L’orientation scolaire et universitaire au Cameroun: l’urgence de nouvelles attitudes
Au Cameroun, l’orientation interpelle la jeunesse lors des rentrées scolaires et universitaires. C’est l’occasion pour élèves et étudiants de s’interroger sur leur avenir. S’orienter devient déterminant et angoissant; aussi de nouvelles attitudes s’imposent-elles en raison des incertitudes des jeunes face aux offres de formation diversifiées.
Suis-je fais pour telle filière ou tel métier ?
Ils sont nombreux à se poser ces questions à un moment de leur cursus. Mais bien qu’ils en parlent très souvent, peu d’élèves ou étudiants se réfèrent aux Conseillers d’Orientation pour construire leur projet professionnel en raison des pratiques peu orthodoxes en vigueur dans nos lycées et campus.
Des décisions mêlées de confusion…
Avec la liberté d’accès aux études demeurée un principe inaliénable dans le système éducatif camerounais, la prolifération des offres de formation a rendu le besoin d’information nécessaire.
Y répondant, les Pouvoirs Publics ont mis sur pied des stratégies de proximité de nature à vulgariser la pratique de l’orientation notamment en affectant les Conseillers, dès 1993, dans les établissements de formation.
Aujourd’hui les missions du Conseiller relèvent de l’Orientation–Conseil, une pratique éducative continue centrée sur l’apprenant. Ainsi, il lui revient d’éduquer à l’orientation; de faire de son public–cible, un consommateur avisé de l’école.
Mais il nous a été donné de constater que la mise en œuvre de cette politique est en bute à des obstacles liés aux confusions de rôle.
Si dans l’enseignement primaire, l’on se prépare à parler de l’Orientation aux instituteurs – avec lancement des 1ères JNOPS (Journées Nationales de l’Orientation Psychologique & Scolaire) en 2005, il en va autrement des 2 autres niveaux d’éducation.
Dans le secondaire, malgré les JNOS (Journées Nationales de l’Orientation Scolaire) – et l’instauration d’un volume horaire – 1h/semaine/classe- en 2004, les Conseillers sont sevrés de leur tâche au profit de l’enseignement; bien plus, proviseurs et censeurs, fondant leur attitude sur les scores aux différentes évaluations, contestent régulièrement leur avis, lors des conseils de classes d’une rapidité apodictique.
Dans le supérieur, c’est le laisser-faire qui désempare les bacheliers. La reforme universitaire de 1993, aurait complexifié l’orientation: l’étudiant paye désormais pour la Fac, le DUT ou le BTS de sa préférence! Désorientant!
Malgré les Journées d’Orientation Académique, l’action du Conseiller se limite à la canalisation des flux d’étudiants.
Aucune stratégie censée créer une masse critique dans un domaine précis n’est mise en œuvre. Seules les Grandes écoles bénéficient d’un numerus clausus imposé par les capacités d’accueil des établissements.
Dans les familles, le mode opératoire des parents est tributaire de leur situation socio-économique:
- les pauvres, ont tendance à abandonner leurs enfants à la porte de l’école;
- les nantis s’immiscent de manière autoritaire dans les décisions d’orientation de leur progéniture dès lors qu’elle ne rencontre pas leurs ambitions souvent inavouées.
Avec de telles attitudes, comment voulons–nous qu’un élève, trouve providentiel de rencontrer un Conseiller si enseignants, par-ci, et, parents, par-là sont maîtres absolus de son choix ?
Changer d’attitudes….
La décision d’orientation est un acte protéiforme et surdimensionné. En même temps qu’elle permet d’opérer un choix, elle prépare l’individu à recevoir des savoirs et savoirs-faire qui le prédisposent à un métier et partant à une catégorie socioprofessionnelle; laquelle le prédestine à une hiérarchie sociale attachée à un mode vie : si vous avez choisi de faire médecine… Ne rêvez pas de la vie d’un Avocat !
La façon dont élève et étudiants intègrent l’orientation dans leur quotidien, la perception qu’ils ont des rapports entre Conseillers et Enseignants sont autant de facteurs qui, liés les uns aux autres, déterminent leur motivation.
A titre d’illustration, sur environ 1500 Conseillers formés depuis 25 ans déjà à l’ENS, 1/5 environ ont quitté le monde l’éducation; 1/5 à peine sont en charge d’environ 75000 étudiants dans 6 universités; aucun n’a jamais présidé aux destinées de la direction de l’Orientation.
Ces inattentions des Tutelles à leur égard amènent le public à les considérer comme les parias du milieu éducatif.
Victime des stéréotypes et des préjugés dans l’opinion publique, le Conseiller souffre d’un déficit d’image. Il importe de changer d’attitude à leur égard pour mieux lutter contre les déperditions scolaires.
Dans notre société où la croissance génère peu de travail, l’adéquation formation/emploi est un impératif de recrutement. Il importe de donner à l’orientation des meilleurs espaces d’expression.


Commentaire par Kom Bernard le 7 septembre 2008:
En tant qu’enseignant réalisant depuis toujours les exigences de l’orientation permanente des élèves,j’ai appris à composer avec les étudiants à cet effet,au moins une fois par an,de manière indépendante,ou en collaboration avec le service d’orientation de mon établissement. Le procédé consiste à mettre ensemble élèves et étudiants de diverses filières pour échanges en questions-réponses.
Par ailleurs,on a fait des échanges radiophoniques sur l’orientation vis-à-vis de l’université de Douala,tout au moins, sur deux radio,en Août 2008.J’ai sollicité ensuite et en vain des espaces de communication permanente sur la question auprès de cinq stations fm de Douala sans succès.
Mais l’on devrait y parvenir un jour ou l’autre, de manière à discuter au moins une fois par semaine des filières universitaires et de débouchés professionnelles, sur les ondes.
Rétrolien par 20mai.net le 8 septembre 2008:
Quelle perception avez-vous de la corruption dans le monde de l’Education?…
Le milieu universitaire serait-il le lieu de tous les abus? A en croire l’opinion étudiante, on en est pas éloigné!
……
Commentaire par BOMDA le 14 octobre 2008:
suis flatté par les vérité qui se disent ici sur l’orientation. mais je pense que l’heure est à l’identification des responsables (humains ou stratégiques) de l’engourdissement de l’orientation au Cameroun.
c’est au prix de la dénonciation que le public sera interpellé, l’Etat aussi.
je viens de le faire dans deux ouvrages:
1) le conseiller d’orientation scolaire, universitaire et professionnelle au Cameroun: un luxe? une sinécure? CEPER SA, Yaoundé Aout 2008; disponible à Clé (Capitole yaoundé) et peuple noir (Tsinga)
2) Orientation-conseil scolaire et universitaire au Cameroun: l’urgence d’une remédiation; sous presses chez l’L'harmattan
Commentaire par BOMDA le 14 octobre 2008:
Merci pour cette page.
voici et pour des besoins de partage puisque le même but nous anime:
Note de lecture de l’ouvrage :
LE CONSEILLER D’ORIENTATION SCOLAIRE, UNIVERSITAIRE ET PROFESSIONNELLE AU CAMEROUN : un luxe ? Une sinécure ?
De : Joseph BOMDA (Tél : 77046541; E-mail : messayo@yahoo.fr )
Paru aux éditions : CEPER SA, en Août 2008
Synthèse de lecture
Le problème d’inadéquation formation emploi au Cameroun, en dépit des efforts notables des pouvoirs publics pour la professionnalisation des enseignements et apprentissages, a interpellé l’auteur.
En se fondant sur une revue de littérature variée, d’ici et d’ailleurs, il démontre que la méconnaissance et le déficit d’usage des services d’orientation scolaire, universitaire et professionnelle, pourtant présents dans le système éducatif camerounais, en est pour beaucoup.
Aussi, tout en répondant aux questions de savoir si le Conseiller d’orientation, scolaire, universitaire et professionnelle au Cameroun est un luxe ou une sinécure, il informe et forme le public utilisateur, partenaire et bénéficiaire des services d’orientation – conseil scolaire, c’est-à-dire : les Chefs d’établissements, les Censeurs, les surveillants, les enseignants, les parents, les élèves…, de :
qui est le conseiller d’orientation scolaire, universitaire et professionnelle ;
ce qu’il fait et de comment il procède ;
la différence entre lui et un enseignant ;
des dangers pour le système éducatif camerounais et la nation toute entière de la confusion entre lui et un enseignant ;
des intérêts de la critique de faire de lui un Enseignant dans le combat pour une perspective de son intégration efficiente dans le système éducatif camerounais.
Quelques extraits des commentaires à propos :
« Cet ouvrage est un élément d’information et de formation du public tout venant : Élèves ; Parents ; Enseignants ; Directeurs, Principaux et Proviseurs des lycées et collèges ; Écoles de formation des Enseignants et de Conseillers d’orientation ; Formateurs des Enseignants et des Conseillers d’orientation ; Enseignants délégués à l’orientation scolaire… et, des partenaires de développement des systèmes éducatifs (UNESCO, UNICEF…). Ils y trouveront le cadre juridique qui fonde l’action du Conseiller d’orientation au Cameroun et les dangers qui guettent un souci inopérant de ne pas le respecter. » Extrait de la préface de Dr FONKENG EPAH George, Psychopédagogue, Université de Yaoundé I – Cameroun.
« Cette initiative mérite d’être saluée car l’auteur vient, par là, commencer à résoudre l’un des problèmes de l’orientation scolaire au Cameroun à savoir l’absence d’ouvrages de vulgarisation ou de portée scientifique écrits par les Conseillers d’orientation camerounais eux – mêmes. Pour ceux qui font des efforts, ils se limitent à publier des documents d’information sur les filières d’études et leurs débouchés professionnels, malheureusement peu lus. Or, l’orientation scolaire va au – delà de cette préoccupation première qui donne à la population l’impression que la fonction de Conseiller d’orientation est vulgaire et manque de profondeur et de technicité. » Extrait de l’avant propos de Monsieur OKÉNÉ Richard, Psychotechnicien et Conseiller d’orientation scolaire depuis 32 ans au Ministère de l’Éducation Nationale et actuellement au Ministère de l’Éducation de Base du Cameroun.
« En raison des multiples problèmes liés à l’introduction de l’orientation scolaire, universitaire et professionnelle dans le système éducatif camerounais, ce livre n’aurait pas été écrit qu’il aurait fallu l’inventer ou le commander. » Extrait de la postface de Dr KINGNE Edouard, Conseiller d’orientation scolaire et formateur des Élèves – Conseiller d’orientation depuis 23 ans à l’École Normale supérieure de Yaoundé – Cameroun.
Commentaire par PETEROU OLIVIER le 20 octobre 2008:
bonjour,
j’ai ete tres ravi de lire votre article qui pour ma part est tres precieux et indispensable a tout conseiller d’orientation soucieux de bien faire son travail;je voudrais vous demandez ce que vous pensez de ce theme a savoir:l’orientation scolaire theorie et pratique
je prepare en ce moment mon memoire et c’est le sujet que j’ai choisi.je suis un conseiller d’orientation en formation.merci de me repondre
Commentaire par BOMDA le 28 octobre 2008:
PETEROU OLIVIER voudra-t-il bien m’écrire individuellement dans ma boite mail: messayo@yahoo.fr ou messayo@gmail.com.
vous êtes élèves où????????,,
Merci à Priso Eboa pour cette page.
que vive les sciences de l’orientation scolaire!!!!!!!!!!
Commentaire par Mbohou jean pierre le 9 décembre 2008:
la question de l’orientation-conseil reste et démeure une actualité n’en déplaise à ceux qui pour une raison ou une autre pensent autrement. je me rejouis que des actions intellectuelles comme celles de Joseph Bomda paraissent. le développement tant recherché est passé ailleurs par la mise en valeur des ressources humaines. le problème de l’orientation-conseil se pose lorsque la croissance et la multiplication des savoirs modernes et des types de formation introduit une variété de possibilités que de choix. c’est à l’orientation d’harmoniser les besoins de l’individu et ceux de la société; c’est à son succès, dans cette tâche en apparence contradictoire, qu’on pourra mesurer son éfficacité. voila dépuis longtemps que nous avons sacrifié l’avenir de la jeunesse camerounaise car c’est parceque l’orientation fonctionne mal que des troupeaux d’adolescents sont conduits à des dipômes ou à des qualifications inutilisables dans la vie active.l’avénement des structures étatiques comme le MIN. EMPLOI ET FOR.PROF a fait suscité des espoirs qui sont hélas englués dans la « bureaucratie comprador» , celle là même qui comme une pieuvre annihile les volontés les plus louables pouvant favoriser le reveil et l’action des pays africains en général et du Cameroun en particulier. MBOHOU JP. ( jmbohou at gmail.com)MINEFOP/YDE.
Commentaire par kouoh ekona marcel daniel le 7 janvier 2009:
bonsoir m eboa, je suis m kouoh ekona marcel, étudiant à l’injs de yaoundé,dans la division des sciences et techniques de l’animation. je suis en 3ème année,conseiller de jeunesse et d’animation.je suis actuellement en train de préparer une monographie sur l’importance des centres d’écoute en milieu scolaire.le sujet de votre ouvrage, tout comme celui de m bomda, montre avec quelle acuité sévissent encore les prblèmes de l’orientation au cameroun.le but de ma recherche est de montrer qu’il peut et doit avoir une synergie dans les activités des 2 conseillers en milieu scolaire, les problèmes liés à l’absence d’effectifs étant partagés dans les 2 corps de métiers.
Commentaire par bomda le 8 janvier 2009:
il est toujours interressant de savoir que l’intellectuel agit pour changer ou pour participer à changer les choses qui nous affectent. M Kouoh, votre souci est louable et à encourager. je souhaite que votre travail permette à la fin de comprendre que les services d’orientation scolaire, de jeunesse et d’animation sont nécessaires à l’épanouissement de la jeunesse. ce ne sont pas des services résiduels. une action concertées entre ces deux experts est nécessaires pour qu’enfin notre système éducatif cesse d’être au service de l’économie informelle. courage!
Commentaire par ESSY Hermann,C.O.au lycée classique et moderne de Mvomeka'a le 21 avril 2009:
très ravi de constater que l’Orientation sort progressivement des sentiers battus pour s’inscrire au firmament des activités modernes parce que modernisables.merci à monsieur Bomda pour sa volonté de faire de l’éducation continue des CO une réalité dans notre pays.je sui entièrement d’avis avec mr Mbohou,car la parfaite intégration de notre corps dans la famille éducative dépendra de notre capacité à mettre en oeuvre nos valeurs intrinsèques sur le terrain.
Commentaire par chermin le 6 février 2010:
Salut,moi c’est Chermin et je tiens tout particulièrement à encourager tous les intervenants pour leurs idées constructivistes et surtout leur souci commun de la valorisation pour les uns des services de l» orientation conseil et pour les autres de la jeunesses et de l» animation.
Cela étant,je tiens à préciser que je suis élève conseiller d’orientation à l» ENS de Yaoundé et j’ai de sérieuses préoccupations en ce qui concerne la foramtion de nos camarades de l’ENS de Maroua.Ceci est d’autant plus vrai que,avec toutes les polémiques qui ont accompagné la création de cette école et aussi tous les problèmes logistiques d’ont ils doivent faire face on est en droit d» avoir un peu de réserve.
Ma question est: viendront ils résoudre ou plutôt accroitre les problèmes de l’orientation conseil
Commentaire par bomda le 7 février 2010:
très bonne interrogation!!!! mieux, si je peux vous paraphraser, voici ce que je dirai: quand l’ENS de Yaoundé forme des Conseillers pour la plupart Conseillers théoriques en dépit des Dr., du fait d’absence de pratique réelle, et avec un effectif moindre, généralement 60 par promotion, quelle sera la qualité et le rendement de 625 conseillers en cours de formation et entre les mains, beaucoup plus de doctorants??????????
Commentaire par mbohou jean pierre le 8 février 2010:
ouf! LA MEME POLITIQUE,CELLE LA MEME QUI CONSISTE A DETRUIRE UN SYSTEME QUE DE VAILLANTS CAMEROUNAIS S’ECHINENT A HARMONISER. EN AUCUN MOMENT, IL N’A ETE QUESTION DE RECRUTER EN MASSE A L’ENAM POUR RESOUDRE UN PME POLITIQUE. CEUX QUI VIENDRONT DE MAROUA MERITENT QU’ON LES ACCEPTENT MALGRE LEUR APRIORI MEDIOCRATIE. LE SYSTEME EST UN POISON QUI LENTEMENT DETRUIT LES ESPERANCES D’UN PAYS EMERGEANT EN 2035. CELA NE PEUT ETRE AUTREMENT PUISQUE LA RESSOURCE HUMAINE PRODUCTIVE RECRUTEE EN 2010 L’EST DANS LES PIRES ET DEPLORABLES CONDITIONS. JE SWTE A CHEMIN DE BV ME RENCONTRER AU MINEFOP POUR ECHANGES.
Commentaire par chermin le 20 février 2010:
Merci pour vos différents avis et intérrogations…je me dis tout de meme que pour ce qui est des futurs conseillers d’orientation de Maroua,étant donné qu’ils ont au moins tous à priori rempli les conditions d’accès ( licence entre autres) à la profession,je suppose donc que ce sont des persons rationnelles qui savent qu’avec tous les préjugés dont ils font et devront faire face,la seule solution pour s’imposer reste le TRAVAIL.Vous l’avez vous meme si bien dit,qu’à Yaoundé les élèves rencontrent aussi les memes difficultés malgré que ce soit à une moindre echelle………..Vivement que l’orientation conseil en sorte sans trop de dégats!!!!!!!!!!