La formation à distance se présente comme une alternative à l’émigration.
L’affluence est de mise dans la salle multimédia du campus numérique de l’Agence Universitaire de la Francophonie de Yaoundé. La pluie battante de ce 5 décembre 2008, n’a pas empêché les étudiants de venir suivre leurs cours. Il s’agit des étudiants inscrits dans des universités étrangères partenaires du campus numérique de la francophonie et qui suivent des cours en ligne.
L’e-learning s’est beaucoup développé ces dernières années. Ce type de formation est même une alternative à l’émigration, surtout depuis que les conditions d’accès dans les pays européens se sont durcies.
- Pierre, l’un des étudiants rencontré sur place en est un témoignage vivant
Après l’obtention de son Baccalauréat en 2002, il a effectué une pré inscription dans une université française. Malheureusement, ses trois tentatives d’obtention d’un visa étudiant ont été infructueuses. Ne voulant pas s’inscrire dans une université publique camerounaise et après 2 années d’attente d’un visa, Pierre avait le choix entre l’Université Catholique d’Afrique Centrale et le campus numérique. Il a choisi le campus numérique car il n’a pas perdu l’espoir de s’expatrier. Pierre déclare qu’ après l’obtention de sa licence professionnelle en sciences de l’information documentaire , il s’inscrira en Master dans une université européenne .
La précarité de l’emploi des jeunes est l’une des autres causes de la quête d’un diplôme étranger.
- Marinette par exemple, a décidé de suivre une formation à distance à partir du campus numérique car elle a fait le constat selon lequel, les recruteurs sont plus favorables aux diplômés des universités étrangères.
Pour elle, un chercheur d’emploi diplômé d’une école ou université européenne, a plus de chance d’être recruté au Cameroun car les employeurs estiment qu’il est bien formé.
Alors pour augmenter ses chances d’insertion professionnelle et après avoir obtenu une Licence à l’université de Yaoundé I, elle s’est inscrite pour l’obtention d’un Master 1. Au campus numérique, elle a non seulement l’avantage d’étudier dans une université étrangère mais elle économise sur les coûts : pas de billet d’avion ni de tenue d’hiver à s’acheter, pas de loyer à payer.
Les étudiants qui ne disposent pas de connexion à internet à leur domicile ou dans leur lieu de service, ont la possibilité de suivre leurs cours au campus numérique au lieu d’aller dans les cybers cafés du quartier. Les tarifs d’accès à internet ici sont relativement bas: 4.000cfa par mois pour une navigation illimitée. L’on est quand même en droit de se demander comment ce type de formation peut contribuer à développer un pays comme le Cameroun. Suivre des cours à distance de pétrochimie ou des métiers de l’industrie minière par exemple, nous semble difficile. De plus qui accompagnera au quotidien l’étudiant dans les laboratoires ou dans les mines ?
La signature des conventions de partenariats avec les universités étrangères pour des cours à distance ne devrait pas empêcher les autorités de moderniser les universités publiques locales et d’y développer des formations pointues. Cela permettrait non seulement au Cameroun de se développer, mais aussi aux étudiants de toutes les classes sociales d’avoir accès à une éducation de qualité.
Quelques jeunes camerounais ont donné leurs points de vue sur la formation à distance: les avis sont partagés.


Commentaire par Nino le 6 décembre 2008:
« Sur le net,(…) on est sûr de la quintescence des leçons que les professeurs donnent» (à 2min 3sec)
Excellent
En tout cas, le « Faut pas oublier que nous sommes un pays pauvre, nous sommes en Afrique» montre que le catastrophisme africain est profondément ancré dans les subconscients.
Excellente vidéo A-M !
Commentaire par Etum le 8 décembre 2008:
J’aime bien ta conclusion.
Commentaire par Daoud Gnanguilo le 1 juin 2009:
j’ai bac plus trois en renie rural par conséquence je souhaite continuer en génie civil ou en agriculture filière irrigation,assainissement…