L’Association des communes et villes du Cameroun (ACVC) vient de demander à son président national, Emile Andze Andze, «d’user de toutes ses prérogatives pour mettre un terme à la polémique sur le lieu de résidence des maires» engagée par le gouvernement.
Cette réaction survient au lendemain d’une lettre de sommation adressée aux maires résidant hors de leur commune par le ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (MINATD), Marafa Hamidou Yaya, qui leur donne 30 jours pour « rejoindre leur territoire de compétence ou démissionner ».
Le MINATD dit fonder sa démarche sur les règles applicables aux communes, qui stipulent que «nul ne peut être candidat aux élections municipales s’il ne réside effectivement sur le territoire de la commune concernée».
Les membres de l’ACVC, pour leur part, se fondent sur l’alinéa 2 de cette disposition qui prévoit que les personnes non résidentes peuvent toutefois être candidates si elles justifient d’un domicile réel dans le territoire de la commune concernée.
Pour un membre de ce regroupement ayant requis l’anonymat, «plusieurs maires, en particulier ceux des zones rurales, sont plus utiles à leurs communes grâce aux apports en expertise et même en finances de la ville».
La menace de M. Marafa, si elle est appliquée, pourrait être plus préjudiciable aux élus membres du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), qui contrôle environ 90 pour cent des exécutifs communaux du pays.
Ses élus, au nombre de 360, sont en effet pour la plupart soit des fonctionnaires, soit des opérateurs économiques résidant en ville, ou alors des diplomates qui gèrent leurs communes à partir de l’étranger.
