Par 20mai.net 30 octobre 2008 15 commentaires

La semaine dernière, explique le journal The Herald, le président de la République a fait retirer le passeport officiel et le passeport personnel du ministre délégué à la présidence de la République en charge de la Défense, Rémy Ze Meka.

Le journal cite des sources bien informées et sûres, bien qu`elles n`ont pas été confirmées par le ministre de la Défense.
Cependant, d`autres sources policières ont indiqué à Mutations que des passeports de hauts commis de l`Etat, dont ceux du ministre de la Défense, ont effectivement été retirés à leurs titulaires ces jours-ci.

Le retrait de ces documents de voyage ne préfigure cependant pas une quelconque et imminente arrestation, s`empresse de préciser notre source. Précaution futile, quand on sait l`ambiance qui prévaut en ce moment au sein du petit monde des dirigeants camerounais.

The Herald ne s`est d`ailleurs pas embarrassé de fioritures pour dire que »  le président Paul Biya qui est caractérisé par sa lenteur à agir, même quand les faits sont évidents »  s`est pour une fois rapidement investi dans une réaction attendue. Le chef de l`Etat apparaîtrait même comme »  immobile »  d`habitude. Aussi, le journal en conclut-il que cette décision vise à permettre un contrôle des déplacements de Rémy Ze Meka, parce que Paul Biya comme les autres Camerounais est mécontent de la montée de l`insécurité au Cameroun.

Au sujet de l`insécurité, l`on relèvera que le ministère de la Défense a été au devant de la scène ces dernières semaines. Le 18 octobre dernier, des hommes armés attaquaient les troupes camerounaises stationnées à Bakassi qui avaient tué un des assaillants, selon plusieurs témoignages repris dans la presse. Selon The Herald cependant, il ne s`agissait pas d`une attaque de bandits et rebelles nigérians mais plutôt des militaires de l`armée camerounaise qui s`en sont pris à ceux qui seront désignés officiellement comme des assaillants. Pourquoi ? The herald ne le dit pas.
Trois semaines plus tôt, dans la nuit du samedi 27 septembre, c`est la ville de Limbé qui faisait l`objet d`une attaque durant plusieurs heures.

Les personnes qui avaient braqué quatre banques à Limbé auraient alors pu réaliser un »  meilleur »  bilan que celui d`un mort et plus de 250 millions de Fcfa volés ou détruits, etc., que les autorités annonçaient le surlendemain. Le bilan aurait pu être pire si l`on en croyait en effet les déclarations du ministre de la Défense sur la Bbc. »  Nous ne sommes pas surpris parce que nous avons eu des informations depuis un certain temps qu`on s`attaquerait à des intérêts économiques le long de la côte à Limbé et à Douala « , avait en effet dit Rémy Ze Meka.

Pour les adversaires du ministre de la Défense, l`incapacité de l`armée à riposter devrait le pousser à démissionner, comme l`a souligné l`Afp, un parti de l`opposition dirigé par Bernard Muna. La Nouvelle Presse, hebdomadaire paraissant à Yaoundé, soupçonnait même carrément il y a deux semaines une certaine complicité de Rémy Ze Meka qui avait fait enlever les militaires affectés à la surveillance des banques deux jours avant l`attaque.

Jean Baptiste Ketchateng

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  • SYLVESTER

    Ce retrait ne nous surprend pas à vrai dire car pour ne parler que ducas e limbé qui était trop flagrant, des « bandits»  ne peuvent pas investir une aussigrande ville pendant des heures et partir sans être inquiétés. Sans être des spécialistes de la chose militaire, nous croyons qu’il y a des choses qui ne vont vraiment pas dans ce pays. Si l’attaque se passait en 5 minutes encore ça se comprendrait mais…. Et les renseignements généraux alors, que font ils
    En définitive, tout se paie sur la terre. Un jour les camerounais sauront qui a fait quoi dans ce grand, riche et beau pays
    cece s’est passé dans les banques et nous ne disons rien c’est vrai on a crée des commissions d’enquêtes qui engloutiront encore l’argent du contribuable pour enfin accoucher d’une souri. Heureusement encore qu’ils ne s’en sont pas pris à la son,ara si non là les carottes seraient cuites pour le cameroun tout entier. Chers dirigeants grouillez vous SVP. Faites quelque chose pour votre pays.

  • TOKO

    Bonjour,vous savez le fait de commettre des betises et commun aux mortels que nous sommes, mais les repeter devient évocateur d’une certaine incapacité ou tout simplement de faiblesses.Remy ZE MEKA, est tout simplement un homme qui a pris l’habitude des fautes (lourdes) depuis qu’il est aux MINDEF.Alors retirer son passeport ne m’emeut pas c’est ne pas le punir qui vexerait les Camerounais et ils sont nombreux à le penser, alors nous interpellons le Chef de l’Etat pour qu’il agisse vite mais alots très vite.
    Contre tous mais surtout contre ZE MEKA, le détenteur universel de titres fonciers.

  • Roméo

    Nous ne cesserons de nous poser des questions et jamais nous n’aurons de resultat. Notre pays est pris en hotage par nos propres dirigeants et à la tête un Président qui nous laisse croire que ça l’est égal tout ce qui se passe dans son territoire. Retirer les passeports ne suffit pas. Ce qui est judiciable c’est d’interpeller, juger, et SANTIONNER. C’est cruel de croire qu’un patron de sécurité puisse faire de telle déclaration après l’attaque de Limbé. De qui se moque-t-il? Du président où des camerounais? Nous sommes des étrangers dans notre pays!!! Seigneur protège nous et rappelles à tous les dirigeants de ce pays qu’ils ont une conscience.

  • DONGMO Dave

    le Cameroun peut-on être encore fier de prononcer ce nom? La question merite d’être posée. le risque pays est de plus en plus grandissant et l’on se retrouve dans un terrain où personne ne maîtrisse les dimensions.
    Tout devient, à la limite du spectacle et l’arbitre avait cassé son sifflet.
    Certains spectateurs sont surpris mais les avertis savent ce qui se prepare. Alors ,retirer des passeports à un un fonctionnaire qui fait preuve d’incompetence, nous amène plutôt à nous poser la question de savoir: où est passé le contrôle? car les poussions ont grandi et se fiche de la mère.
    Ainsi,il faut agir.Mais avec tact et fermété.

  • patrice memong nkembe

    il est difficile au cameroun aujourd’hui d’etablir la verité sur certains faits de sociéte, simplements parce que, ceux a qui nous portons notre confiance a travers les ideaux pronés par le chef de l’etat, sont au jour d’aujourd’hui des veritables fossoilleurs de notre nation,ils excellent dans tout ce qui tend a rendre la vie difficile a l’interieur du pays.le cas de remy ze meka n’est pas isolé, que ce soit a la presidence, que ce soit a la primature, a l’assemblée nationale c’est un virus qui gagne toute la machine, et il tend a devenir de mplus en plus tres resistant face a tout ce que le chef de l’etat engage comme mesures pour l’éradiquer.

  • http://www.afrikanisches-denkmal.org Danrius

    N’existe-t-il pas des instances juridiques au Cameroun? En cas de faute grave, il revient à la justice d’appliquer la loi. Le cas Zé Meka appartient à la justice. Les pouvoirs doivent être donnés à l’adjoint du chef de faire arrêter le chef en cas de faute grave de ce dernier.
    L’incompétence de Zé Meka à la défense réflète tout le systeme desordonné et incompétent du gouvernement de grande ambition. Pour une société qui se veut innovative und prospère, l’embauche des médiocres est hors question.
    Paul Biya, homme lion a mieux à gagner, dissoudre son équipes de médiocres et démissioné de ses fonctions de président de la République. Il rendra là un service inoubliable au Cameroun et aux ancêtres de la grande civisilation pharonique!

  • NJIANG antoine

    Quesqtion à l’accusé:
    Réponse de l’accusé :
    ” Nous ne sommes pas surpris parce que nous avons eu des informations depuis un certain temps qu`on s`attaquerait à des intérêts économiques le long de la côte à Limbé et à Douala “, avait en effet dit Rémy Ze Meka.

    Question à l’accusé: pourquoi n’avez vous pas réagit? Pourquoi n’avez vous été efficace?

    Le retrait des passeport n’est pas une solution conservatoire et durable pour des postes qui relevent de la sécurité de l’Etat, qui a dit que le chef de l’Etat ne pouvait pas enle ver Ze meka seul et les autres après.

    Dans la sécurité ou on fait confiance ou on ne le fait pas ou il enleve Mr. Zé meka de son poste ou il lui garde toute sa confiance

    Ilne faut pas demander à un PM partant d’aller noue représenter quelque part à la finaler de la coupe du Cameroun.

    Vous vous imaginer ce que les victimes des décisions conservatoires peuvent entrainer sur le plan social si les suspectés ne sont responsables, ,ils pourraient non pas seulement déclencher une guerre civile au cameroun mais déclencher même une guerre sous régionale.

  • petit papa

    ses passeports ?
    il a combien de passepaorts le tonton ?

  • cieleterre

    Ses passeports? Oui en effet il doit bien en avoir au moins deux.
    Le passeport vert que nous tous citoyens camerounais pouvons avoir et le passeport de service (de couleur bordeaux je crois bien) Bon nombre du personnel de l’Etat en ont.

  • petit papa

    ah ok,
    merci cieleterre.

  • http://www.gamaliel.com Bella Gamaliel Bella

    Je voudrai commencer par dire que le president de la republique du Cameroon agit comme Dieu.Je m’explique.Connaissant parfaitement les defaillances de l’homme, il sait en autres que quelqu’un qu’il a estime a une haute fonction de decision peut a un certains moment commettre des erreurs Alors remarquer que contrairement a ce que beaucoup pense de lui ( lenteur comme le disent certains internautes) Monsieurs Paul Biya prend le temps d’observer et d’analyser afin de savoir si l’erreur pouvais etre evite ou nom..c’est pourqoui c’est toujours lorsque personne ne s’attends qu’il frappe le plus souvent.Quand aux passeports qui ont ete retires sur haute instruction du president de la republique,ce n’est que normal surtout lorsque certains individu veulent trahi l’integrite de L’Etat …ce qui n’est pas a tolere donc le President de la republique prouvant ainsi a tous les Camerounais que, contrairement a ce qu’il pense dans la gestion de notre etat, de pres ou de loin il a une maitrise parfaite de la situation.Ainsi, de ma part, nous devons plutot,si nous sommes camerounais esperant aus lendemains meilleurs pour la jeunesse que nous sommes, soutenir cette Politique de Messieurs Biya.

    Gamaliel Bella Foguem
    Captain Pilot
    Tel:+237 96 23 13 07

  • http://www.yahoo.com Jean paul

    Bonjour
    Par rapport au cas Remy Ze Meka tout ce ke ns bavardons c’est du bruit car ds ces evenements il y a beaucoup de verité dont ns ignorons. Imaginer vs kelkun ns dit kil était prévenu d’une attack. Et ns constatons ke face a cette prevention rien n’a été fait. Kes ki ns fait croire kil n’aurait pas prevenu la haute hierachie de cet evenement et ke ce sera elle ki aurait observer un silence face a cette info.Donc ne condamnons pas si vite Remy Ze sans l’avoir jugé car ce pays ke je connais est trop tordu. Les gens n’aime pas reargir vite au info kon leur disent et qd le probleme survient on cherche un bouc emissaire pr lui collé la faute. Si Meka n’a pas recu l’ordre et les moyens de mieux prevenir ce ki est arrivé a ki la faute. Cependant on peut lui condamné de n’avoir pas pris le minimum de disposition pr cela en mettant sous alerte maximum les instances securitaire de Dla et Limbé.
    Ce ki se passe a Bakassi de nos jrs est trop complexe. Car on ne sait pas si c’est les nigerian ki operent ou les camerounais en rebellion.
    Seule le lendemain ns le dira.
    Alors wait and see.

  • http://camsite MERRICK JACK

    ou sont passés les resultats du recrutements des 1800 BIR et GP bandes de malhonnette né vous nous prenez comme des con c’est ca.un recrutement qui ne demande pas a fraudé on se retrouve plus de 3 mois sont rsultats des retenues.

  • http://www.hackermocking-cartel.com lucide

    Vérités et mensonges sur les attaques meurtrières de novembre 2007 dans la péninsule pétrolières de Bakassi. Contre-enquête.Abuja. Mercredi, 14 novembre 2007. La canicule matinale de la capitale fédérale nigériane révèle des titres quotidiens qui, peut-être, ne sont pas inhabituels depuis décembre 1993, date de l’invasion de la péninsule frontalière par l’armée du général Sani Abacha. « 20 soldats camerounais tués par les militants » annoncent en anglais des quotidiens.

    L’événement a eu lieu le 12 novembre à Bakassi. Face à ce genre de titres, l’opinion nigériane est toujours partagée entre la compassion et l’approbation, voire simplement l’exaspération, tant les forces de l’ordre camerounaises ont bâti, ici, une solide réputation de brutalité sur fond d’extorsions des civils nigérians.Dans la constellation de titres qui analysent l’événement, le Daily Trust écrit une chronique intitulée « Bad news from Nigeria-Cameroon border ». Tout une image dans la nouvelle philosophie des relations entre Yaoundé et Abuja. Le haut commandement militaire fédéral entend montrer tout d’abord sa distance à la tuerie.

    Joint au téléphone par le quotidien du District d’Utako, le porte-parole de l’armée, le colonel Giwa-Awu dégage la responsabilité de l’armée fédérale dans ces attaques qui, d’après lui, ont eu lieu dans une partie de la péninsule où Abuja a « retiré ses troupes depuis le mois d’août 2006 ». Le colonel Giwa-Awu fait état d’une mise en alerte des troupes nigérianes dans le Delta du Niger suite aux attaques, mais ne confirme même pas la réalité de l’hécatombe. Et pour cause. Les nouvelles proviennent des agences anglaises. Les autorités fédérales n’en auraient pas encore été saisies par leurs homologues camerounais.

    Cette position est celle du ministre fédéral des affaires étrangères, Chief Ojo Maduekwe. A l’Agence de presse du Nigeria, NAN, il déclare : « Nous sommes en train de mener nos investigations et serions heureux de toute information en provenance des autorités camerounaises ».

    En fait, depuis la veille, Abuja est justement assiégée de plénipotentiaires camerounais. Le conseiller spécial du chef de l’Etat et ancien directeur du protocole d’Etat, Martin Belinga Eboutou, séjourne dans une suite du l’hôtel Transcorp Hilton, la petite cité ultramoderne de 3500 chambres située au cœur de Nicon, l’une des zones résidentielles de la capitale fédérale. L’on signale également dans la cité, les ministres Maurice Kamto et Amadou Ali, de la justice qui, eux, seraient venus pour des assises de la commission conjointe Cameroun-Nigeria…

    1. Au début, une transaction ratée sur le matériel de guerre camerounais

    A la vérité, l’attaque du 12 novembre 2007 qui n’a pas fait moins de 21 morts au Poste C3 du Groupement Opération Centre (GOC) dans le Rio Del Rey était plus que prévisible. Quelques jours plus tôt, les militaires camerounais ont, par pur hasard, réalisé un coup de filet intéressant. A la faveur d’une relève au commandement du Groupement opérationnel Nord (GON), deux éléments des mouvements armés nigérians de la région, les nommés Chidi Suel et Femus Jonathan, étaient venus acheter/prendre livraison d’un stock de munitions auprès du nouveau patron du Groupement qui, lui, n’avait pas été briefé sur les transactions sur le matériel de guerre de son récent prédécesseur. Plus d’un million de francs en coupures de nairas et de francs Cfa sont, ainsi, saisis par l’armée camerounaise, tandis que les missi dominici étaient mis aux arrêts et déferrés auprès du haut commandement militaire à Yaoundé « pour exploitation ».

    Dès lors, l’insécurité s’est installée dans cette zone dont la restitution à l’Etat camerounais n’était envisagée qu’au 14 août 2008. Les troupes sur-zone se sont vus clairement intimer l’ordre de libérer les deux mousquetaires au risque de subir des représailles. Les deux éléments arrêtés n’étaient pas seulement des fils du chef nigérian d’Isobo, l’une des pêcheries de la proximité d’Akwabana Creek où les civils nigérians avaient appris à narguer l’autorité publique camerounaise. Dès ce moment, le Centre du renseignement militaire fait état, pour la première fois, d’un groupe dénommé Bakassi Freedom Fighters (BFF), fille des mouvements d’émancipation du Delta du Niger. Pas grand monde y croit à Yaoundé. On est trop occupé à gloser sur le MEND (Mouvement d’émancipation des peuples du Delta du Niger) et sur le NDDSC (Niger Delta Defence and Security Council). Le groupe indexé vit de cambriolages spectaculaires, formé de rejetons nigérians d’une péninsule dont le processus de rétrocession au Cameroun a été bouclé à Greentree (New-York) le 12 juin 2006 par les présidents Olusegun Obasanjo et Paul Biya, sous la houlette de puissants parrains occidentaux et de l’Organisation des Nations Unies (ONU) représentée par le secrétaire général, Kofi Annan.

    Ainsi s’est déroulé l’assaut du Rio Del Rey. Le commandant de l’Opération Delta, le capitaine de vaisseau Oyono Mveng, avait annoncé, le 12 novembre 2008, une tournée des groupements opérationnels. Les soldats attendaient en uniformes de circonstance l’arrivée de l’hiérarque. Chacun essayait de s’occuper en explorant tout bruit de moteur en provenance du Rio. A la mi-journée, lorsqu’on perçoit un concert de ronflements de flying boats, les soldats se mettent en ordre devant le rivage, croyant qu’il s’agit de l’arrivée solennelle du colonel. Ce n’est pas le cas. Sept flying boats équipés chacun de deux moteurs de 75 chevaux, bondés d’hommes armés, accostent rapidement sur le rivage du Poste 3. Le GOC, surpris, essuie, là sur le rivage, l’une des exécutions collectives les plus sanguinaires de l’histoire du conflit frontalier.

    S’exprimant pour l’essentiel en pidgin, les assaillants, équipés d’armes d’assaut – dont certaines auraient été directement cédées par des affairistes de l’armée camerounaise -, demandent où se trouve le chef du groupement, le capitaine de corvette Samuel Metiegué Ebong. Cet ancien du cabinet du Ministre de la Défense, Rémy Ze Meka, se trouve dans sa loge. Il reçoit des assaillants une douzaine de balles sur les jambes alors qu’il tente d’armer une mitrailleuse. Au moment où se déroulent les attaques, le très attendu Oyono Mveng parade dans le Groupement Sud (GOS) de Delta. Un officier supérieur de l’armée marine qui suit à distance les coups de feu entre directement en contact téléphonique avec le ComDelta pour l’informer de la situation dans le groupement opérationnel voisin. L’homme, vaniteux, prend l’alerte à la légère, demandant à son interlocuteur s’il ne s’agit pas d’une simple « pêche à la grenade ». On laisse donc faire. Mais le bilan in fine est si lourd qu’on sait déjà que la réaction du haut commandement de l’armée sera fulgurante. « Ce sera la goutte d’eau… » L’atmosphère dans l’armée était électrisée depuis plusieurs semaines lorsque le ministre Ze Meka a initié de délicates arrestations d’officiers supérieurs nordistes dès leur retour d’un stage d’état-major à Koulikoro au Mali où on leur imputé pas moins une rencontre avec le très interdit capitaine Guerandi Mbara, officier camerounais de l’école de guerre de Hambourg, réfugié à Ouagadougou au Burkina depuis le putsch manqué du 06 avril 1984 contre le régime Biya.

    2. Le bal des versions fantaisistes sur les attaques

    Du coup, l’armée va multiplier les bévues. D’abord, Oyono Mveng, pris au dépourvu, fait parvenir à la hiérarchie de la Défense une version inexacte des faits. Il essaie de cacher le fait que l’armée camerounaise a été entièrement surprise dans ce remake du film Carnage. Résultat des courses, le secrétaire général de présidence de la République, Laurent Esso, publie, le 14 novembre, un texte mensonger – qui, le moment venu, va se retourner contre le gouvernement. « Profitant perfidement desdites facilités [de navigation offertes aux habitants], les assaillants, navigant à bord de sept embarcations rapides, ont pu approcher les postes baptisé C3, ouvert le feu, faisant 21 morts et 10 blessés parmi nos militaires ». Pire, « Au cours de la riposte, indique le texte de la présidence, une dizaine d’agresseurs ont été abattus et une de leurs embarcation détruite ».

    Cette version est entièrement fausse. Il n’y a eu aucune riposte. Le Poste 3 n’a même pas eu le temps d’organiser un quelconque brainstorming. Il n’y a même pas eu un commencement d’identification des assaillants qui, eux, ont procédé par un schéma tactique éclair bien connu de l’académie militaire. Pour découvrir la supercherie, un véritable déploiement a eu lieu. Moult « services », dont la Direction générale de la recherche extérieure (Dgre), ont dépêché sur le terrain des équipes chargées d’enquêter sur les attaques. L’une d’entre elles, conduite par un certain colonel Bomono, est équipée d’appareils sophistiqués pour des reportages vidéo. Et, malgré une alerte générale lancée par le capitaine de vaisseau Oyono Mveng sur l’ensemble des groupements opérationnels de Delta aux fins d’arraisonner les équipées « descendues sans l’autorisation de la hiérarchie », l’on apprend vite que l’altier « ComDelta » a roulé la présidence et le Mindef dans la farine. L’homme qui multipliait les opérations de charme pour passer le grade ne survivra pas à sa version des faits. Le vendredi 30 novembre, il est limogé et est remplacé par le colonel Hyppolite Ebaka, ancien chef d’état-major à la garde présidentielle et ancien patron du 21ème Bataillon blindé de reconnaissance de Douala.

    De fait, une autre version des faits sensationnelle alimente les conversations des buvettes du Camp de la Valeur à Douala. Cette version que l’on dit distillée par les 14 rescapés des attaques internés à l’hôpital de la Garnison militaire de Douala intéresse la plus haute hiérarchie de l’Etat. D’après ses tenants, l’attaque du PC3 du Rio Del Rey a été instruite par… le Ministre de la Défense, Rémy Ze Meka. Elle s’inscrirait dans une logique de coup d’Etat au régime Biya. Les développements de ce véritable mélodrame sont brodés autour d’un chassé-croisé et quelques absences d’officiers supérieurs de l’armée que l’on a dit en mission commandée sur-zone pour éliminer des preuves que détenait le Capitaine de corvette Metiegue en rapport à un éventuel projet de putsch fomenté par « Bad Boy ». Impliqué dans le projet, d’après les insinuations : le très stratégique Bataillon Spécial Amphibie (BSA) de Tiko. Cette version séduisante qui, sans doute, charrie une préparation avérée, n’a malheureusement rien à voir avec les attaques du Rio Del Rey. Les limiers de l’armée et du renseignement établissent qu’il s’agit clairement d’une attaque des BFF. Un officier supérieur de l’armée interrogé ironise : « Dire que cette attaque vient de Yaoundé c’est faire un mauvais compliment à une armée désorganisée, sous-équipée et gérontocratique, dont les moindres capacités d’intervention aériennes ou terrestres sont confisquées par le chef de l’Etat ». Il y a plus. « Tout le monde parle des événements sur-zone, fulmine le militaire. La presse en parle abondamment, mais, en dehors des médias officiels et de l’armée, presque personne n’a séjourné sur le théâtre des opérations dans les groupements opérationnels Centre et Sud ».

    Déjà sur la sellette avec le « vrai-faux putsch », Ze Meka échappe ainsi, à nouveau, à un limogeage dans le pipeline depuis deux ans, qui devait profiter à son frère Fong de Zoétélé, Martin Belinga Eboutou.

    Mais ce qui devait en advenir à la relation erronée des faits arrive. Des parlementaires de l’Etat de cross River sautent sur la version Oyono Mveng et demandent des comptes au sujet des 10 assaillants nigérians que l’on n’a même pas été capable d’abattre. Le Sénat nigérian, la Chambre haute du Parlement, relance le débat sur l’arrêt de la Cour Internationale de Justice en contestant ouvertement la cession de la péninsule, estimant (à nouveau) que ce transfert est contraire à la constitution fédérale.

    3. Quand le Sénat nigérian s’en mêle

    Le Sénat adopte une motion du sénateur Bassey Ewa- Henshaw (PDP-Cross River) soutenue par 21 autres sénateurs. Elle précise que la ratification est une obligation constitutionnelle. L’institution invite par conséquent le chef de l’Etat Umaru Yar’Adua à soumettre sans tarder ledit accord à l’Assemblée nationale pour examen. Le Sénat demande également au gouvernement fédéral de cesser tout autre transfert d’une partie quelconque de la péninsule, particulièrement les îles d’Abana et d’Atabong, au Cameroun tant que l’accord n’aura pas été ratifié par l’Assemblée nationale. Il encourage le gouvernement fédéral à prendre d’urgence des mesures pour la réhabilitation et la réinstallation immédiates des populations de la péninsule qui avaient déjà été déplacées.

    « Le Sénat compatit avec la population de Bakassi et des autres parties du Nigeria pour les difficultés qui leur ont été causées suite à la cession regrettable de leurs terres ancestrales au Cameroun» , souligne la motion du sénateur Bassey Ewa-Henshaw, qui regrette, par ailleurs le fait qu’en dépit du mécontentement et de l’inquiétude de la population nigériane suite à l’arrêté de la CIJ,M. Obasanjo ait unilatéralement signé un accord rendant effectif ce jugement. « A ce jour, le soi-disant Accord de Green Tree n’a pas encore été présenté à l’Assemblée nationale pour examen comme requis par la Constitution» , fait remarquer le sénateur de Calabar.

  • Xavier E.

    C’est interessant de nous remettre ce dossier brûlant sur la table, car il me souvient que le chef de l’état en personne, dans son discours à la nation le 31 Décembre dernier, avait promis des sanctions à la suite de l’attaque qui a tué les 21 militaires de Bakassi en Novembre 2007. Et, malheureusement ces sanctions annoncées à renfort de médias comme ça n’a pas souvent été le cas, n’ont pas encore eu lieu, ce qui est quand même étrange. Ce qui est encore plus troublant, c’est le fait qu’on parle de sanctions dans une zone de guerre, cela nous indique très clairement que les coupables à l’origine de cette attaque ne se trouvent pas au Nigeria, mais bien au Cameroun, et mieux encore au sein de notre hiérarchie militaire. Je crois que le président a initialement sous estimé les ramifications et les intentions profondes des commanditaires de cette attaque, c’est la raison pour laquelle il temporise pour trouver toutes les liaisons et la chaîne des responsabilités, car des informations concordantes disent que cette attaque, de même que celle qui a eu lieu en Septembre 2008 à Limbé, font partie d’un plan en cours de déstabilisation du Cameroun, avec comme objectif de renverser le Président Biya. Remy Ze Meka est un personnage attypique, dont la fortune personnelle est la plus élevée parmi celle de tous les ministres du gouvernement camerounais. Cette fortune, acquise dans des circonstances qui restent à élucider, est en mesure de financer des opérations de guerrilla pendant plusieurs années au Cameroun, et le président ne le savait pas jusqu’à ce que débute les évènements de Novembre 2007: est-il rentré dans la logique d’un coup d’état, l’enquête élucidera cette énigme. En tout état de cause, je commencerai par rendre hommage aux innoncents qui sont tombés sur le champ de bataille, et je leur dirai à leurs familles respectives, que ce sacrifice ne sera pas vain. Le président Paul BIYA quoi qu’on dise a maintenu artificiellement en poste monsieur ZE MEKA pour des raisons stratégiques, c’était la seule façon de faire progresser rapidement l’enquête, qui, d’après un responsable militaire proche du pouvoir, est déjà quasiment achevée. Il ne sera donc pas surprenant que le prochain remaniement annoncé pour avant fin décembre, vienne régler un grand nombre de questions, dont celle de ZE MEKA en particulier: il doit s’expliquer devant la justice pour ses différentes affaires où il semble personnellement impliqué. Je dirai néanmoins au chef de l’état, de faire restaurer la sérénité au sein de la troupe militaire, car cette sérénité a été écorchée depuis près de 3 ans, il y va de la stabilité du pays. Ensuite, loin de rester dans le secret défense, il serait interessant, comme pour les opérations Epervier / Albatross, que les résultats de l’enquête sur ces morts inutiles de soldats soient communiqués à la population. C’est un devoir de mémoire pour ces soldats. Monsieur le Président, nous vous faisons confiance sur ce dossier, et, loin de toute complaisance, nous savons que vous prendrez les décisions qui s’imposent avant fin 2008. Vous avez notre soutient.

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