SOSUCAM: le drame d’une entreprise en situation de quasi-monopole
La direction générale de la Sosucam est aux abois. Elle accuse l’Etat d’avoir contribué aux difficultés de l’entreprise. Pourtant, la réalité est tout autre.
Quand les Camerounais comprendront-ils, enfin, qu’une situation de monopole est néfaste, pour le consommateur, naturellement, mais aussi, en même temps, malheureusement, pour l’entreprise qui en bénéficie?
La Sosucam est, actuellement, en train de vivre, à ses dépens, cette situation. Après la privatisation de la Camsuco à 1 CFA symbolique au profit de la Sosucam, la première raffinerie de sucre dont était dotée le Cameroun, la Sosucam est restée la seule, longtemps, en activité, sur le plan national. Bien mieux, elle a hérité de la totalité des plantations et des techniciens et cadres de la Camsuco.
Le marché camerounais? Plus de 150.000 tonnes par an de consommation. La Sosucam a disposé, ainsi, de cette clientèle, des décennies durant. L’Etat, de son côté, lui a, en plus, donné un coup de main inestimable, en interdisant presque l’importation du sucre par les entreprises camerounaises.
Le ciel de la Sosucam était donc totalement bleu azur, et son horizon infini. Ce dernier l’était d’autant qu’il n’était pas interdit à la Sosucam d’exporter, vers les pays voisins, sa production et d’importer à un prix préférentiel pour compléter le déficit entre sa production 80 000 tonnes actuellement et le marché camerounais.
- BAISSE DE QUALITE ET STAGNATION DE LA PRODUCTION
Mais, plutôt que d’utiliser, judicieusement, cet avantage considérable, la Sosucam s’est, à l’évidence, endormie sur ses lauriers, en quelque sorte.
- Tout d’abord, ses produits sont devenus de fort mauvaise qualité. Alors que les consommateurs camerounais avaient été habitués à quelques morceaux de sucre dans une tasse de café, une fois la Sosucam devenue sans concurrent sur le plan local, ses morceaux de sucre sont devenus carrément non sucrés. A ce jour, dans la tasse de café qui, pour être sucrée, nécessitait deux à trois morceaux de sucre, il en faut, actuellement, parfois 5 ou plus ! Les vendeuses de bouillie et les boulangers en savent quelque chose. Pis encore, ils sont unanimes pour alléguer que, cette quantité serait même en déclin d’une année à l’autre. Ils sont persuadés que, d’ici cinq ans, ce n’est plus 5 morceaux de sucres qu’il faudra dans une tasse, mais, bel et bien 10 !
Bref, le sucre de la Sosucam, ne sucre plus. Ce n’est pas tout, le prix du paquet, quant à lui, s’est envolé. Il est passé, en peu de temps, de 400 francs cfa, à … 700 francs !, dans les centres urbains, et à 800 voire 900 francs, dans les coins reculés, notamment dans les campagnes, etc.
- Ensuite, la production de la Sosucam ne s’est guère améliorée. Elle ne satisfait que la moitié de la demande nationale.
La société ne produit, en effet, qu’à peine 80.000 tonnes de sucre, alors que la demande, quant à elle, est de plus de 150.000 tonnes.
- Pis encore, ses équipements datent de… Mathusalem. Toutes ses machines sont complètement amorties, vieilles, au point où elles sont même considérées comme rustiques. Bref, elles sont, tout bonnement, à remplacer.
Quant au personnel, ses conditions de travail n’ont guère évolué depuis des lustres. Lors d’une dernière grève des ouvriers de l’entreprise, il est apparu qu’un grand nombre de ceux-ci n’étaient que des temporaires. Bref, la Sosucam, en situation de monopole, s’est transformée en une entreprise esclavagiste.
Les ouvriers en grève, cette fois-là, avaient révélé, au public, que … le chien du directeur général était doté d’un budget de 150.000 F cfa par mois, lorsque les ouvriers, quant à eux, percevaient, difficilement, un salaire de 50.000 F.
- LA QUERELLE ACTUELLE
A ce jour, la direction générale hurle de toutes les forces de ses poumons, que l’Etat a commis un péché majeur en autorisant l’importation de sucre, par les hommes d’affaires camerounais. Au nom de cela, selon la direction, la Sosucam est dans des difficultés financières. Elle est contrainte:
- de stopper son programme d’extension
- de différer une partie de ses investissements de production par faute de trésorerie
- de supprimer les heures supplémentaires
- de mettre en place un plan de sauvetage drastique avec perte d’emplois pour une partie de son personnel et une réduction de salaires à la clef.
Elle explique que, l’importation de 5000 tonnes de sucre en novembre 2007 par une société privée camerounaise, a eu pour effet de déséquilibrer totalement le marché du sucre au Cameroun, avec les effets dévastateurs qui ont failli conduire la Sosucam à procéder à la fermeture de l’une de ses unités de production, et de mettre 2500 à 3000 employés au chômage technique, cette entreprise pratiquant, selon Sosucam, des prix marginaux pour contrecarrer ses ventes et celle de ses grossistes, au nombre desquels, la société Soacam.
Elle allègue, par ailleurs, que ces méventes lui ont fait perdre un volume de 10.000 tonnes de sucre pour un chiffre d’affaires de 3.8 milliards de F Cfa et l’ont obligé à stocker cette marchandise créant des difficultés de trésorerie qu’elle continue à supporter.
Que penser de ces arguments, quand on sait, par exemple, que c’est à cause de l’incapacité de la Sosucam à réaliser les investissements nécessaires qu’elle s’était engagée à effectuer, au moment de la reprise de l’ex-Camsuco, il y a plus de 10 ans, en échange, du bénéfice, de la part de l’Etat, d’une protection de son futur marché, autrement dit, l’octroi d’un monopole, que l’Etat s’est trouvé en situation d’autoriser l’importation du sucre du Brésil pour couvrir les besoins du marché ?
Par ailleurs, comment passer sous silence le fait que la Sosucam, elle-même, importe du sucre qu’elle commercialise sur le marché local ? Bien mieux, elle le fait de la manière la plus abjecte qui soit. Le sucre provient du Congo, et atterrit au Cameroun, sans payer de droit de douane, car il vient d’un pays de la CEMAC. La Sosucam importe 50% de la production de Sari Congo.
Bref, une perte économique pour l’Etat et le profit exhorbitant d’une société privée. Pauvres Camerounais.


Commentaire par Denis Ruckterstuhl le 30 septembre 2008:
Pauvres camers ! esssayons de remettre « l’église au milieu du village» !
Une entreprise peut faire faillite si les consommateurs de la sosucam n’achetent plus, ou a un autre fournisseur. L’Etat doit exiger des comptes ou mettre les dirigeants en prison pour escroquerie, si le sucre n’est pas pur, et contient des additifs. Une analyse chimique pourrait reveler ce qu’il contient, demandez aux européens une analyse, et s’il acheteraient ce sucre.Pendant un mois, la TV camerounaise pourrait inciter a ne plus acheter de sucre, à manger autre chose. En outre, les dirigeants ont des biens à saisir et à vendre, si l’Etat avait passé un contrat qui n’est visiblement plus respecté. Battez vous, et bon courage a vous !
Commentaire par Njopnang George Théophile le 30 octobre 2008:
Bonjour monsieur le PDG je suis un fan de notre société sucrière. je suis d’avis très partisane sur les ambitions flateuses de la production croissante de la sosucam dans les années avenir si et seulement si elle adopte une politique de production définis par nos réalité du pays basée surtout sur l’implication de la population ……..
Commentaire par Palitha Gunatilake le 12 juin 2009:
Hi
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Dr Valery A.
SMD
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Head Office
SOCITE DU SUCRE DU CAMEROUN
BP 3501 AVENUE LAMIDO GAROUA
NORD REGION
TEL:00237 9933 1014
FAX:00237 7705 0830
EMAIL:socucam@cameroon.cc
Skype:socucam
Commentaire par JOSEPH NAIMAGA le 7 février 2010:
Allo, je voudrais s’il vous plait avoir les cordonnees direct du servicce vente export du produit sosucam.Je suis baser a Londres.et je voudrais me rendre sur le terrain pour ce marcher,ma commande est un pue grandiose pour un debut
. plus de 20.000tonnes.veuillez recevoir mes sinceres salutations.