Libertés religieuses et troubles de jouissance
Le 10 décembre 1948, les êtres humains constituaient dans un texte qui est considéré aujourd’hui par tous les Etats, comme l’un des textes fondateurs des constitutions et des droits de l’homme. La déclaration universelle des droits de l’homme puisqu’il s’agit d’elle, consacre la liberté de choisir, de pratiquer et de changer sa religion ; (Voir Art. 18 et 19). Le préambule de la Constitution camerounaise reprend cet esprit et y ajoute « sous réserve du respect de l’ordre public et des bonnes mœurs » et encore « l’Etat est laïc », la neutralité de celui est garantie vis-vis de toutes les formes religieuses ; enfin « la liberté du culte et le libre exercice de sa pratique sont garantis ».
Il se trouve que par hasard ou par recherche d’une quelconque inspiration matinale, lorsqu’on tourne le bouton de sa radio, et qu’on tombe sur une station radio spécialisée dans le culte (d’une certaine religion) et l’explication de la vie à travers Dieu ou encore dans des émissions ponctuelles des autres radios (les dimanche matin en général), on perd tout de suite l’envie de continuer à écouter de telles sottises (excusez du peu). Pour ceux qui ont déjà fait l’expérience d’aller jusqu’au bout pour « voir » ou parce que la fiancée, la petite ou l’épouse qui veut se donner l’illusion d’exorciser par une prouesse psychologique quelques actions négatives nous l’impose – essayez de protester et vous verrez ! -, vous conviendrez qu’il faut faire quelque chose pour ces « illuminés » d’une autre époque.
Le culte de la peur, et rien d’autre.
C’est généralement un pasteur (ou une bergère, c’est selon) qui nous explique que notre vie n’est faite que de pêchés, que nous vivons et servons SATAN (la majuscule vaut la peine), que nous ne pourrons jamais aller au paradis parce que nous refusons d’accepter jésus (la minuscule vaut aussi la peine) dont la seule appellation suffit à nous sortir de la misère, de la maladie et de la sorcellerie.
Eh oui, nous sommes tous des sorciers nous qui refusons ou qui faisons l’intelligent quand il s’agit de ‘prier’ pour notre ‘salut’. Croyez-le ou pas, ce ou cette monsieur dirige la vie à la maison: il va jusqu’à dire à votre femme de vous quitter parce que vous ne connaissez pas Dieu (c’est encore plus grave quand vous êtes un traditionaliste) ; le choix des noms et prénoms des enfants justifie des réunions de crise urgentes de la belle-famille et j’en passe. Si quelqu’un menait une étude profonde sur les schismes dans les familles actuellement, nous verrons arriver en première ligne le choix des ‘incrédules’ contre les ‘enfants de Dieu’ comme principale raison des séparations et des divorces.
L’autre thème récurrent c’est la déconstruction de la culture africaine avec ses ‘hérésies’: polygamie, culte des ancêtres, sacrifices, fétiches… au profit de la culture hellène : monogamie exclusive, homosexualité (il y a bien des hommes de Dieu à cette inclination qui officient vertement) garante du respect des droits de l’homme, culte du super dieu JESUS-CHRIST préparé à toutes les sauces.
Un article intéressant paru dans le quotidien Le Jour nous expliquait sémantiquement la corrélation entre le croire quotidien et individuel et l’allure générale que prend l’allure de notre vie et par suite les pratiques collectives que l’on peut inférer dans la santé et l’orientation politique, culturelle et économique d’un pays :
- - Je crois que = je pense que = je vais le faire parce que je sais c’est vrai.
- - Je croyais que (après s’être trompé) = je le savais vrai mais la pratique ou l’expérimentation m’ont prouvé le contraire par conséquent je vais réorienter mon croire.
- - Je sais que la technologie est blanche, ce qui est bon ne peut venir que de l’occident et jamais l’Afrique (aïe la patrie des démons) par conséquent je vais attendre que celui-ci valide mes programmes de développement et toutes les idées que je vais lui soumettre. Vous pouvez multiplier les exemples.
Croire (en Dieu ou en autre chose) en conclusion dirige et oriente nos manières de voir : Tel nous croyons, tel nous acceptons, tel nous mangeons et tel nous vivons.
Impoli(e), Irrévérencieux (se), Névrosé(e) obsessionnel(le) !
A côté de leur sémantique, il ya le ton utilisé ; on a l’impression qu’ils parlent à des enfants. Il paraît que les esprits diaboliques sont comme des voleurs donc psychologiquement enclins à obéir puisque fautifs devant l’univers et la majesté du nom de Jésus, c’est pour cela qu’il faut leur parler avec un ton injonctif (c’est n’est même pas assez fort), qui rendrait jaloux les instructeurs militaires. Malheureusement ou heureusement les droits de l’homme protègent même les voleurs et les assassins qui peuvent se retrouver libres si un avocat arrive à prouver que durant le processus de leur arrestation ou de leur incarcération, leurs droits élémentaires ont été bafoués.
On comprend ici pourquoi les spécialistes et non spécialistes disent que c’est chez les ignorants que prospèrent la plupart des discours religieux toute obédience confondue. Enivrez-vous de ces discours et le risque d’y succomber est grand et bonjour la dime (cotisation pour le pasteur et la promotion de l’Eglise), cultes interminables dans des ‘taudis’ marécageux (il paraît que Dieu est pauvre, que non, il est pour les pauvres…) etc.
Pourtant il y a des jours où ils traitent des sujets originaux et s’ils pouvaient suivre des séminaires d’écriture et de déontologie, ils pourraient convaincre même les incorrigibles comme nous ! Faites l’expérience de zapper à la télé et regardez un pasteur occidental à GOD10 je crois (une chaîne pieuse dans le câble) et comparez son attitude à celle de nos gourous de circonstances vous comprendrez peut être de quoi nous parlons. On ne parle pas à des adultes imprégnés d’une réalité sociale difficile et avec laquelle il faut composer pour trouver une issue, fabriquer quotidiennement des solutions, disons salvatrices comme à des attardés pathologiques de la Salpetrière et encore ! Vous vous croyez où à la fin ?
D’accord, on a le droit d’exprimer ses opinions même religieuses, même si c’est avec des moyens colossaux et inéquitables. A chacun selon sa force, c’est la démocratie. Peut être que le conseil religieux (représentant toutes les obédiences) s’il existe au pays devrait voir cet aspect de la chose. C’est aussi une autre manière de participer à l’aura de son pays ; de donner une image attrayante et positive des pratiques des Camerounais qui sont du reste très croyants (Disons qu’ils croient dans leur immense majorité à quelque chose qui ressemble à une religion ; mais quand surgit un vrai besoin, vous savez qui ils vont voir.) Patrick Nguema N’dong nous l’a encore prouvé avec son dernier passage à Yaoundé. Que pensent les touristes (ceux qui ne sont pas branchés petites et ambiance) de tout cela ? En tout cas ça ne vend pas cher le pays.
En définitive, nous voulons que les pasteurs et les bergers nous respectent quand ils sont à la radio et devant leurs fidèles; d’ailleurs il y en a qui sont nos amis. Nous partageons de temps en temps les castels et nous échangeons sans hypocrisie. Ils font les mêmes choses que nous ; ils sont comme nous. On se demande même souvent où est ce que les yoyettes ‘born again’ puisent toute cette ‘dextérité’ lorsque laissant un instant leur sacrée hypocrisie, elles reviennent sur terre et nous font sentir le corps et l’esprit comme ‘un poisson dans l’eau’. Cela s’appelle respect des différences et collaboration pacifique. Espérons qu’on se comprend.


Commentaire par Arielle le 16 septembre 2008:
TRES BEL ARTICLE….
Je suis chrétienne d’origine. J’ai assisté aux messes avec papa et maman, et toute la ribambelle… La grande panoplie en fait…
Mais je remarque parfois l’absurdité qui définit parfois la religion d’aujourd’hui. La croyance d’aujourd’hui.
Et des fois, je me dis finalement la bible a été retranscrite par l’Homme imparfait; Finalement, le pasteur se fait sa propre idée de la religion. Et diffuse selon ses idéaux même si sensés rejoindre ceux de sa communauté; Finalement, ma religion est la première à juger chacun de mes actes alors qu’elle ne devrait pas… La religion condamne au lieu de pardonner et tolérer.. Finalement les églises sont le lieu où Criardises et Excentricité communiquent souvent fabuleusement (où est passé la sobriété et la simplicité? je ne sais pas), finalement l’église d’aujourd’hui ne répands plus, elle attend sagemment que les prétendus égarés viennent à elle; La religion prône la lutte contre le péché.. et pense même souvent être à même de l’éradiquer par des projections plutot étonnantes… Cela me fait sourire. Mais je la respecte. Il est vrai qu’elle devrait parfois se remettre en question. Etre à l’origine de conflits entre peuple est-ce vraiment la volonté céleste? Etre le fruit de luttes sanguinaires et de revendications cannibales est-ce vraiment la volonté céleste? … et j’en passe. Halalala
Poor Dear Life. What we do to you?
Enfin bon, chacun fait ses choix pas vrai?
La religion est peut être un leurre? qui sait?! Je ne le sais pas moi-même.
Mais au moins une chose est certaine, Dieu ou Allah, God, whatever you call the Spirit/Peu importe l’appelation de cet Esprit qui veille et qui est omniprésent dans les vies de certains, Lui n’est certainement pas un leurre. Il n’est pas la farce à laquelle on veut croire pour donner un sens à sa vie. Il Est simplement. Maintenant il en va de l’acceptation de chacun.
L’important n’est-il d’être en cohésion avec soi-même? On assimile tous d’une manière ou d’une autre la notion de ce qui est bien et de ce qui ne l’est pas. Y’a les « spiritieux» et il y’a les « terriens» …