Par Ernest PRISO EBOA 8 septembre 2008 1 commentaire

Le milieu universitaire serait-il le lieu de tous les abus ?

A en croire l’opinion étudiante, on  en est pas éloigné!
La différence d’avec les autres milieux résiderait dans l’ampleur des retombées des pratiques qui y sont attachées ! C’est pas des milliards de francs !?
Pour s’en convaincre il suffit de lire les réponses spontanées obtenues à  la suite de la question de savoir :
Quelle perception avez-vous de la Corruption dans le Monde de l’Education ?

Ce samedi là, Pour en savoir plus, je me suis amusé à faire un arrêt  à l’ENS, cette Ecole, qui se prépare à mettre environ 1500 Enseignants à la disposition de nos Ecoles, lycées et collèges. L’ENS …mon ancienne Ecole !

Ce samedi là, de manière assez spontanée, comprendre comment les élèves stagiaires, en charge demain de nos Elèves, perçoivent le phénomène dans le milieu Educatif était ma préoccupation.

Ce samedi là, je n’avais pas eu du mal à converser au restaurant avec une quinzaine d’étudiants rencontrés à dessein. En effet, en pleine campagne de lutte contre la Corruption à travers l’opération EPERVIER, le Gouvernement du Cameroun a fait de ce sujet sa préoccupation forte; la  Presse nationale en fait ses choux gras !!

Ce Samedi là, fort des propos diffusés à RFI sur les plaintes de Transparency International  contre les présidents du GABON / CONGO /G EQUATORIALE/ANGOLA/ BURKINA -sur biens mal acquis en France, fruit de la corruption- je  n’ai pas eu du mal à orienter le sens de mon entretien pour recueillir les observations des uns ou commentaires des autres. Le sujet était fort opportun car bien avant, le mois dernier, c’est le P.M  Israélien qui faisait l’objet d’une accusation de Corruption… c’est l’ex- PDG de EADS qui était mis en examen pour délit d’initié en France.

Ce samedi là, certains élèves enseignants dans leurs réponses, dans ce milieu de l’apprentissage de la transmission des savoirs, n’étaient pas surpris par l’ampleur du phénomène qui ne semble plus épargner aucun secteur ici au pays comme ailleurs dans le Monde.

Ce samedi là, d’autres lançaient avec sourire: c’est banal, seuls les malchanceux sont arrêtés… on en parlera et puis quoi encore !

Souvenez-vous de l’action de notre Ancien Directeur – Ancien directeur de l’ENS alors Promu au MINESUP et en charge du BTS…ce professeur d’université  aurait distrait les frais d’examens et est actuellement prévenu en prison- Imaginez ce qu’il faisait alors qu’il dirigeait cette Ecole ! Analysez même la promotion de certains Enseignants… parfois il faut menacer de faire la grève de la faim…comme à Douala-pour se faire entendre. Quand on est loin du système … qui favorise souvent des Réseaux Sinon comment peut académiquement justifier la présence de TABI à Ydé II lui un Hoe des lettres chez les Economistes & juristes !! c’est une forme de Corruption !

Ce samedi là, d’autres encore me retournaient la question en me demandant comment vivrait un Enseignant s’il n’exploitait pas au maximum sa parcelle de pouvoir  que lui confère la transmission des savoirs ? in broute là où il est attaché !

Ce samedi là, au bout de 15minutes de conversation animée, un  étudiant assez remonté contre le Système me précisait en ses termes: si l’Opération Epervier descend à l’université, ils seront nombreux à passer à la trappe: des falsificateurs de notes aux producteurs de faux actes de mariage -pour échapper aux affectations dans les zones difficiles éloignées des villes – en passant par les animateurs des réseaux de recrutement aux concours; je crois que ni les Elèves ni les Administrateurs encore moins le Personnel d’appui…personne ne sera épargné! L’ ENS serait vidée…car on a longtemps  laissé- faire.

Souvenez-vous, poursuit-il, des tripatouillages qui se sont passés à l’ENAM- Ecole Nationale de Magistrature …où ouvertement la liste des admis avait été contestée par l’ex-Ministre de la   Fonction Publique tutelle de cette Ecole…et des plaintes déposées  par des étudiants qui auraient versé des pot-de-vin sans suite favorable- ou à la FSBM- Faculté de Sciences BioMédicale -Ecole de médecine- et à l’ IRIC -Institut des Relations Internationales du Cameroun – sur la production des listes additives douteuses. C’est naturellement que vous croiserez un candidat malheureux au concours regretter plus son argent investi dans le réseau (personnes intermédiaires qui promettent réussite contre argent…) pour réussir…que son impréparation !

« A qui la  faute ?»  Au système  bien sur !  Répondirent-ils en chœur.
Et la responsabilité de nos Enseignants n’est-t-elle pas engagée ? avais-je demandé.
Si bien sûr … mais peut-on faire autrement s’il faut survivre ? m’a-t-on répliqué.

A la fin de cet entretien inopiné,  il nous a été donné de constater que la perception que ces futurs collègues auraient du Système qui met à leur disposition la pouvoir et donc le bien public, les prédisposeraient naturellement à la Corruption.

Leur  attitude observée  m’amène à parier que  nombre de nos Enseignants en formation seraient formatés par des croyances et us qui font du pouvoir  public … un bien qui appartient d’abord à celui  à qui on en confie la charge.

Plus évident, le statut socioprofessionnel des Enseignants les prédisposerait à adhérer naturellement aux pratiques qui font de la Corruption, un phénomène sournoisement entretenu dans le milieu universitaire et dans tous les autres niveaux d’enseignement. D’ampleur de moindre envergure, elle a gangrené sournoisement le Monde de l’Education.  Ainsi, chez les Enseignants, percevoir les avantages indus ou utiliser sa position de responsabilité pour bénéficier des avantages personnels est un exercice auquel beaucoup prêtent le flan.

Pauvres Enseignants !
Pourtant  les plus nombreux dans la Fonction Publique, ils sont les plus méprisés. Comme les parias, ils ne font pas l’objet d’attention  particulière comparativement aux agents d’autres corps de l’Administration -comme les Magistrats, des Médecins, Policiers ou Banquiers-.

Dans une société où il est plus honorable et plus lucratif d’élever les porcs que d’enseigner les enfants, moins grave de frapper un enseignant qu’un Administrateur Civil, il y a des soucis à se faire.

La corruption et les pratiques qui l’accompagnent – abus de bien sociaux/détournement/ fraude/ favoritisme/ dessous de tables/ népotisme etc.- pour obtenir des  avantages indus est banalisée. Si dans le Monde de l’Education elle épouse d’autres formes, son champ d’expression est vaste de l’enseignement primaire au supérieur:

  1. recrutements,
  2. concours  et examens
  3. progression et orientation
  4. bourses d’études
  5. marché public
  6. carte scolaire
  7. diplômes et attestations
  8. promotion et stage de recyclage
  9. APE
  10. etc.

About

Ernest Eboa Priso, c'est a la fois économiste, conseiller d'orientation, enseignant d'informatique et planificateur de l'éducation. Il évolue dans le monde de l'éducation.

  • http://bachelori.com/pge doualla

    je serais tenté de demander à monsieur ernest eboa priso de me transmettre ses coordonnées
    j’ai des préoccupations extérieures que j’aimerais bien travailler avec lui
    je réponds à ydoul@yahoo.fr
    merci de transmettre!

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