerranée. L’indépendance est un choix structurel et ce choix résulte de la nature du régime politique et du type de système de gestion et de gouvernance qu’il sécrète. S’agissant du monde globalisé dont vous faites état, j’aime mieux vous inviter à une forte relativisation. Le monde demeure malgré les autoroutes de l’information et malgré l’explosion des échanges mondiaux, une juxtaposition de complexités étatiques moulée dans des alliances sélectives. Le Cameroun n’existe plus nulle part en tant que puissance ou en tant que pôle géopolitique d’importance dans les stratégies diplomatiques planétaires. Vous voyez bien que l’Afrique Centrale n’a pas été représentée au récent sommet du G8 à Tokyo. C’est la conséquence de notre parfaite et incontestable déchéance. Il est impensable que le principal pays qui aurait dû et pu servir de porte parole naturel d’une sous région aussi vitale, soit aujourd’hui complètement effacé. Il faut vraiment méditer sur ce constat.
L’Union Européenne est actuellement en négociation avec les pays Acp dont le Cameroun, pour l’instauration d’un libre-échange commercial entre les deux parties. Croyez-vous, comme beaucoup d’observateurs et économistes africains, que l’inégalité des conditions d’échanges mettrait l’Afrique en situation de soumission à l’hégémonie industrielle et agricole de l’Europe, ou bien êtes-vous, comme les Américains, convaincu que le développement de l’Afrique passe essentiellement par le commerce où le continent noir n’a rien d’autre à vendre que les matières premières dont elle ne fixe pas les prix ?
Vous donnez vous-même la réponse à votre question. Les propositions de nouveau partenariat de l’Union Européenne constituent un scandale inacceptable. C’est une tentative de codification et de sacralisation d’une relation histérico ancestrale de dépendance, d’asservissement et de viol des souverainetés formelles. Dans l’un des livres que je publie en octobre, j’ai repris une étude que j’avais faite à propos de la deuxième Convention de Lomé et que j’avais qualifiée alors de continuité d’une intelligente tromperie collective. Imaginez vous que j’ai retrouvé cette étude récemment dans les archives de l’institut des études et des évaluations stratégiques de Stockholm en Suède. Le Messager avait publié cette étude en 1985.
Il importe de situer les relations entre l’Europe et l’Afrique dans la projection analytique des rapports des forces dans une coopération dont les parties affichent des potentiels industriels et stratégiques inégaux. Le résultat en bout de course ne peut être que déplorable et ruineuse pour la partie la plus faible, donc jamais mutuellement bénéfique. De plus, c’est la conscience des disparités entre les économies des pays fortement industrialisés encore désignés sous l’appellation de pays avancés d’une part et les pays en voie de développement catalogués insuffisamment industrialisés d’autre part, qui a donné naissance à au concept d’économie du développement lancé dans les années 1960 et 1970. A ce propos, les économistes à l’instar de Samir Amin avaient clairement démontré les mécanismes mais aussi les ravages de l’échange inégal entre les pays du centre et ceux de la périphérie dans un rapport marchand d’exploitation.
D’ailleurs lorsque le Gatt (l’accord sur les tarifs douaniers et le commerce ou general agreement for tarification and trade,) ancêtre de l’Omc né de l’application de la partie 4 de l’accord de la havane qui était censée gouverner la coopération commerciale mondiale fut instituée, l’une de ses principales préoccupations fut justement de concevoir un système de préférence généralisée encore appelé préférence discriminatoire pour tenir compte des rapports des forces inégaux entre les pays. La Cnuced, conférence des nations unies pour le commerce et le développement fut créée justement pour servir d’outil institutionnel pour contrebalancer l’esprit mercantile qui voulait mettre tous les pays sur le même pied d’égalité. Aujourd’hui, malgré l’existence de l’Omc, les tendances protectionnistes sont toujours vives et il ne saurait être question de nous demander de livrer nos économies à une concurrence sauvage. C’est tout simplement suicidaire, illogique et inconcevable. Comment voulez vous que le cultivateur ou l’artisan africain qui travaille avec des outils rudimentaires et sur des quantités de subsistance entre en compétition avec les exploitants ultra modernes et ultra sophistiqués des Etats Unis qui nourrissent leurs bêtes avec des surplus de production, quand ils ne les détruisent pas systématiquement ?
Le mythe du commerce comme facteur incontournable de développement et d’ouverture tient bien sa réputation. Toutefois, d’énormes conditionnalités peuvent s’avérer indispensables à l’affirmation et à la valorisation du postulat. Il n’en reste pas moins vrai qu’en prenant l’exemple d’un pays comme le Cameroun, les entraves au développement du pays se vérifient d’abord dans les imperfections des mécanismes de nos échanges internationaux. Par ailleurs, dire que nous n’avons rien à vendre en dehors de nos matières premières est totalement faux. Il y’a un manque de volonté politique lié à la nature des régimes politiques irresponsables qui infestent le continent. J’ai certes commis un véritable chef d’œuvre d’afro pessimisme avec mon livre avancez, ne nous attendez pas, mais il ne s’agit en réalité que d’un appel au sursaut. Si vous lisez bien le discours de Sarkozy à Dakar, il ne disait pas autre chose, et c’est à ce niveau que nous devons avoir honte. Que ce soit un Président français qui viennent bousculer les esprits des jeunes africains pour leur dire qu’ils doivent se réveiller et se prendre en charge, est plus que embarrassant. Tous les autres commentaires que l’on peut faire ne changeront rien à la réalité des observations.
Cela dit, il ne sert à rien de s’installer dans son fauteuil pour raconter que le premier homme est africain, qu’un africain travaille chez Microsoft, qu’un autre travaille à la Nasa pour le lancement des navettes, qu’un autre a fait ci et ça. C’est le parfait discours du paresseux improductif, conservateur et non créatif qui vit de son passé et justifie sa défaite au présent. Nous avons besoin de révolutions radicales dans les mentalités, dans nos formes de pensée, et dans tous nos rapports aux choses. A terme, c’est tout un système de valeurs qu’il faut renverser, abandonner et réinventer. Comment voulez vous avancer dans des sociétés où les morts sont plus respectés et plus soignés que les vivants. Il faut en finir avec ces cultes de morts dégradants et abasourdissants.
Si l’on considère qu’avec la fin du programme triennal, le Cameroun redevient maître de sa politique économique, quels sont à votre avis les principaux piliers sur lesquels le gouvernement devrait adosser une véritable stratégie de croissance économique forte et durable ?
En dehors de toute considération de programme ou de planification, retenez simplement que le Cameroun demeure un pays vierge qui n’a été que très peu sondé, exploré et exploité. Ce qui est mis en exergue c’est ce qui est le plus facile, voler le bois en détruisant les forêts, piller les caisses publiques, ruiner les maigres efforts des productions artisanales. Il faut changer complètement le Cameroun pour envisager une véritable stratégie de développement et de naissance. Certains parlent de renouveau, comme si quelque chose avait été fait avant, comme si nous avons commencé à exister. Nous ne sommes même pas encore nés, en termes de conception et d’élaboration des instruments et des stratégies de développement.
Source: Le Messager


Commentaire par Daniel Etounga-Manguelle le 26 juillet 2008:
Trèe interessant.Avec des idées fortes,justes et mobilisatrices.Bref,c’est du Shanda Tonme.Il me tarde d’avoir l’occasion de lire plus en détail quelques uns des ouvrages de cet intellectuel exceptionnellement prolifique, qui honore notre pays et notre continent.Toutes mes félicitations
Commentaire par Dobril Taffou le 26 juillet 2008:
Il est presque attendrissant de suffisance, le Shanda ! Il y a du pathétique chez cet homme qui a pourtant quelque talent.
Commentaire par Arthur Appolinaire NOUMBI le 27 juillet 2008:
Aux grands hommes, les grandes phrases! félicitations Docta!
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J’écris pour dénoncer, analyser, proposer, venger, crier, interpeller, rassembler, mais aussi pour choisir, indiquer, distinguer, et trier selon les camps, les positions, et les convictions. Mon plus grand plaisir c’est de dire vraiment ce que je pense, même si je dois être tué pour cela. Après tout, Sankara attend Compaoré au ciel et je peux aller le rejoindre là bas et nous attendrons ensemble les traîtres et les salauds de la planète.
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Commentaire par Dejean Lowe N. le 27 juillet 2008:
Encore la seduisante rethorique d’un – a n’en point douter- brillant intellectuel.
On a deja entendu des propos de la sorte de personnes toutes aussi brillantes a l’exemple de Georges Ngango, Maurice Kamto et Bruno Bekolo pour ne citer que ceux la.Toujours des analyses d’une tres grande lucidite, mais toujours cette legendaire sterilite a l’epreuve du terrain. La verite c’est que le devellopement chez nous, ne s’accomode plus de discours. c’est des actes et des exemples qu’on attend de nos intellectuels.
Regardez nos freres d’Afrique de l’ouest.Demystifier la fonction presidentielle et le mythe du « Ngomna» qu’on entretien au cameroun. Laurent Gbagbo va au maquis a yopougon et mamadou coulibaly le president de l’Assemblee Nationale s’arrette en bordure rue pour acheter des arachides griller et des prunes.Au Mali ATT va lui meme, vetu de shirt polo et de djellabah inspecter les chantiers des logements sociaux qu’il a initie. Au Benin Bony yahi marche et transpire a grosses gouttes pour aller s’assurer la construction de ses echangeurs avance.Au cameroun nos vacances c’est en Suisse, notre tele c’est france 24, nos journalistes c’est patricia Balme,nos editeurs c’est l’harmattan, nos entraineurs c’est otto pfister et arie Hann…Sont ils toujours les meilleurs? pourquoi s’etonner que le FMI nous impose ses choix? Notre premier pas vers le devellopement, Mr Shanda, c’est d’etre nous meme, avec nos cultes des morts, nos arachides grilles et nos prunes. C’est de fermer l’ENAM cette grande prostitue qui s’habille en costume et cravate pour perpetuer cette retrograde culture francaise a laquelle sarkozy a mis un terme.
Commentaire par Maroux le 28 juillet 2008:
Suis totalement d’accord avec Dejean Lowe. Sans toutefois minimiser le travail remarquable que doivent jouer les intellectuels, car il faut le dire, l’intellectuel est la source d’idées et de bonnes résolutions. Et les politiques doivent cadrer leurs actions en prenant ces idées comme balises et bases.
Notre pays a besoin d’actes concrets, car seuls ces actes développeront le pays, et non les tommes et tommes de livres produits et inexploité. L’intellectuel peut aussi jouer pleinement si ses idées sont diffusées à large échelle pour être reçues et accueillies par un grand nombre.
Slts
Commentaire par djoko le 29 juillet 2008:
article costaud. digne d’un intellectuel de sa carure. mais je pemse qu’il devrait employer un language familier si il veut avoir plus d’impacte. rien ne sert d’ecrire d’ecrir des tonnes et tonnes d’information precieuses mais que la majorite du peuple ne peut pas comprendre.Mr shanda avec tout le respect que vous meritez laissez moi vous rapeller ceci. tant que l’africainn restera eaclave mental des occidentaux, rien ne changera. l’independance economique et politique n’arriveront que quand les africain abandonnerons ces DIEUX etranger qui’ils prient depuis 100 ans et qui n’ont apportes que misere et genocides (JESUS, YAWHE, MOHAMED, ALLAH et tralala) ce dont l’africain a besoin et meme avant vos analyses c’est de retrouver son identite AFRICAINE, c’est de connaitre sa vraix histoire remontant a l’egypte anciennes, c’est de retourne aux cultes des ancetres. c’est de realiser a travers les ecrits de CHEIK ANTA DIOP que c’est nos vrais ancetres les egyptiens anciens qui ont civiliser ce monde. qui ont pratique la phylosophie, la chimie, les mathematiques, l’ecriture, l’astronaumie, la siderurgie, la biologie, la religion monotheiste et polytheiste, le calendrier plus de 5000 ans avant platon, socrate et toute la grece antique. c’est quand les africains vont ensemble realiser qu’ils peuvent envisager un future basee sur un passe veritablement impresionant et glorieux que nous avancerons. sinon vos brillantes analyses tomberons dans nos oreilles comme une semence dans le desert.
A tout mes freres KAMITES desireux d’apprendre leur vraie histoire http://www.africamaat.com
Commentaire par Tchawo le 30 juillet 2008:
je ne peux que féliciter le Travail qu’a fait Monsieur Shanda Tonmé dans sa manière de réveiller l’esprit des enfants africains à penser à prendre conscience de leur avenir qu’en contant que sur eux-mêmes.La solution aux problèmes des africains ne peut être trouvée que par les africains grâce à une révolution qui pourra changer les mentalités rétrogrades qui font croire que les pays développés resteront toujours les sauveurs des pays pauvres par les dons ou par la proposition des programmes éronés de croissance économique.
L’Afrique est un continent qui doit apprendre à se faire respecter aux yeux du monde.Et pour gagner ce respect, il faut prendre des initiatives innovants avec un esprit de patriotisme exacerbée en se passant des intérêts personnels comme le font nos dirigeants au pouvoir aujourd’hui dans presque tous les pays africains. je ne peux pas ne pas citer l’exemple louable du Grand président Nelson Mandela qui n’a fait qu’un mandat pour se retirer et laisser la place à une autre personne estimant que ce dernier pourra apporter les nouvelles idées pour le développement de son pays.je souhaite que les autres hommes politiques prennent cet exemple comme une bonne leçon.
Commentaire par OWONO le 3 août 2008:
Brillantes questions du journaliste du MESSAGER qui a sans doute compris que malgres l’impression très engagé qu’il donne ,MR SHADA a des connaissances plates et osselets sur le sujet. Se dressant néanmoins sur ses ergots « d’intellectuel
j’ecris pour denoncer,analyser,proposer,distinguer,mais aussi choissir , rassembler et trier selon les camps, les positions et les convictions).Y’EN A MARE DES MEMES PROPOS ET DISCOURS REFORMISTES A LA CON…LES CAMEROUNAIS VEULENT ET ATTENDENT DES ACTES ET DES EXEMPLES CONTRAITS D’INTEGRITE ET DE PATRIOTISME.
d’une formation internationaliste» .Mais alors chapeau pour la modestie…D’ou la remarque tres interéssante de MR DOBRIL TAFFOU!
MR TOMNE L’IDIOXYNCRASIE DE VOS ANALECTES ME DONNE L’EMPRESSION D’ETRE DANS UN PSITTACISME LUGUBRE ET SANS FIN.OSCILLATOIRE ,LORSQUE VOUS DITES
SERIEZ VOUS PRET A FAIRE LE PROCES DE VOS AMIS D’HIER ET D’AUJOURD’HUIS,QUI PILLENT LES RICHESSES DE NOTRE BEAU ET CHER PAYS LE CAMEROUN?? DANS LES ANNEES 90-2000 VOUS ETIEZ L’UNE DES PERSONNES DIRIGEANTES D’UN ORGANISME A YAOUNDE QUI A DU FAIRE FAILLITTE ,METTANT DES CENTAINES DE FAMILLES AUX CHOMAGES…ALORS POUR MOI LA NOTION D’INTELLECTUEL NE RIME PAS,AVEC VOYOUTISME,ENRICHISSEMENT PERSONNEL OU ENCORE FOURBERIE ET J’EN PASSE…MR SHANDA NE NOUS DIT PAS ENFIN S’IL SERA DU COTE DES TRAITRES ET DES SALAUDS DE LA PLANETE OU CELUI DES JUSTES ET DES HONNETES DANS LES CIEUX.
Commentaire par Arthur Appolinaire NOUMBI le 3 août 2008:
Ekiéééééééééééééééé! à OWono!
c’est comment! Quelqu’un porte ta chaussure et c’est ton peid qui tre fais mail? bèbèlè zamba!
…
A mon avis il ne faiut pas juger shanda ou un autre comme celà. personnellement
au début, j’ai considéré que cette « vomissure» . pour moi quoi, je ne sais même pas si le mot existe en freançais était une façon de cacher une incapacité à compacter ses connaissance afin de livrer un paragraphe seulement de ce qu’il faut faire.
un peu comme je l’ai fait dans mon équation de la solution universelle, voir mon site sur la question.
http://www.dixmilliards.com ou . net, je ne me rappelle plus sous forme de Su= (TAA+SAM).
Mais je me suis dit par la suite, surtout àprès le tir de missile de Dta, et après avoir lu les réactions des uns et des autre sur ce sujet là, qu’il vaut mieux dans un pays que chacun fasse ce qui le passione, si tant est qu’il n’utilise pas les biens publics ou ne détériore les biens publics, ou encore ne terni pas l’image du pays.
pour moi Quoi, dites au professeur Shanda qu’il écrive encre 200 livres pour l’année 2009.
pour moi quoi Makaya.
Je lirais ce que je peux lire! le reste je m’en fout!
noumbi
mais je me su
Commentaire par Arthur Appolinaire NOUMBI le 3 août 2008:
Voici une copie du site en question.
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D’ici quelques années, il y aura sur terre plus de dix milliards d’humains.
Celà ne va pas se passer sans créer des problèmes de toutes sortes. Déjà aujourd’hui où nous sommes environ
7 milliards, la terre et les humains sont secoués par divers soubressauts.
La dynamique dix milliards (Dynamik 10 milliards)vise à fédérer utopiquement les humains, les animaux et les plantes, y compris la matière minérale comme les cailloux, vers un idéal qui consiterait à ce qu’à l’instant (t), tous les éléments terrestres ci-dessus, ( Hommes, Animaux, Végétaux, minéraux) puissent optimiser et mutualiser leurs énergies vers la satisfaction des besoins individuels et collectifs de tous, au mieux.
Celà passe forcement par des regroupements progressifs, eux mêmes s’intégrant dans d’autres regroupements plus larges, dans un processus ininterrompu, sur des plates formes électroniques, sur lesquelles, les énergies individuelles sont mutualisées au profit des intérets individuels maximalisés d’une part et surtout d’autre part autour des intérêts collectifs maximalisés également.
Nous tablons sur les équations de la solutions universelle, en dimension 1 ou en dimension (n)
Su=(TAA+SAM) et Vsu=[Msu]xVd.
Nous encourageons les personnes désireuses de s’approprier ces recherches de commencer pas la dimension 1, à savoir, Su=(TAA+SAM)
La solution universelle à un problème ne saurait se résoudre sans travail acharné, perpétuellement amélioré, plus une certaine solidarité active de type militaire chez les hommes et de type fourmis chez les animaux.
Ainsi présenté, cette nouvelle theorie que nous avons choisi d’appeller la theorie de la solution universelle peut faire des miracles.
Imaginez que les habitants d’une ville de 2 millions d’habitants se décident de cotiser chaque dimanche matin, la somme de 1000 f cfa. cela fera par semaine, une somme de
2 milliards de francs! suffisant pour faire des routes, des hopitaux etc… sans même passer par l’Etat, car au final, l’etat c’est qui? sinon chacun de nous?
Nous avons démarré par la sous-dynamique 40 millions, que nous allons tout simplement appeler Dynamik 40 millions. voir http://www.40millions.net . Sur ce site, nous nous attaquons à l’épineux problème de la formation et de l’insertion socio-professionnelle des jeunes africains.
Le fondateur de la dynamique: Arthur Appolinaire NOUMBI
Ingénieur polytechnicien de classe exceptionnelle
solidmaison@gmail.com
tel 00237 79 81 83 36