Le colistier du présidentiable Barack Obama sera Joseph Biden
Considéré comme un spécialiste des relations internationales, Joseph Biden, l’un des plus anciens élus du Sénat américain, a été choisi par Barack Obama pour être son colistier dans la course à la Maison blanche.
Âgé de 65 ans, le sénateur démocrate du Delaware se lance un nouveau défi, celui de conquérir le coeur des Américains en novembre prochain avec le sénateur de l’Illinois.
Contrairement à bon nombre de ses collègues, Biden, fils d’un concessionnaire automobile, n’est pas millionnaire. Lorsqu’il fit campagne pour se faire élire pour la première fois au Sénat, il promit de ne pas avoir de portefeuille d’actions, afin d’éviter d’éventuels conflits d’intérêts.
C’était en 1972, et il allait avoir 30 ans, l’âge minimum requis pour siéger au Sénat. Un mois plus tard, la tragédie frappait sa vie: son épouse et leur fille mouraient dans un accident de voiture. Leurs deux fils étaient blessés.
Biden fut près de renoncer à son siège de sénateur mais les dirigeants du Parti démocrate le persuadèrent d’effectuer son mandat. Depuis lors, il s’est toujours fait réélire.
Biden, qui s’est remarié 15 ans plus tard, cultive son image d’homme simple. Quand la plupart des élus du Congrès possèdent ou louent une résidence dans Washington, Biden se rend chaque jour au Sénat en train, habitant dans la banlieue, à Wilmington, à une heure vingt par les transports en commun.
Un oeil sur la maison blanche
Ce catholique illustre par certaines de ses propositions sa position d’homme proche des classes moyennes: ainsi se dit-il favorable à l’abrogation de la décision de Bush de réduire l’imposition sur les 1% d’Américains les plus riches.
Biden, qui préside la commission sénatoriale des Affaires étrangères, après avoir, naguère, dirigé la commission judiciaire, a toujours gardé un oeil sur la Maison blanche au cours de sa longue carrière politique.
En 1988, le sénateur du Delaware avait été candidat malheureux à l’investiture démocrate. Tout comme cette année, où il avait dû renoncer très tôt à ses ambitions présidentielles après des résultats décevants enregistrés lors des premiers caucus de l’Iowa.
Biden s’est distingué ces dernières années lorsqu’il a d’abord soutenu la résolution autorisant le président George Bush à déclencher l’invasion de l’Irak en 2003, avant de devenir un des opposants les plus féroces à la gestion de l’après-guerre.
Depuis lors, il a proposé un plan pour mettre fin au conflit en créant trois régions dotées d’une large autonomie en Irak: régions chiite, sunnite et kurde, chapeautées par un gouvernement central aux pouvoirs limités.
Ce plan, qui s’inspire de la solution institutionnelle élaborée en 1995 pour la Bosnie-Herzégovine, a reçu le soutien de nombreux dirigeants de pays étrangers et de la majeure partie de ses collègues au Sénat, mais pas de la Maison blanche.

