Par Jean Marc SOBOTH 13 décembre 2008 12 commentaires

Le Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC) a noté avec stupéfaction la déflagration judiciaire, le 02 décembre 2008, du cas de diffamation opposant le journal Aurore Plus et la Commercial Bank of Cameroon (CBC) du groupe Fotso, cible d’une série d’articles incendiaires dudit journal et de son directeur, Michel Michaut Moussala, depuis plusieurs mois.

Dans son édition du 28 novembre 2008, sous le titre « Secteur bancaire : La CBC en faillite » (en pages 6 et 7), le journal affirme:

  1. que cette banque à capitaux camerounais est, depuis le 27 novembre 2008, sous administration provisoire;
  2. qu’elle présente un solde cumulé de XAF 59 milliards [de francs Cfa] de créances compromises ;
  3. et qu’un certain Georges Djadjo, ancien responsable dans le groupe, a pris la fuite avec la somme de XAF un milliard deux cents millions puisés à la CBC.

Ces informations sont entièrement fausses et affabulatoires: elles sont démenties par la CBC et l’autorité sous-régionale, la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC), mais n’ont pas fait l’objet de rectification dans le journal, ainsi que l’instruit la déontologie.

Au contraire, dans son édition du 05 décembre 2008, le journal Aurore Plus, non content d’avoir asséné un coup de semonce sans précédent à la CBC – provoquant notamment des retraits de fonds inhabituels de la clientèle de cet établissement -, s’acharne sur le patron du groupe, Yves-Michel Fotso, qu’il qualifie de « banquier véreux », s’en prenant, du reste, à « Une meute de journaux payés contre Aurore Plus » pour avoir osé en rendre compte.

Dans la même édition et nonobstant un procès en diffamation intenté par le groupe, le journal, haineux, enjoint « Tout épargnant averti [à] retirer son argent sur le champ. Vous êtes des patriotes dignes, écrit-il. En fait, le moins qu’on puisse dire c’est que la COBAC est complaisante et a mis en péril les dépôts des clients ».

En rappelant sa position en faveur de la dépénalisation du délit de presse au Cameroun, le SNJC tient à condamner avec la dernière énergie cette déontologie du chantage permanent et de la malveillance qui n’est autre que du terrorisme médiatique et une revendication publique de la liberté de diffamer impunément autrui, même si cette pratique fait son lit, depuis une décennie, dans certains journaux qui en vivent.

Le SNJC dénonce cette déontologie du type « Si tu ne me donnes pas de l’argent, je te détruis ! ».

Cette déontologie qui dénie aux personnes supposées fortunées tout droit à la vérité est, toutefois, l’une des manifestations multiformes de l’indigence chronique des médias et des journalistes.

Pour éradiquer ces pratiques qui aliènent et entravent gravement le droit du public à l’information vérifiée, le SNJC invite les organisations des médias et le Gouvernement à s’investir dans une vraie politique de développement des médias et dans une infrastructure autorégulatrice légitime, capable d’assainir cette situation de déclin.

Le SNJC en appelle, enfin, aux capitaines de l’économie à l’investissement dans de vrais projets d’entreprises de médias capables, au travers d’emplois décents et respectables, d’empêcher à l’avenir ce type de dérives déshonorantes, condition sine qua non d’un professionnalisme de haut vol.

About

Jean Marc Soboth est journaliste, premier secrétaire national du SNJC (Syndicat National des Journalistes du Cameroun). Il est aussi Adviser (Reserve) du Comité Exécutif de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ)

  • manuel

    VOUS AVEZ RAISON VOUS DEVEZ COMBATTRE DES APPENTIS JOURNALISTES COMME CE MONSIEUR D’AURORE PLUS QUI A CHOISI DE PASSER SA VIE A COMBATTRE LES RESSORTISSANTS BAMILEKE. RAPPELER VOUS DE SA REACTION FACE AU DOCUMENTAIRE DE JEUNE AFRIQUE SUR LES BAMILEKES. JE CROIS QUE CE MONSIEUR A UN VERITABLE PROBLEME QU’IL DOIT METTRE A NU IL VEUT DIVISER CE PAYS, IL EST DANGEREUX.

  • http://www.wdecision.com jclaude

    Je pense pour ma part que lorqu’un journaliste écrit des choses completements fausses ou fait preuve de si grossière maladresse; il doit être serieusement puni.
    Amande, suspension provisoire ou définitive et même emprisonement selon ce que prévoit la loi.
    J’ai eu serieusement mal en voyant les titres de ce soit disant journal sur YM Fotso.
    Je suis persuadé que ce charlatant journaliste est peut être monté ou alors il a un problème mental. Un homme sensé ne peut pas agir ainsi.

  • http://www.ntr.com domissek

    Moussala est un anti bamileke primaire qu’on utilise pour casser les entreprises des bamilekes. Tout le monde connait ses relations avec Mebe Ngoo et la haine de ce dernier contre les Fotso. DEPUIS QUE FOTSO A DENONCE SES SURFACTURATIONS AU CABINET CIVIL C’EST GRAVE. IL A JURE SA PERTE. ET BIYA REGARDE SANS RIEN DIRE

  • Douala

    I am stun by such behavior of a fellow and more by the judicial branch of our government that does not enforce the law in our country.

    we only pray that nothing or no one ever put us asunder. let us continue to be united as one nation, and one people.

  • http://africa2point0.com Etum

    @Domissek,
    Il y’a des entreprises bamilikés au cameroun? ou alors des entreprises tout court.

  • Xavier E.

    Evitez de tribaliser les débats chers amis Bamilékés, je crois que ce n’est pas de cela qu’il est question, mais plutôt nous sommes en train de traiter d’un cas de présomption de violation de l’éthique journalistique. Si il est démontré de façon irréfutable que les propos de AURORE PLUS sont faux (ce qui n’est pas encore le cas), la CBC et ses administrateurs ont le droit de se défendre par la procédure judiciaire de leur choix, nous sommes dans un état de droit. Il ne sert à rien de s’agiter contre tel ou tel journal, les journalistes font leur métier qui est celui d’informer, et leur profession est encadrée par des textes qui prévoient des sanctions si le code de déontologie n’est pas respectée. Alors, laissons la justice faire son travail, évitez de transformer cette affaire en acharnement contre les Bamilékés, car de tels insinuations n’ont pas de place ici.

  • http://www.wdecision.com jclaude

    Je regrette encore pour Moussala, je me demande bien souvent ce qu’il Jveut. je pense que peut être il est en manque d’inspiration.
    La CBC est une entreprise privée, et sa gestion on s’en fout; qu’il journaliste cherche à faire de la dégradation d’une famille son travail préféré est une marque de bassesse.
    si même cette entreprise avait des problème, je ne pense pas que ce soit une première, ça arrive bien souent.
    Je propose à Monsieur Moussala de grandir un peu et de sortir du trou du charlatanisme.

  • Kamte

    Je ne serai pas surpris que derrière tout cela se cache les adversaires de Yves Michel dans les affaires des oiseaux: ALBATROSS, EPERVIER, etc…
    En fait, Le terrain politique est très dangereux, Yves Michel aurait dû rester dans le management, et ses ennuis ne font apparamment que commencer. Pour que ces affaires n’impactent pas le Groupe FOTSO tout entier (groupe qui doit être discrètement dans le colimateur de beaucoup de personnes haut placées), je conseillerai mûrement à Victor FOTSO d’éloigner Yves Michel des affaires du groupe, du moins jusqu’à ce que toutes ces affaires passent. Car la puissance de nuisance des gens qui lui en veulent est insoupçonnable et insoupçonnée. Le cas AURORE PLUS n’est que l’introduction de la dissertation.

  • toko

    Bonjour, je suis parfois indigné de lire des commentaires qui sont difficiles à un homme muni de tous ces sens de comprendre, la CBC est une entreprise privée, oui c’est vrai, est ce que cela empêche que l’on applique au sein de cette dernière des règles saines de gestion? je pense que non. Mais le debat ne se trouve même pas à ce niveau, il faut laisser la justice faire son travail, je pense que c’est pour cela la CBC à citer le journal aurore plus et son DP à comparaitre, ce n’est qu’après une instructions et un procès que la justice nous dira si la cbc a été victime de divulgation de fausses nouvelles et ces dirigeants diffamés.
    Alors arrêtons avec les debats debiles sur les bamiléké et autres…

  • http://www.snconseils.com SOHAING NEIM Sylvestre

    Etant donné que la CBC a déjà saisi la justice, il convient d’attendre la suite qui y sera reservée.
    Mais je tiens à souligner que Moussala est rompu dans ce jeu.
    La CBC ne fait que mettre de l’eau à son moulin.
    Pour combattre ce genre d’acte il faut faire le contre poids avec d’autres quotidiens (presses) et ignorer complètement Aurore Plus.
    je pense qu’une grande banque comme la CBC doit avoir un budget de communication, qu’elle en fase usage avec les concurents d’AURORE PLUS.
    Très Cordialement

  • cent76

    Voilà un exemple d’arnaque et de corruption mis à jour.
    Ce genre d’exemple est plus fréquent dans les millieux de la presse sportive. On ne les comptent plus ceux qui arpentent les couloirs des hôtels des lions pour des bachiches afin de les encencer dans les publications.
    De grace, que la presse au cameroun cesse d’être un pot pourri où se retrouvent un certains nombre de camerounais qui ont raté laur véritable vocation.
    Je rêve de voir la presse jouer son role de 4è pouvoir au cameroun.

  • Kamte

    Il ne faut cependant pas faire très tôt le procès de AURORE PLUS, car, bien que certains éléments cités dans le dit journal seront soumis à l’appréciation du juge pour confirmer si il y a eu diffamation, il y a d’autres éléments par contre déjà vérifiés qui peuvent donner lieu à des interrogations sur la santé de la CBC. Je citerai notamment des démissions massives de hauts cadres qui ont eu lieu quelques semaines avant la publication, l’alerte de la COBAC (Commission Bancaire d’Afrique Centrale) sur les participations de la CBC dans des montages financiers de la SFA (toujours du Groupe Fotso) qui ont affecté la situation financière des deux établissements. Peut être qu’il n’y a pas faillite, mais il y a quand même problème. C’est la raison pour laquelle le procès permettra d’y voir plus claire.

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