A la commission spécialisée des marchés publics, l’instance qui chapeaute les structures déconcentrées de passation des marchés et qui est logée dans les locaux de la Agence de régulation de marchés publics (Armp) à Yaoundé, on cache à peine «une préoccupation profonde contre une véritable entorse à la réglementation des marchés». A la Primature, il s’est, en effet, créé, progressivement, un goulot qui s’impose désormais de facto à toute la chaîne de la mise en œuvre des marchés et des maîtres d’ouvrage, en l’occurrence les ministres et autres hauts responsables de l’administration qui octroient lesdits marchés publics. Ce goulot a pour nom Paul Njie Meoto, l’ineffable directeur de cabinet du Premier Ministre, Chief Ephraïm Inoni…

C’est que, le Premier ministre, chef du gouvernement, Chief Inoni, est, au plan légal, l’Autorité suprême en matière de marchés publics. Il est le destinataire et l’arbitre ultime des contestations survenues dans le processus d’attribution desdits marchés. Il peut décider de l’octroi d’un marché de gré à gré à la demande d’un maître d’ouvrage. Il dispose, en l’occurrence, de pouvoirs léonins dans les procédures de réattribution des marchés litigieux. Dans le cas actuel, le PM Inoni a délégué cet important pouvoir à son directeur de cabinet, Paul Njie Meoto, un professeur de lycées dont le bureau à l’immeuble Etoile ne désemplit plus.

Limogeage imminent.

Problème, depuis que se répand dans la capitale la rumeur de l’imminence d’un limogeage du mentor Chief Inoni, son entourage se débande. Et l’homme, pressé, «se bat comme il peut». Il est accusé dans les milieux de la commission spécialisée des marchés d’obstruer illégalement la chaîne, et de «vouloir s’enrichir le plus vite possible avant qu’il ne soit trop tard».

D’après un cadre de la commission qui a requis l’anonymat, «Il veut incarner personnellement toute la chaîne réglementaire de l’attribution/exécution. Il fausse les données à la base, bloque les procédures en cours et procède à des nouvelles attributions de marchés entièrement arbitraires puisqu’il ne figure nulle part dans la chaîne. Il reçoit à longueur de journées des prestataires et offre en fonction de l’enveloppe. A cet effet, il met toute la chaîne des maîtres d’œuvre (ministres, etc.) en difficultés parce que, in fine, il n’a aucune responsabilité juridique codifiée et ne répondra le moment venu de rien sur les questions de capacité à exécuter l’ouvrage et des desideratas qualitatifs des maîtres d’oeuvre qui sont à l’origine des marchés». Des proches du Premier ministre, interrogés, ont confirmé cette délégation de compétence et l’activité ex officio.

D’après un cadre de l’Armp interrogé, «l’attribution d’un marché de gré à gré n’est pas en soi illégale. Elle procède de l’article 29 du Code des marchés publics. Le problème se pose à partir du moment où elle se fait dans le bureau d’un fonctionnaire.» D’autant que cette «entorse à la procédure induirait sur le terrain une situation compliquée dont la moindre enchevêtre n’est pas un abus de fonction qui réduit la marge de manœuvre des gestionnaires de marchés, et surtout la capacité de la même «autorité» à contrôler les ouvrages de manière indépendante». Toujours est-il que la situation actuelle crée des tensions, qui se prolongent dans les milieux des prestataires lésés dont certains envisageraient déjà une action auprès du Premier ministre et d’autres instances compétentes.

Des sources à la Primature qualifient, en effet, cette activité de corruption fort rémunératrice au cabinet du Premier Ministre. Des mauvaises langues sont allées plus lojn. « Paul Njie Meoto est un bon ‘éperviable’, affirme sans ambages un attaché à la Primature. Il tutoie le milliard de francs Cfa avec son activité. Il se constitue ainsi un petit trésor de guerre en cas de départ du Premier Ministre. Il n’est pas bête, c’est pourquoi il se dépêche…»

Coup de poing.

Seulement, une vraie action coup de poing des «victimes» contre le dircab ne demeure, jusqu’à lors, qu’au stade de la simple gestation. Interrogés à cet effet par téléphone, les plus hauts responsables du Mouvement des Entrepreneurs, fournisseurs et prestataires de services de l’Etat (Medec) à Yaoundé ont reconnu que cette activité au cabinet du Premier ministre était «potentiellement amplificatrice de corruption» mais ont refusé «de faire une déclaration supplémentaire sur la question à la presse».

Nous avons tenté, en vain, de joindre Paul Njie Meoto par téléphone hier, par courriel et au travers d’un proche collaborateur du Premier ministre pour requérir avis sur la question. Ils n’ont pas jugé utile de décrocher leur téléphone, ni de nous répondre et encore moins nous rappeler. La boîte électronique d’icelui, sans doute pleine, a également renvoyé tous les messages que nous lui avons envoyé.

Copyright: Hebdomadaire Bebela

About

Jean Marc Soboth est journaliste, premier secrétaire national du SNJC (Syndicat National des Journalistes du Cameroun). Il est aussi Adviser (Reserve) du Comité Exécutif de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ)

  • bamka

    Deux cent ans après le Congrès de Berlin, qui en 1885 consacrait le partage de l’Afrique, c’est à une nouvelle ruée vers l’Afrique et ses ressources que l’on assiste. Comme par le passé ce sont les trésors du sol et sous-sol africain qui aiguisent les appétits insatiables des nations industrialisées. Avec cette fois cependant une nouvelle donne : il s’agit des immenses réserves de pétrole que l’on estime enfouies un peu partout de l’Ouest à l’Est du continent.

    L’Afrique elle-même pourra-t-elle enfin bénéficier des ressources dont la Nature l’a amplement gratifiée ? Saura t-elle saisir sa chance et s’engager résolument dans la voie d’un véritable développement économique et humain ? Ou fera t-on encore une fois son histoire sans elle et à son détriment ?

    Dans son édition du 17 Octobre 2005, le magazine allemand « Spiegel » consacre à la suite d’autres médias, un long article sur les trésors inestimables dont regorge le sous-sol africain et la guerre quasi ouverte entre Américains et Chinois autour de ses ressources. Ce ne sont là point des vues de l’esprit, mais des faits bien réels que la majorité des Africains cependant semble ignorer.

    Aujourd’hui ce sont huit millions de barils de pétrole par jour qui sont exploités à travers le continent. Un produit d’excellente qualité, léger qui se laisse très facilement transformer en carburant. Raison pour laquelle il est, selon les sources citées par le Spiegel, très convoité sur le marché mondial.

    Ce sont d’après les estimations les plus raisonnables quelques près de 100 Milliards de baril de pétrole, en presque totalité offshore, qui attendent d’être exploités dans la seule Afrique de l’Ouest.

    L’année dernière déjà, sur les « huit milliards de baril de pétrole découverts dans le monde, sept milliards se trouvaient dans le sous-sol de la côte ouest-africaine » constatait le membre du Congrés américain William-Jefferson.

    Le trésor n’attend que d’être mis à jour. D’énormes réserves de pétroles ont été en effet découvertes un peu partout sur le continent et les réserves potentielles semblent défier l’imagination. D’après les études réalisées par le « Center for Strategic and International Studies », l’Afrique devrait dans un délai de cinq ans apporter quotidiennement de deux à trois milliards de baril supplémentaires par jour, ce qui représenterait vingt pour cent de la nouvelle capacité de production mondiale.

    Le géologue Tom Windele, toujours cité par le Spiegel, qui a découvert auparavant des réserves de pétrole en Afrique de l’Ouest pour le compte de la société Amoco, estime même que les plus grandes réserves de pétrole se trouvent en Afrique de l’Est. « Si quelqu’un me mettait 1 milliard de dollars en main et me disait ‘Ouvre moi un nouveau bassin’, alors », poursuit Tom Windele « je me mettrais au rebords est-africain ».

    Pour les Etats-Unis comme pour la Chine cette nouvelle donne revêt une importance stratégique vitale, d’autant que les réserves des États du Golfe Persique, en sus de l’instabilité politique, se rétrécissent d’avantage comme peau de chagrin. Le Nigéria est déjà le cinquième plus grand fournisseur de pétrole des Etats-Unis ; 15 pour cent du total des importations américaines proviennent déjà de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique Centrale et devraient bientôt grimper la barre des 20 pour cent. De gigantesques pipelines pompent à l’heure actuelle avec grande frénésie le pétrole du Tchad vers la côte atlantique, où un tanker en partance pour le Texas n’a besoin que de la moitié du temps nécessaire pour rallier le Golfe Persique.

    Exxon Mobil, Woodside Petroleum et Tullow Oil sont déjà à pied d’œuvre et très actifs dans les pays d’Afrique de l’Est. En Somalie, la prospection pétrolière qui avait été brutalement interrompue par une guerre civile meurtrière, reprend de plus belle. Et les représentants des Multinationales américaines se pressent aux portes du gouvernement provisoire à Dschauhar.

    La Chine aussi, nouvelle super puissance économique a découvert l’Afrique comme réserve de matières premières. Ce pays a en effet un besoin urgent de matières premières pour maintenir un taux de croissance économique annuel qui tourne autour de neuf pour cent. Au gré de la lutte contre le terrorisme international et Ben Laden, la Chine ne s’est fait pas faite prier pour s’emparer du pactole du pétrole soudanais, lorsque les entreprises américaines délaissaient à contre cœur des affaires plus que juteuses. Les Chinois sont désormais les gros investisseurs au Soudan.

    10.000 Chinois viennent juste de commencer, toujours selon le Spiegel, la construction d’un pipeline long de 1500 kilomètres, allant des champs de pétrole au Sud du pays vers le port de la mer rouge, Port Soudan. 60 pour cent du pétrole soudanais va directement vers l’Empire du Milieu. Présentement le Soudan produit 340.000 barils de pétrole par jour et devrait atteindre 300.000 barils jour avec l’exploitation très prochaine des champs de pétrole de Melut.

    A l’heure actuelle la Chine tire déjà 6 pour cent de son pétrole brut du Soudan, autant qu’en provenance de la Russie. Au total elle importe 28,7 cent de son pétrole d’Afrique.

    En contre partie le gouvernement du chef de guerre Umar Al Bashir, qui investit 60 pour cent de ses recettes pétrolières en matériel de guerre, reçoit des armes en provenance de la Chine. Matériel de guerre dont Khartoum a urgemment besoin pour mater les populations « noires africaines » du Darfour et de l’Est du pays, où la plupart des ressources pétrolières sont aussi concentrées.

    Aussi la Chine fait automatiquement, à la demande des autorités soudanaises, usage de son droit de véto contre tout projet de résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies condamnant ouvertement le génocide au Darfour et ailleurs dans le pays. Et chaque fois c’est l’alibi du principe de souveraineté et des affaires intérieures qui est convoqué. Les vraies raisons sont cependant tout ailleurs. La bataille du pétrole africain bat donc depuis longtemps son plein.

    L’opinion publique africaine est-elle cependant suffisamment consciente des énormes et vitaux enjeux que le nouvel or noir représente pour l’avenir d’un continent, que presque partout ailleurs on donnait pour perdu ? Si l’on versait dans le cynisme, on pourrait même dire que c’est peut-être là la dernière chance du continent ! L’Afrique n’a pas le droit de répéter les erreurs du passé !

    Dans les 30 dernières années, le Nigeria a tiré de son pétrole des recettes estimées à près de 280 milliards de Dollar, volés en toute impunité par une minorité corrompue et maffieuse qui fait face à des centaines de millions d’autres démunis et laissés pour compte et un pays au bord de la déliquescence. Ayons une pense pieuse pour Ken Saro Viva et les autres martyrs du peuple ogoni, pour qui le pétrole a été jusque là plus une malédiction qu’une aubaine.

    Le génocide du Soudan, la longue et meurtrière guerre d’Angola ne sont pas non plus des signes avant coureurs d’une nouvelle prospérité. Que dire des autres états, tels la Guinée équatoriale où des kleptocrates sans âme pillent avec la complicité bienveillante des multinationales pétrolières leurs propres pays.

    Il est temps que l’Afrique prenne en main son destin ! Maintenant ou jamais ! Les enjeux sont énormes. Les huit plus importants états pétroliers africains auront d’après les estimations, cette année déjà des recettes de 35 milliards de dollar. L’Afrique n’est pas un continent pauvre : c’est un grand mensonge et une grande supercherie, qu’il faut que les Africains démasquent enfin.

    Les gigantesques champs de pétrole qui s’étalent de Port Soudan à Port Harcourt devront profiter au peuple africain et noir dans son ensemble et non aux chefs de guerre et aux multinationales ! La pacotille chinoise et les autres articles de consommation de masse ne sont point l’équivalent des richesses dont la Nature a gratifiées le continent. Pour des aumônes des dirigeants africains basardent déjà les inestimables trésors du sous-sol africain !

    Il est encore temps de mobiliser l’opinion publique internationale, les Nations Unies, l’Union africaine, les ONG, l’élite intellectuelle et économique d’Afrique et de la diaspora pour que des mesures conservatoires soient prises, afin que l’or noir du continent bénéficie en priorité à l’Afrique et aux Africains. Il y’aurait là bien du travail à faire pour le NEPAD, qui de l’avis même d’un des ses pères fondateurs risque de sortir par la petite porte de l’histoire, estampillé « vain assemblage de mots ! »

    La deuxième traite atlantique aura-t-elle lieu ? Vendra t-on à nouveau le riche héritage que la terre des nos ancêtres renferme dans ses entrailles contre des kalachnikovs, des transistors et d’autres gadgets électroniques ?

    Ce serait en tout cas un deuxième meurtre contre la mémoire de nos ancêtres, le minerai noir, dont l’Europe et l’Amérique se sont servies à profusion pour construire un avenir honorable à leurs enfants.

    Tamsir Anne, Francfort – Allemagne.

  • bamka
  • bamka

    http://www.africamaat.com/Nous-devons-simplement-quitter-labanque mondiale et la fmi elle est contre le dveloppement de l’afrique

  • yanclod

    un gros MERCI a Tamsir Anne pour tant d’infos l’Afrique a besoin de gens comme vous pour informer et éduquer les jeunes blaks du continent et d’ailleurs beaucoup aujourd’hui pensent réellement ke nous sommes pauvres et ke sans l’occident nous seront de véritables animaux faux.Mais ne serait ce pas mieux ke vous le fassier sur le sol Africain car les réalités sur le terrain sont dessastreuses et on commence a penser que l’el dorado se trouve a francfort par exemple.

Copyright © 2012 20mai.net All Rights Reserved.