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Lettre de l’ADDEC aux étudiants du Cameroun


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Camarade étudiant,La rentrée académique 2008/2009 vient d’être amorcée dans les différents campus universitaires avec son cortège de rencontres, retrouvailles, découvertes. On peut bien s’imaginer qu’il s’agit d’un moment d’euphorie particulière, parfois d’anxiété lorsqu’on s’engage dans un projet qui mène vers le sommet de l’intellectualisme pour le renforcement de notre statut social. Et pour cette année académique, nous sommes plus nombreux à nous lancer dans cette quête.

Il est important de signaler au passage que jusqu’à présent non seulement les cours n’ont pas encore débuté dans tous les niveaux d’études mais beaucoup de résultats demeurent non-publiés ; en plus, une capacité d’accueil qui reste insuffisante pour contenir les effectifs pléthoriques et toujours croissants d’étudiants, notamment à l’université de Yaoundé I. Ce qui augure d’une formation au rabais. Autant d’arguments qui, tu en conviendras camarade, érigent le désordre et le dilettantisme en modèles d’organisation.

A toi, nouvel étudiant, l’ADDEC t’adresse d’abord ses félicitations pour ta participation avec succès aux examens de fin de cycle secondaire. Elle te recommande également de t’orienter vers des personnes, des corporations ou des structures susceptibles de t’inspirer les exigences de rigueur et d’excellence, un sens de la dignité, de la revendication et d’interpellation aussi bien envers toi-même qu’envers les autorités universitaires et les pouvoirs publics dans la résorption des difficultés auxquelles tes camarades et toi serez appelés à faire face, ainsi que dans l’atteinte de tes objectifs et l’amélioration de ton existence.

Certes camarade, des enseignements te seront prodigués afin de t’octroyer des connaissances, des savoir-faire et, plus tard, des responsabilités. Mais il te sera judicieux d’accroître tes opportunités par des formations para académiques. Ceci pour mieux cerner les enjeux de ta mission et les attentes placées en toi. Autrement dit, la recherche permanente et effrénée du bien être individuel, collectif et social devra être l’essence même de ton projet, constituant ainsi le fondement de ta quête de la vertu, de ta volonté de défendre la liberté de conscience et promouvoir des valeurs humanistes ; des attitudes stimulées surtout par le désir qui doit t’animer de t’instruire sans cesse, c’est-à-dire d’éclairer et d’exercer ton esprit.

L’univers dans lequel tu évolueras ne tarit pas de stratagèmes pour étouffer, fragiliser et embrigader ta conscience.Cette dernière devrait pourtant être davantage portée sur l’exécration de l’injustice et la recherche de la vérité en vue de la divulguer. Il s’agira pour toi de juguler en toutes circonstances toute tentative de compromission ou d’entrave à la liberté de penser, dans un environnement où la pensée unique et la pensée par procuration sont jalousement imposées par les gouvernants. Tout compte fait, le déficit de vision des autorités a fini par consacrer le malthusianisme socioéconomico- intellectuel qui alimente la résignation et le désespoir qui gagnent de plus en plus les jeunes.

Ne te fais pas d’illusions sur les obstacles que tu rencontreras car ils sont légions, variés, plus près de toi que tu ne pourrais l’imaginer, et de nature à mettre en péril ton avenir.Ton parcours sera parsemé de difficultés et truffé de réactionnaires qui se livreront à coeur joie à l’exploitation du déficit de vigilance et de riposte que tu leur témoignerais.

A toi de savoir contourner ces forces adverses, de savoir les affronter ou de les transformer en t’appuyant notamment sur des faits saillants et pertinents de la véritable histoire de notre pays –jamais enseignée – en plus de t’imprégner d’une culture de la contradiction, d’une éthique de la résistance et d’un esprit critique, pas seulement dans les travaux  académiques mais aussi dans notre vie quotidienne, dans notre manière de gérer et de transformer positivement notre environnement.

Aussi l’un des moyens de conjurer l’infamie et l’imposture, préconise que tu te forges une personnalité susceptible de laisser s’exprimer le principe dissident qui est inhérent à chacun de nous ; en veillant évidemment à ce qu’il s’exprime en faveur de la défense de l’intérêt commun porté par ceux qui s’efforcent de contraindre les autorités, quelles qu’elles soient, à assurer leur devoir régalien.

Sois vigilant car ces potentats, nostalgiques du pouvoir colonial, n’hésiteront pas à t’éloigner de l’anticonformisme, à défaut de t’inculquer la peur pour mieux t’imposer le silence sans lequel leur imposture serait éventée. Ils seraient ainsi contraints d’être au service du peuple et non du satrape. Tu en jugeras le moment venu, mais il s’agit de prime à bord d’une révélation empirique.

Quant à toi, «ancien étudiant», applique les mêmes recommandations tout en accueillant les nouveaux pensionnaires qui doivent se familiariser avec les réalités de l’université. Ils doivent être édifiés sur l’austérité et la précarité qui y prévalent. Dans l’optique d’échafauder des stratégies communes pour la quête de l’épanouissement physique, moral et intellectuel. L’oeuvre de dénonciation des manquements des autorités universitaires ou de proposition des mécanismes d’instauration d’un système universitaire de qualité doit être poursuivie et renforcée. Ce sont ces attitudes qui nous aideront à poursuivre efficacement la lutte pour l’amélioration de nos conditions d’études sans laquelle notre avenir et celui de la nation toute entière sera gravement compromis.

A l’université, il faut le dire, le vice gagne plus de terrain que la vertu. Elle est le théâtre, le champ d’expérimentation de divers abus et préjudices, de violations flagrantes des droits et des libertés fondamentales dont les étudiants font les frais. L’exemple  paradigmatique en est que face à nos revendications pacifiques, il arrive souvent que les autorités universitaires répondent par la répression violente, l’intimidation et la diabolisation.

Le cadre universitaire dans lequel nous évoluons est chargé d’histoires, de symboles, de drames dont les pages les plus récentes ont été notamment écrites lors des grèves estudiantines d’Avril-Mai 2005 et Novembre 2006. Grèves qui embrasèrent quatre des six universités d’Etat et qui furent marquées par l’assassinat d’un minimum de cinq étudiants par les forces de répression, notamment à l’université de BUEA les 28 Avril 2005 et 30 Novembre 2006. Ces camarades étaient simplement coupables d’avoir exprimé leur exaspération due au mépris constamment affiché à leurs égards, tout en exigeant d’être considérés comme des citoyens partenaires et non comme des exécutants
passifs.

Le doute n’est pas permis sur notre potentiel. Les étudiants constituent une force qui ne peut s’imposer et rayonner que si elle est alimentée d’une coalescence de courage et d’engagement. La connaissance de nos droits et devoirs, nous permettra d’amplifier, d’accroître notre force de persuasion, de rétablir le respect qui nous est dû individuellement comme à toute la communauté estudiantine que chacun de nous doit pouvoir représenter dignement.

Les étudiants doivent créer des passerelles citoyennes avec les autres composantes de l’université et de la société, instaurer un climat de dialogue constructif et de sociabilité, à la seule condition que l’alliance soit fonder sur la promotion du bien être collectif et le progrès social.

Mais point de relation de domination, de déférence, d’obséquiosité, de servilité et de promiscuité malsaine avec qui que ce soit. Car l’estime qui puisse être accordée à un être humain doit se fonder sur des valeurs intrinsèques de régulation, de développement de la société, de respect mutuel. Lesquelles valeurs s’opposent à des pratiques avilissantes et dégradantes. C’est de dignité humaine et de liberté de conscience dont il est question ici. Et la défense absolue et sans coup férir de ses intérêts à soi ou de ceux des étudiants sera le moteur de la protection de cette dignité et de cette liberté.

Pour sa part, l’Association pour la Défense des Droits des Etudiants du Cameroun (ADDEC) est disposée à appuyer toute âme éprise de dignité, de justice et de progrès moral que nous estimons être les vrai préalables du développement. Un soutien qui devra puiser dans la solidarité, l’esprit de sacrifice, la quête du bien-être collectif sans cesse prônés au sein de la communauté estudiantine ; qui se doit par ailleurs de s’approprier les valeurs démocratiques et de participer à leur enracinement dans notre société, en guise de défi, de rompre avec une gouvernance paupérisante dont le ventre – le mien à moi – serait l’unique horizon de possibilité. C’est ainsi que notre pays pourra enfin sortir des méandres du misonéisme et de la médiocrité et marcher vers la prospérité.



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Il y a 3 commentaires en ce moment. »

  1. Bjr,
    Je vous en felicite non seulement pour la création de l’ADDEC mais aussi pour cette bonne narration que vous venez d’illustrer.
    Mais ma remarque porte sur le faite que,comme il est devenu coutume,l’absence des faits vecu à l’université de Ngaounderé dans vos differentes rubriques on dirait que,cet université vue sa positon geographique de beneficie pas de os faveurs.
    J’aimerai,sans vous forcer la main de considerer cet université comme toutes les autres universités d’état du Cameroun.
    Kemguem Brice.
    Etudiant en troisième année d’économie monetaire et bancaire à l’université de Ngaounderé

  2. Nous Resident en cycle de specialisalisation à la faculté de médecine vous informons de l’information selon laquelle les frais de formation passent de 50000FCFA à 1050000FCA.Ceci interesse uniquement les médecins Camerounais formés à l’etranger. Quelle injustice pour ces compatriotes qui se sont sacrifiés pendant plus de 6 ans à leur frais et qui après la formation ont pensé qu’ils pouvaient être utiles à leur pays.
    Nous souhaitons que l’ADDEC nous aident attirer l’attention de l’opignon publique national et international sur cette polique d’excitation à l’exil

  3. Chers camarades vous êtes la preuve vivante qu’il existe encore de la conscience dans ce pays et donc dans l’Afrique en général, dont le cliché politique est assez déplorable.Merci également pour les conseils que vous prodiguez à vos compagnons intellectuels. Et si nous nous y mettons tous sans hypocrisie aucune, un jour les choses changeront “yes we can” a dit OBAMA. Je vous souhaite beaucoup de courage.

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