Par 20mai.net 23 novembre 2008 3 commentaires

L’histoire économique nous enseigne que le monde capitaliste connut une grave crise,  déclenchée aux Etats-Unis d’Amérique le 24 octobre 1929 (« jeudi noir ») par le krach boursier de Wall Street. Malgré la bonne santé apparente affichée par l’économie américaine à la fin des années vingt, les bases de la croissance apparurent de plus en plus fragiles en raison de la surproduction industrielle, de la spéculation boursière, du recours trop important au crédit, et de la persistance de la crise de l’agriculture.

Cette crise se propagea rapidement au reste du monde, et le plongea dans une récession sans précédent pendant les années trente. Elle engendra de profonds bouleversements sociaux et politiques qui favorisèrent probablement l’arrivée au pouvoir en Europe de partis fascistes qui ont mené une politique expansionniste, cause directe de la Seconde Guerre mondiale. Conflagration planétaire dont les effets continuent de hanter les relations internationales d’une manière générale.

La crise s’étendit au monde entier lorsque les banques américaines réclamèrent le remboursement de leurs prêts à l’étranger et rapatrièrent les capitaux qu’elles avaient investis. L’Autriche fut la première touchée, avec la faillite de la banque Kreditanstalt. En Allemagne, la faillite de la Danat Bank, en juillet 1931, provoqua l’effondrement du système bancaire. La baisse des prix des produits manufacturés, inégale selon les pays et les secteurs, fut un phénomène général. Elle atteignit environ 30% de 1929 à 1932. Dans l’agriculture, déjà en crise depuis une décennie, la baisse atteignit 65% pour les prix de gros des denrées agricoles. Conséquence logique de la surproduction des années vingt, la production industrielle et agricole s’effondre. Des stocks entiers de blé sur pied et de voitures invendues sont détruits. Les pays dont la croissance a été dépendante des investissements étrangers (Allemagne, Pologne, Amérique latine) et ceux où le crédit a explosé (États-Unis, Canada) sont les premiers touchés.

Aux États-Unis, la crise atteignit son paroxysme au début de 1933, juste après l’élection du démocrate Franklin D. Roosevelt, en novembre 1932. Dans le cadre du New Deal, le nouveau président accrut les interventions de l’État, lança des programmes d’infrastructures pour lutter contre le chômage et relancer la croissance. II entreprit par ailleurs d’assainir l’économie. Ces mesures permirent de restaurer la confiance. Progressivement et par à-coups, la dépression recula, mais c’est l’entrée en guerre des États-Unis, en 1941, qui permit de supprimer totalement la récession.

Roosevelt s’inspirait inspirée des théories de l’économiste anglais J.M Keynes, pour qui l’État a un rôle régulateur à jouer en cas de défaillance des lois du marché. Une politique de dépenses publiques (distribution sociale, grands travaux) compensant le manque d’investissement du secteur privé et la baisse du pouvoir d’achat doit permettre un retour de la consommation et de l’emploi. La crise de 1929 eut aussi pour conséquence de favoriser l’essor d’une politique interventionniste qui se substitua à une économie entièrement libérale. C’est cette orientation qui est également adoptée en Allemagne et en France.

Fonds Monétaire International (FMI) : gendarme de la prospérité

« La création du Fonds monétaire international (FMI) en 1945 répond au constat fait par l’ensemble des gouvernements composant ce que l’on n’appelait pas encore la communauté internationale : les dérèglements monétaires et les crises financières ont joué un rôle aggravant dans le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Au lendemain du conflit, il semble donc nécessaire de donner les moyens à une organisation supranationale de prévenir, et le cas échéant de réguler, les fluctuations du système monétaire international. Il s’agit de faire du FMI un « gendarme de la prospérité » chargé de promouvoir la coopération monétaire internationale par le développement du commerce transfrontalier. Si ces objectifs conservent de nos jours, et avec une acuité certainement encore plus grande, toute leur importance, il n’en reste pas moins vrai que le FMI est au cœur de la problématique qui a trait à la nécessité d’une gouvernance mondiale en matière financière. La globalisation des marchés, la mondialisation des économies, la libéralisation des échanges sont autant de mouvements qui, de nouveau, replacent au centre des interrogations la nécessaire question de la régulation et, partant, du rôle du FMI et des moyens dont il dispose ».

F. M. I : Fonds de Misère instantanée

63 ans après sa création les activités de cette institution ont connu une mue subreptice pour se transformer en instruments de domination, à travers des plans strangulation des économies de la périphérie. Ce qui a emmené le Pr. TCHOUINDJANG POUEMI à trouver le calembour Fonds de Misère instantanée. S’étant ainsi éloignée de ses missions originelles, on n’est pas étonné que le système capitaliste retombe dans ses mêmes travers. Habité par les même démons : exploitation des pauvres et spéculation. Au moment où Georges W. BUSH décide d’injecter 700 milliards de dollars !! Pour racheter les créances douteuses alors que ses caisses sont vides on est en droit de se poser la question de l’origine de ces fonds destinés à acheter du papier sans valeur. Il va faire tourner la planche à billets au risque de créer une autre crise. En effet les spéculateurs sont entrain de se réfugier dans l’or qui a vu son cours remonter à une vitesse supersonique. N’était –t-il pas efficace de mettre ne serait-ce que la moitié de cette somme faramineuse au service d’une politique de logement social. C’est-à-dire dans l’économie réelle avec un double effet : structurant sur le plan économique, bienfaisant sur le plan social. Au lieu de se livrer à la spéculation et la supercherie.

Spéculation et supercherie

« Tout a commencé lorsque le piège tendu par les organismes de crédit hypothécaires du secteur des « subprime » s’est refermé sur les salariés pauvres américains.

Aux Etats-Unis, les prêts immobiliers sont ventilés en trois catégories : « subprime », « non-prime » et « prime ». La catégorie des « subprime » correspond au niveau de solvabilité le plus bas de l’emprunteur, le plus souvent des salariés pauvres.

Ces prêts sont accordés par un institut de crédit spécialisé ou par une banque commerciale. Ils sont garantis par une hypothèque. Ils fonctionnent comme un véritable piège : les premières années les mensualités de remboursement sont peu importantes. Mais très rapidement le taux s’élève. Nombre de salariés pauvres ne peuvent plus alors, payer leurs mensualités.

Ce système ne peut fonctionner, au détriment des salariés pauvres et au profit des banques, que dans un contexte de hausse des biens immobiliers. C’est, en effet, uniquement dans un tel contexte que les organismes de crédit sont assurés, grâce à l’hypothèque qui leur permet de faire vendre le bien, de récupérer leur capital et les intérêts déjà dus au moment où l’emprunteur n’arrive plus à payer ses mensualités.

Mais depuis trois ans, les salaires stagnent et les taux de la Réserve fédérale (FED) sont passés de 2 % à 5,75 % augmentant d’autant les taux des prêts « subprime »…. Des emprunteurs de plus en plus nombreux ont donc cessé de payer leurs mensualités. Leurs logements ont été vendus aux enchères ce qui n’a fait qu’accentuer la baisse déjà en cours des prix de l’immobilier. Durant ces mêmes années, 1,2 millions d’Américains ont perdu leur logement et la situation ne fait qu’empirer en même temps que se dégonfle la bulle spéculative immobilière.

Tel est pris qui croyait prendre

Les emprunts « subprime » n’ont pas été gardés dans le bilan des organismes qui les avaient accordés. Ces organismes ne se chargent plus, moyennant une commission, que de recouvrer les mensualités. Ces prêts ont été « titrisés » c’est-à-dire qu’ils ont été regroupés avec d’autres créances sur un instrument financier, le CDO (Collteralized Debt Obligation), et mis en vente sur les marchés financiers.

Ces CDO ont été plutôt bien noté par les organismes de notation (Moodys’s, Standard and Poor’s ou Fich.) et ont été achetés par des fonds de placement partout dans le monde. Ces fonds ont acheté ces CDO en toute connaissance de cause : ils voulaient « doper » le rendement de leurs produits grâce au intérêts exorbitants payés par les emprunteurs du secteur des « subprime ». Ces CDO se sont même présentées comme « sans risque » à leurs souscripteurs.

Les organismes de prêts hypothécaires à risque (tel l’American Home Mortgage) ont été les premiers touchés par l’augmentation rapide des non remboursements de prêts « subprime » : il leur devenait difficile de continuer leur activité.

Les fonds de placement ont suivi, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Australie, en France où, le 7 août, BNP / Paribas décidait de suspendre le calcul de la valeur liquidative de trois de ses fonds qui venaient de perdre plus de 20 % en un peu moins d’uns semaine. Même Le Président Sarkozy en a perdu la voix.

La chute du néolibéralisme

Depuis la chute du mur de BERLIN qui consacre le démantèlement de l’URSS et la fin de guerre froide, les Etats-Unis vont définitivement prendre le contrôle de l’économie en imposant un modèle dominant, l’ultralibéralisme. C’est une idéologie conquérante au sens belligène du terme. C’est une doctrine dans laquelle les crises jouent un rôle, y compris la guerre, qui en est la figure extrême. Rappelons –nous que c’est l’entrée en guerre des États-Unis, en 1941, qui permet de supprimer totalement la récession de 1929. Depuis NIXON jusqu’à GEORGE.W.BUSH en passant par REAGAN, c’est une Amérique qui tente d’imposer sa suprématie dans le monde. En Afrique comme en Amérique latine (gros réservoirs de matières premières) rares sont les événements politiques d’envergure qui ne portent l’estampille américaine : le Vietnam, l’implication au Kuweit, la guerre IRAN/IRAK, l’Afghanistan, le Pakistan, la Corée du nord ; l’IRAN et la question de l’enrichissement de l’uranium ; le sempiternel conflit Israélo – palestinien ; les Etats-unis sont partout et occupent géo stratégiquement la planète avec pour objectif majeur le contrôle de l’énergie mondiale. Et leurs actes aussi barbares fussent-ils sont frappés à priori d’une immunité scandaleuse. La Cour pénale internationale ne les concerne pas. Tout ceci a un coût. Il faut trouver cet argent quelque part.

Seulement, tout règne a une fin et la montée en Amérique de nouveaux leaders charismatique qui s’opposent à la toute puissance des Etats-unis – nous pensons au Nicaragua et à la Bolivie – montrent clairement l’exaspération et le ras le bol de la génération montante des leaders des pays de la « périphérie », qui n’entendent plus se soumettre au diktat américain. Face à la montée spectaculaire de la Chine, pays d’1 milliard et demi de consommateurs et qui entretient une croissance à 2 chiffres depuis une décennie, face à l’Inde qui dispose également d’un marché intérieur de près d’un milliard de consommateurs et d’une forte capacité technologique ; le leadership américain en ce début de siècle et de millénaire est sérieusement menacé. Sans oublier le japon et les pays émergents du Sud Est asiatique. Est-ce la fin d’un cycle ?

La percée de BARACK OBAMA homme de couleur dans un microcosme politique américain où les relents du KU KLUX KLAN n’ont pas été complètement dissipés, traduit ni plus ni moins une mutation fondée sur la recherche de nouvelles valeurs au pays de l’oncle SAM.

La faillite de la LEHMAN BROTHERS, quatrième banque d’affaires américaine le 15 septembre et les menaces d’effondrement de la 1ère assurance AIG sont-elles le chant du Cygne ? C’est le symbole de la renaissance du capitalisme mondiale après la crise de 29 qui s’écroule-là comme un château de cartes. Selon les experts, c’est la fin de l’argent facile. Certains analystes affichent un optimisme de circonstance en affirmant que la crise ne touche pas les consommateurs. Certes mais, on sait aussi que les effets centrifuges de cette crise ne sauraient être immédiats. Déjà avec une perte de 3,9 milliard de dollars en un trimestre, le secteur des assurances partenaire de LEHMAN BROTHER connaît de sérieux frissons.

Nous sommes certains qu’à travers les effets de la mondialisation/globalisation nous allons être comme toujours les victimes résignées d’un modèle qui ne rassure pas. Une politique irresponsable fondée sur la spéculation et l’argent facile, à travers divers instruments : crédits immobiliers, titrisation sans contrôle sérieux, ayant enfiévré WALLSTREET avec tous les effets collatéraux sur nos économies essentiellement extraverties. Nous attendons toujours que les experts camerounais ou africains en la matière informe l’opinion et accompagnent les politiques pour parer à la catastrophe économique qui s’annonce. Nous avons là la preuve, pour ceux qui avaient encore des doutes que nous sommes dans un itinéraire dangereux, si nous persistons dans des politiques de dépendance attelées sur un capitalisme outrancier qui a tourné le dos à la valeur travail au sens classique.

Nous avons l’impérieux devoir, de concevoir un modèle de développement qui nous rendent le moins dépendant possible de celui dont nous ne maîtrisons pas les commandes stratégiques. Nous devons sortir notre économie de l’extraversion. Nous devons internaliser fortement notre développement. Le rôle de l’Etat, en tant que protecteur de l’économie et agent économique doit être renforcé. Nous voyons bien dans ce cas un Etat camerounais investissant massivement et prioritairement dans l’agriculture intensive (Programme de Reconversion Economique de la Banane Plantain), l’agro-industrie. Plutôt que dans l’exportation des matières premières qui intensifie notre dépendance vis-à-vis d’un modèle enclin à de permanents soubresauts qui se répercutent avec une rare violence sur la vie de nos populations. Nous devons prospecter de plus en plus de partenaires, notamment des nations émergentes. Nous devons nous prémunir des dangers du système financier actuel en créant notre monnaie pourquoi pas ? Nous pouvons le faire. Nous en avons les moyens. Nous devons nous interroger sur la valeur de cette idéologie. Ses promoteurs avaient prétendu il y a deux décennies, que l’Etat devait se retirer du secteur productif, force est de constater que face à la crise actuelle, ces derniers recourent précipitamment à l’interventionnisme le plus vigoureux de toute l’histoire économique. Sous le règne de la droite !! Excusez du peu. Plus de mille milliards de dollars pour sauver le Capitalisme.

Joseph Marie ELOUNDOU

Président de la Coordination pour la Défense de la Démocratie et de la Constitutionnalité – Partisan du Changement de Vie par les urnes

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  • Alain Bouwa

    Vous faites une très bonne analyse sur le plan pédagogique des événements qui ont conduits à la crise financière mais vous devez allez plus loin dans l’analyse des causes profondes.
    Je pense que l’économie est la gestion de la maison. Mais la maison de qui? C’est ici que nous devons revenir au créateur du monde. Oui Dieu est celui qui a donné à l’homme de gérer les ressources du monde. N’est-il pas curieux que l’homme veuille les gérer sans avoir à faire à lui? Ne pensez-vous pas qu’il est temps de lui demander comment il voulait que nous gérions les ressources de ce monde? Qu’est-ce que je veux dire? Les hommes qui échaffaudent les systèmes économiques de ce monde sont athés et par conséquent quel que soit les systèmes économiques que les hommes sans Dieu élaborerons ils seront voués à l’échec. Il y a des principes sur lesquels l’économie doit être fondés, ces principes sont contenus dans la parole de Dieu.
    La crise financière est le résultat d’un échec sur le plan métaphysique d’abord. Les pensées ont des conséquences. Lorsque Dieu a créé ce monde il l’a d’abord conçu avant de le créé. Il a établit des principes physiques, morales et spirituels qui lorsqu’ils sont bafoués provoquent des crises. Plus une communauté, une nation, un peuple respecte ses principes dans sa culture, son économie, sa morale plus ce peuple, cette nation ou cette communauté prospérera moins un peuple, une nation ou une communauté applique ces principes moins elle prospère.
    Si l’Afrique est pauvre c’est parce qu’elle l’est spirituellement et moralement. L’Afrique regorge 40% des richesses de cette planète. Si nous ne nous attaquons pas à la racine de ce problème, tous les échafaudages économiques ne tiendront point. La solution c’est que les africains retournent aux vertus de la parole immuable de Dieu et qu’ils l’intègrent dans leur culture et leur économie; qu’ils prient Dieu et qu’ils travaillent selon son plan. Cela vous scandalise-t-il?
    Revisez l’histoire des européens et des américains et vous verrez que c’est lorsqu’ils ont abandonné leur barbarie culturelle pour accepter les principes du christianisme qu’ils sont devenus des nations puissantes. Vous verrez qu’aujourd’hui ils sont dans le déclin parce qu’ils sont entrain de rejeter ce christianisme qui faisait jadis leur force.

    Que Dieu vous bénisse!
    Alain Bouwa

  • http://www.visionafricaine.com jts

    Bel exposé qui révèle par recoupement, la démarche de recherche et collecte d’information.

    Nonobstant le contenu dans sa longueur, pouvant nuire et vaincre la compréhension du lecteur infortuné dans ce domaine, il est regrettable qu’au regard de la gravité économique du contexte mondial dans lequel l’Afrique est tristement mêlée, votre lecture des faits n’expose en soulagement l’infortuné dans les leçons pour le tiers modistes.
    A moins qu’il soit envisagé à ce dernier d’élever sa compréhension.

    Il importe « urgemment » de mêler la masse populaire à la dévolution et dévotion de son sort et ainsi de lutter contre l’enferment talentueux des uns, captant en nuisance le devenir populaire et accentuant par là même le misérabilisme intellectuel de ceux pour qui ils se targuent d’être dévoués…

    Pour finir, permettez moi de m’insurger contre ceux qui se servent des difficultés obstruant le devenir de l’Afrique pour se lancer dans des sermons dominicaux et autres formes de propagandes aux origines étrangères, qui n’ont de succès qu’auprès de ceux qui subliment l’oisiveté passive, dans l’attente ou la remise à des acteurs extérieurs à nos faits.

    Il n’est de leçon ni de sagesse à proférer à l’égard de qui que se soit, il est vrai qu’un forum est un lieu de libre expression, vu la gravité qui entoure la situation africaine, il serait salutaire que les enchanteurs d’esprits, prennent en considération, la nécessité absolu d’inscrire nos esprits dans la réflexion et non dans l’adoration.

    Enfin je vous propose une lecture sur le marasme économique et l’Afrique
    http://www.visionafricaine.fr.gd/20-s-11-s-08.htm

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