Humanité, race (s), complexes et hypocrisie
Humanité, race (s), complexes et Hypocrisie
Yes we did !, il n’est pas un seul titre des quotidiens mondiaux qui ne parle de l’élection du premier Nègre dans le pays dit le plus puissant du monde au poste de Président de la République. Eh oui Obama l’Africain, le Noir comme lui-même se désigne fait vibrer et hisse encore dans les cimes les dimensions du rêve américain, prouvant par là que les capacités de l’être humain ne sont pas encore toutes épuisées. Nous ne voulons pas rentrer dans les polémiques et Obama a su le faire lors de sa campagne en allant au-delà de la couleur de sa peau que tous les auteurs avertis de tous les siècles ont dépeint comme étant un élément non essentiel dans le potentiel de l’être humain.
Et pourtant !
Au Cameroun (ça n’a pas la même portée) nous vivons avec des gens de toutes les races. Pareil en France où arabes et Noirs sont appelés « minorités » et sont traités avec tout le RESPECT qu’on leur doit dans les domaines du logement, de l’immigration, des études comme du travail. Admettons que ce soit normal !
Aucun dirigeant ne met les intérêts de son peuple après ceux des étrangers. (…). Pour ceux qui ont déjà analysé comment l’européen perçoit le Noir quelque soit son éducation, sa condition ou son appartenance religieuse, ils se rendent à l’évidence qu’il est toujours traité avec beaucoup de complaisance (pour les hypocrites) de violence pour les paranoïaques et de franchise pour les extrémistes. Vous n’y êtes pas encore ! Si Un Européen a beaucoup de respect pour un Noir qui vit en Amérique (USA), ceux qui vivent avec lui au quotidien dans son pays (ou qu’il soit) ou ceux d’Afrique ne peuvent pas bénéficier de la même considération et sont toujours victimes de préjugés qui sont loin d’êtres éteints. Si l’élection d’Obama fait autant de grabuge, c’est aussi en raison de toutes ces contradictions dans le rapport aux autres que le puissant (généralement le Blanc) au su imposer aux autres êtres humains.
Sans faire le procès de la race, ni être aussi naïf en croyant que l’Afrique irait mieux ou que nos rapports avec ceux qui nous pillent et nous conduisent à la catastrophe avec la complicité de tout le monde, comment comprendre que notre radio Internationale favorite pendant près de deux jours nous dise dans ses titres qu’un « métis », « qu’un non Blanc » , qu’ « un noir Américain » a été élu Président aux USA comme si c’eût été une tragédie ? Cela prouve une bonne chose : la discrimination du Noir ne fera pas son deuil avant 50 ans encore ! En effet, ces adjectifs trahissent leur sentiment intérieur, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas prêts de vous lâcher, ils n’ont pas fini de vous exploiter, ils ne sont pas fatigués de vous monter les uns contre les autres pour leur seul intérêt. Pour cela, ils continueront de vous imposer des directions non avantageuses pour votre économie, ils continueront à imposer leurs livres où le petit Nègre rimera toujours avec Banane, singe et oui Missié…
Pour les rois de l’hypocrisie, ils jouent tellement réglo pour ne pas faire ressortir leur côté raciste (encore que ça ne veut rien dire : certains pensent que tout le monde l’est un peu !) qu’ils vous montrent les images de la lutte contre la ségrégation, les images des héros de ces luttes en la liant logiquement à la victoire d’Obama comme l’aboutissement d’un processus qui verrait la fin des misères liées à la malédiction du fils biblique de Noé. Du coup on peut dire que le jugement dernier (pour ceux qui y croient) a déjà eu lieu et que rien ne sera plus comme avant : les rapports Nègres/autres peuples seront égaux. Que nenni !
Regardez les Chinois comment ils nous traitent dans les dons qu’ils nous font ; certains disent qu’ils sont mieux que les Français et les autres Européens parce qu’ils vous montrent quelque trucs quoique ce fut en chinois ! Les rapports dont nous parlons ici se traduisent dans les échanges économiques, dans les transferts de technologie, dans l’avancement de la science et de la santé avec pour seul objectif l’amélioration de la condition de vie de l’être humain et la conscience partagées que la Terre n’est pas un legs de nos ancêtres mais un cadeau que nous devons offrir à nos enfants (le proverbe est Kenyan, quel hasard !).
Enjeu
Ce dont il est question ici pour ceux qui sont dans le vrai combat, c’est la lutte pour la redéfinition des programmes scolaires, académiques et politiques des Africains. Pour l’instant, ce sont des pantins à quelques exceptions près qui continuent d’entretenir l’idée selon laquelle le Noir n’a rien crée ni rien inventé ; que le Blanc a déjà tout crée et qu’il faut porter son sac à défaut d’être son élève (parfois son meilleurs élève) et suivre le chemin tout fait. Ce sera toujours la mort (réelle ou virtuelle) pour ceux qui s’y opposeront. Pour cette raison, ils mettront tout en œuvre pour ne perdre aucune de leur prérogative de « chef » meilleure passerelle entre l’apporteur du développement et celui qui doit l’appliquer à ses administrés sans que ceux-ci posent quelques réserves. Imaginons un seul instant que l’être humain qui arrive sur terre reçoive la meilleure éducation (cela suppose qu’elle soit disponible), qu’il ressente la confiance qu’on peut lui faire et qu’il ne ressente aucun interdit quant à la transmission vitale qu’il pourrait faire avec une chinoise ou n’importe quelle femme de n’importe quelle race, même si au départ il est d’un noir quasi identique à l’arrière train d’un fou ! Il serait capable de tout. Le rêve de Luther King se réalisera peut être.
Pour l’instant nous allons reprendre notre petit train-train de calcul et de misère ; Allons nous toujours être ainsi en attendant le Messie ? Oui si on ne sacrifie pas ce qu’il y aura à sacrifier. Les complexes savent bouffer l’énergie ; les préjugés sont dans la même catégorie. Aller vers notre humanité et laisser nos illusions de puissances. Le combat est vaste comme l’océan. L’esprit humain est quatre fois plus vaste !


Commentaire par Symplice B. ?VONDO le 10 novembre 2008:
Très intéressant. Seulment, je crois que le problème est moins dans la race que dans l’attitude. Car même s’il est vrai que la « lutte des races» a bcp contribué à structurer notre manière de penser, il n’en démeure pas moins vrai qu’aujourd’hui, nous en avons pris conscience et qu’il est temps de laisser derière soi tous les préjugés qu’elle a produit et nous conscrer à la construction d’une nouvelle manière de penser dont la force serait de ne se consacrer qu’à notre devenir en faisant fi de toutes les considérations que les autres pourront se faire (ou se font)de nous et de leur prouver ce que nous valons réellement. En tout cas, c’est là la leçon que nous pouvons tirer de la victoire du « fils prodige» Obama!
Commentaire par Alain WADJE le 12 novembre 2008:
Bonne analyse Mr.OTTOU.
Commentaire par Arthur appolinaire NOUMBI le 14 novembre 2008:
c’est bien cet article.