Par Jean Marc SOBOTH 20 septembre 2008 3 commentaires

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Le Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC) a lu, avec le plus grand étonnement, la mise en garde sous forme de menaces du ministre de la Communication, M. Jean Pierre Biyiti bi Essam, publiée ce jour (17 septembre 2008) contre les médias indépendants qui, par leurs enquêtes, participent activement à la manifestation de la vérité dans le cadre des poursuites entreprises au Cameroun pour des scandales de corruption impliquant de hautes personnalités du sérail.

D’après ledit communiqué, « un certain nombre d’organe de presse, […] se prêtent, sciemment ou inconsciemment, à des opérations de manipulation de l’opinion publique, sur des affaires pendantes devant les tribunaux ou en cours d’instruction ».

Cette « sortie » du Ministre, qui a été précédée la semaine dernière d’un message de la même teneur de la déléguée provinciale de la communication du Littoral, Madame Michèle Esso Ebongué, a été provoquée par une interview télévisée, diffusée le 12 septembre 2008, de l’homme d’affaires Yves-Michel Fotso, à qui la hiérarchie de la police a décidé, entre autres, de confisquer le passeport en avril 2008.

La mise en garde du Ministre de la Communication a, entre autres effets, conduit les responsables de la chaîne de télévision privée Canal 2 International à surseoir à la rediffusion de Canal Presse, l’émission dominicale de débats des journalistes, l’une des tranches les plus suivies du pays. De même, des journalistes ont été enjoints par leurs hiérarchies à ne « plus jamais prononcer le nom dudit homme d’affaires sur les antennes, même pour une revue de presse ».

Le SNJC dénonce cette dérive autoritaire qui, sous prétexte de préserver les médias contre un délit prévu à l’article 169 du code pénal, a, manifestement, pour seul objectif de protéger des pontes qui ont des choses à se reprocher de moult opérations de corruption passées et dont documents à charge circulent dans la presse.

L’exégèse la plus plausible du texte du Ministre ainsi que sa mise en oeuvre proscriraient, ainsi, tout débat ou toute enquête journalistique sur ces « affaires » pour lesquelles des journalistes avaient déjà été intimidés il y a peu à la police à titre de suspects (!) pour en avoir débattu sur une chaîne de télévision.

Le SNJC invite les autorités étatiques à se ressaisir et à laisser les journalistes poursuivre sereinement leur travail qui vise l’amélioration de la société démocratique, eux qui, au plan de la déontologie, sont tenus par la stricte véracité des faits.

Il en appelle à témoin l’opinion nationale et internationale et met en garde contre la tendance des autorités, plus que frileuses, à fuir en avant en manipulant maladroitement le concept du secret de l’information judiciaire.

Par le Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC)

Fait à Douala, le 17 septembre 2008

About

Jean Marc Soboth est journaliste, premier secrétaire national du SNJC (Syndicat National des Journalistes du Cameroun). Il est aussi Adviser (Reserve) du Comité Exécutif de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ)

  • http://everyvideos.com Gratuit

    Pourquoi doit-on cacher la vérité au peuple ? Si nous sommes une société démocratique,laissez les journalistes poursuivre sereinement leur travail, nous avons la liberté d’expression. Assiah mon pays

  • Dr. TAKOUDJOU

    Tous ceux qui persistent à ne pas voir et comprendre le caractère ethno-fasciste du régime Biya en payeront le prix comme les collabos du Nazisme Hitlérien. Mr. Biyiti Bi Essam peut se permettre ces actes puisqu’il appartient à la race supérieure Bulu qui défend le pouvoir de son dieu contre la Juiverie Anglo-bamiléké. Amen

  • http://www.vibez-altitude.fr Nana

    Pourquoi donc affirmerà haute et intelligible voix que le Cameroun est un état democratique; si la base nous n’avons même la librté d’expression? Si nous ne pouvons pas exprimer ce que nous pensons sans avoir peur?

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