Cauchemar pour les éditeurs de musique et les distributeurs de cinéma, Internet pourrait être au contraire une opportunité, voire une nécessité pour les chaînes africaines. Alors que leurs consœurs du monde occidental ont dû s’adapter à l’érosion de leur audience et trouver un nouveau modèle pour contrer la montée en puissance des chaînes numériques et de l’Internet haut débit, les africaines ne subissent pas les mêmes problèmes.
- D’une part, parce que les conditions techniques ne sont pas encore réunies, le débit très faible ne permettant pas encore de proposer une offre de qualité.
- D’autre part, parce que Internet ne fractionne pas la cible, au contraire, mais l’élargit. Et notamment aux diasporas des pays du Nord. Un public qui recherche à rester en contact avec le pays d’origine.

Video On Demand
Les possibilités techniques sont légion aujourd’hui.
La « Catch Up TV » (ou vidéo de rattrapage) permet de voir dans les heures qui suivent une version Internet d’un programme passé sur une chaîne de télévision pour une durée définie.
La « Video On Demand » permet de commercialiser à l’acte des programmes. Et bien évidemment les plateformes de partage vidéo en ligne, qui offrent du contact et de l’audience, mais dont le modèle économique est plus difficile à trouver.
Loin d’être marginales, ces nouvelles façons de consommer de la vidéo en ligne sont en train de s’imposer. Olivier Abecassis (e-tf1, qui s’exprimait loirs du colloque sur les nouveaux équilibres du média global) estime par exemple à 10-15% la part de la catch up dans l’offre de contenu de son groupe média.
Ces solutions techniques permettent de travailler sur le contenu des programmes et de s’assurer par exemple que toutes les images sont libres de droit. Elles permettent aussi de rester en contact avec son public, sans dépenser des sommes folles et de toucher au plus près ce public.
Avec ces solutions, on sait en effet qui sont les clients, d’où ils viennent, combien de fois ils ont vu…Au contraire de la solution satellitaire. Et quand la taille du marché devient critique, des accords peuvent exister avec des fournisseurs d’accès internet et des opérateurs du câble. Mais toutes ces opérations ne sont possibles qu’avec un contenu de valeur, qui intéressera même éventuellement au-delà des frontières. Les premiers à profiter pourraient être les séries les plus populaires, celles qui sont devenues transnationales à l’image de « Class A » aujourd’hui ou « Ma famille ».
Profitant de cette expérience, les diffuseurs pourraient se tenir prêts pour l’arrivée de la technologie en utilisant ce qui a déjà marché ailleurs. A l’image de ce système proposée par Belgacom(opérateur téléphonique leader en Belgique), qui a une offre pour des programmes à la demande en exclusivité avant leur diffusion « broadcast » sur les chaînes premium.
Des sources de revenus non négligeables que les dirigeants de chaîne devraient prendre en compte. Et qui pourraient être encore plus rémunératrices pour nos chaînes en raison de la rareté de l’information sur l’Afrique dans les pays d’accueil des migrants.
Par Hervé KOUAMOUO


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