Mugabe, Tsvangirai et le choléra au Zimbabwé
En raison de l’épidémie de choléra qui sévit actuellement au Zimbabwe et de l’échec momentanée des négociations menées par Thabo Mbeki et la SADC, la crise politique connaît de nouveaux rebondissements. Les péripéties de l’heure laissent même penser que la situation serait entrain d’évoluer vers son dénouement.
Que ce soit par les Etats Unis, l’Angleterre, la France, l’Union Européenne, le club des Anciens (Koffi Annan, Jimmy Carter, Nelson Mandela, etc.), ou encore le Premier Ministre kenyan Raïla Odinga, les réactions contre le régime du Président Mugabe fusent de presque partout. Pour certains la solution passerait par le renfort des sanctions à l’égard des dirigeants du régime, quand ce ne sont pas des pressions diplomatiques diverses,ou encore des exigences de démission à l’endroit de Mugabe. Plus singulière encore est la position avant gardiste de l’Archevêque sud-africain Desmond Tutu, qui prône carrément le recours à la force,laquelle démarche ne manquerait pas à coup sûr des adhérents.
Mais, malgré tout,l’on reste en droit de faire une autre lecture bien différente de la situation,compte tenu du manque assez évident d’objectivité dont les principaux intervenants font preuve dans leurs analyses. Presque unanimement,l’on trouve que c’est Mugabe qui fait obstacle à l’avancée du processus politique au Zimbabwe. Peut-être ont-ils raison.
A Mugabe, l’on lui reproche surtout d’être au pouvoir depuis environ trente ans et de s’ y accrocher,de ne pas ratifier le dossier devant permettre un amendement constitutionnel,de ne pouvoir maitriser l’épidémie de choléra, et d’avoir commis bien d’autres exactions politiques.
Pour certains, Mugabe est un anti-occidental, ce qui est un excès et certainement une fausseté. Pour d’autres c’est un anti – impérialiste,terme encore tolérable, malgré son caractère péjoratif. En fait, l’homme est plutôt un panafricaniste,terme qui prend alors une connotation positive, surtout si le regard est celui non pas d’un Africain,mais d’un Africain averti. Au delà de Mugabe et Tsvangirai, le problème zimbabwéen on le sait, est assez fondamentalement celui de la lutte entre le panafricanisme et l’impérialisme.
Mugabe apparaît comme le faible à qui on reproche un « manque d’humilité » parce qu’il se défend bec et ongle contre la domination du fort.Son vis-à-vis, lui, apparaît comme le bras séculier de l’impérialisme, un peu comme Jacob Zuma le serait face à Thabo Mbeki.
Par ailleurs, pendant que des impérialistes (pas les Blancs forcément,car certains d’entre eux aiment bien l’Afrique et les Africains) lui reprochent de s’éterniser au pouvoir depuis une trentaine d’années, des Africains devraient peut-être le féliciter de combattre l’impérialisme depuis tout ce temps. Le regard de tout un chacun dépend alors de son degré de conscience face aux problèmes africains, de son appartenance idéologique (panafricanisme ou impérialisme) ,ou encore de ses intérêts vis-à-vis de l’occident riche.
Contrairement à la grande masse des Africains qui comme d’habitude ne le comprendrons que bien plus tard (comme ce fût le cas du Président Laurent Gbagbo de côte d’ivoire),certains observateurs africains suffisamment élevés,perçoivent véritablement les enjeux, même si l’autorité des pays riches s’impose souvent à leurs points de vue propres de pauvres. Il faut donc se souvenir, même par moment, que le Président Mugabe, malgré ses imperfections naturelles, défend une cause noble aux yeux de l’Eternel: la discrimination positive, par la force,malgré lui. Dans cette lutte presque en solitaire,on a envie de prier pour lui « Please, help him God« .
Faudrait-il qu’il « tombe» comme Murtala Mohamed, Thomas Sankara, ou Patrice Lumumba, et autres, pour que l’on érige alors un grand monument ou une fondation en sa mémoire,ou bien faut-il le soutenir présentement? De toute façon,l’homme serait une incarnation reconnue de Samory Touré ou d’un certain Behanzin.
Et s’agissant de l’épidémie du choléra en particulier,et de la souffrance du peuple en général,qui saurait vraiment dire si l’aggravation est à mettre à l’actif de « l’entêtement» de Mugabe à rester au pouvoir, ou alors s’il ne faudrait pas plutôt mettre cela au compte du refus préalable de la communauté internationale d’injecter de l’argent au Zimbabwe.
Quant au problème de l’amendement constitutionnel, Tsvangirai devrait peut-être donner des garanties sûrs et sans tabou, que la minorité blanche (environ trois pour cent ) ne reviendrait pas contrôler à nouveau les 75% des terres cultivables,au détriment des Noirs,comme ce fut le cas avant la fameuse reforme agraire.La minorité blanche à obligation de verser suffisamment d’eau dans son vin,afin d’encourager fortement le redéploiement des négociations.
D’une solution possible au conflit
Actuellement, l’on semble tous dans un état d’excitation général contre le Président Mugabe, alors que la négociation devrait néanmoins reprendre le dessus.Ci-dessous évoquées quelques grandes lignes d’une possible sortie de crise:
- Que l’idée d’un amendement constitutionnel intègre davantage la nécessité d’une meilleure intégration des Noirs,de manière concrète et dans tous les secteurs d’activité.
- Que Morgane Tsvangirai signe éventuellement des engagements fermes dans ce sens.
- Que la Grande Bretagne ou les Etats-Unis accorde volontiers un exil paisible,sans poursuite judiciaire, et avec libération des avoirs gelés, à Mugabe et quelques proches.Ne faudrait-il pas des concessions de part et d’autre,si l’on souhaite une solution pacifique?
- Que Mugabe démissionne enfin,avec la totale certitude délivrée par la Cours Internationale de la Justice (C.I.J.) de la Haye,qu’il ne sera jamais poursuivi de la manière de Charles Taylor.
Proposition grotesque,molle, judicieuse ou digne d’intérêt, à chacun d’apprécier.


Commentaire par Maxboys le 3 janvier 2009:
Thanks pour cette analyse.
Je crois qu’il est profondément temps qu’on se rende compte des enjeux qui sont mis à l’épreuve au Zimbabwé.
C’est très facile de mettre le pays sous embargo et de dire par la suite que Mugabé n’arrive pas à faire face aux problèmes courants de la vie des zimbabwéens.
Personne ne se demande d’abord pourquoi est-ce le pays est sous embargo et tout le monde fonce tête baissée dans le canal proprement tracé par les Occidentaux.
Je dois rappeler que ce manège est une technique employée depuis l’esclavage en passant par la colonisation pour l’Ouest en Afrique.
Rappeler vous les batailles de colonisation, le Roi Hamadou refusa de s’allier avec Samory Touré qui lui demandait son aide pour se defendre contre les britanniques et les Français. Mais quand Samory Tomba, il fut contraint d’aller s’exiler à Sékoto près de son beau-père au Nigéria, car les Anglais marchaient vers sa capitale. Et toutes nos batailles ont été perdu à cause de la trahison et du maque de solidarité entre nous.
Aujourd’hui nous sommes face à une situation identique, nous préférons livrer notre frère pour être exécuter par un étranger. Or tous les pays d’Afrique ont exactement le même problème que le Zimbabwé: la gestion libre de notre patrimoine national.
Je rappelle à ceux qui le savent pas que même au Cameroun il ya des zones françaises sur lequel le Cameroun a perdu tous ses droits (concessions héritées de des clauses d’indépendance, etc.)
Et actuellement, le Zimbabwé est les prémices d’une longue liste de pays qui rêvent depuis longtemps de se réapproprier leur patrimoine. Tous ces pays de l’Afrique australe ont ce problème de « fermiers blancs» , tous suivent donc avec attention le dénouement de l’histoire au Zimbabwé. Et tous les pays Africains assistent comme à un spectable pour voir comment l’Occident réagi dans ces cas là. L’Occiedent aussi met un point d’honneur pour que la tentative de Mugabé soit un échec cuisant et de donner un signal fort à toutes autres véillités futures des autres dirigéants.
Et nous nous retrouvons dans les mêmes situations, où tout le monde entier avait causionné l’invasion de l’Afganistan par les Américains avant de rendre compte que c’était du Bluff, la première guerre du Golf avant se rendre compte que c’était la guerre du pétrole. Aujourd’hui nous sommes tous enclain à demander à l’Occident de mettre à mort de nos dirigéants qui cherche à protéger nos intérêts comme la cause pour laquelle il se battait nous était étrangère, comme si nous n’étions pas concernés. Soyons tranquilles, notre tour viendra. Alors nous allons perpétrer ce qu’on fait nos pères pendant l’esclavage, pendant les conquêtes de colonisation et pendant la décolonisation : Nous allons encore nous trahir entre nous et faire le jeu de l’Ouest. Souvenez-vous que un ancien soldat de Rabah qui le décapita lors de la bataille de Fort-Lamy et qui accrocha sa tête à une fourche. Qu’est-ce qu’il en a gagné, une reconnaissance occidentale (sûr qu’on lui a donné un peu de pacotille), nous connaissons bien l’histoire du « vieux nègre et la médaille» . Nous savons bien qui livra Douala Manga Bell, Martin Paul Samba et les autres à l’autorité allemande. Continuons comme ça, après nous dirons que nous sommes une nouvelle génération avec de nouvelles idées: ce n’est pas une question des temps, c’est une question des peuples.
Car comment comprendre que jusqu’aujourd’hui, nous ne mesurons pas toujours où est le bien de nos peuples. Qui de nous peut livrer sa petite soeur ou son petit frère à un voision pour être exécuter qoui qu’il est fait ? Ne le défendrons-nous pas devant les autres, pour aller le reprimander à la maison s’il est en tort ? Mais c’est le contraire que nous pratiquons maintenant.
Et je vais revenir sur ce problème de choléra. Pourquoi le départ de Mugabé est-il l’antidote du cholera? Et on s’en sert délibèrement pour vouloir le faire partir du pouvoir. Son opposant a-t-il dans ses malettes la solution au problème du Choléra? Et s’il l’a pourquoi ne sauve-t-il pas son peuple maintenant? C’est pourquoi face à ces questions, il apparaît assez claire que ce choléra est une arme bien maîtrisée, des fleuves entiers seraient atteints si bien qu’en Afrique du Sud il suffit de boire juste l’eau de ces fleuves pour être atteint. Nous qui avons connu le cholera, dites-nous si c’est dans une propagation aussi vaste que ça se passe ? C’est pourquoi j’ai évoqué antérieurement que c’est paut-être une « GUERRE BIOLOGIQUE» qui se passait au Zimbabwé.
Commentaire par Maxboys le 3 janvier 2009:
Mon avis sur la question.
Tous les dirigéants africains, touts les tendances de la société civile africaine doivent soutenir Mugabé pour qu’il puisse mener à bien la retrocession des terres aux Zimbabwéens.Nous ne parlons pas ici de soutien verbal, mais d’envoi d’équipes sur place pour l’aider.
Même au niveau de la redistribution des terres et de la plannification pour la relance des activités agraires dans les fermes, car nous pouvons aujourd’hui prendre le Zimbabwé comme un laboratoire. En le soutenant pour redistribuer et relancer son pays, nous aurons tous l’expertise nécessaire pour mener à bien ces reformes dans nos pays respectifs.
Commentaire par DJILA le 11 janvier 2009:
http://www.africamaat.com/Affaire-Mubage-L-
origine
les origines du cholera au zimba
Aussi je reviens du zimba nous acvions essayez de mettre en place de l’eau portable mais comme nous sommes une petites ong basé en afrique de l’ouest alors je demande à la diaspora de se rendre en masse au zimba.
nous ceux de l’afrique francophone aimons beaucoup les discours si nous mettons ensemble nous y arriverons
et petit a petit nous prendrons ainsi petit a petit nos terre occupez.
merci à vous
Commentaire par Francis Schmit le 12 janvier 2009:
Vous êtes un peu en retard: les entrepreneurs agricoles « blancs» ont été expropriés et expulsés, les milices du Parti ont occupé les fermes. Ce qu’on oublie, c’est que ces 3% de la population étaient des employeurs, des managers, des contribuables et payeurs d>’impôts, des exportateurs ! Il aurait suffi de leur octroyer la nationalité zimbabwéenne, et le tour étaitt joué, ensuite organise une réforme agraire comme en Namibie où les terres non exploitées « appartenant» à des entreprises auraient été distribuées à des coopératives d’autochtones, avec prêt des tracceurs et autres machines par l’entrepreneur. Cela se fait par voie syndicalede négociation, par voie syndicale, et non pas par des discours démagogiques ou un idéologue fou comme Pol Pot ou adolf l’autre. L’évolution marche, difficilement, en Namibie et en Afrique du Sud, mais elle marche. De toute manière, le Moçambique profitera du savoir faire et des capitaux des fermiers « blancs» .
Vous avez lu quand le sieur Mugabé a crié: « Le Zimbabwé m’appartient» : donc il est propriétaire du Zimbabwé et les citoyens sont ses esclaves. Toutes les belles idéologies exprimées ici, ces rancunes qui camouflent mal des frustrations et des échecs personnels, eh ben les habitants de bulawayo où les excréments débordent maintenant des canalisations, s’en feraient des bigoudis. Bertold Brecht l’a bien dit: « D’abord la bouffe, la morale plus tard.» Le 30 novembre, la municipalité de Harare a dû interrompre la distribution d’eau, faute de produits chimiques. Ils manquent de papier hygiénique, de savon. Et dites vous bien que l’embargo ne porte pas sur le papier Q ni sur le savon, ni sur le mais et la farine que la communauté internationale doit envoyer.
Pour le commentaire ci-devant: Rudolf Manga Bell, n’a pas été livré par les siens. En tant que sujet allemand et chef traditionnel reconnu (mais méprisé) par le gouvernorat allemand, il s’était rendu à Berlin pour protester contre le délogement de son peuple des rives du Wouri à trois km de là, à New Bell justement. Mais avec cet empereur mégalomane et une diète centriste, Manga Bell n’a eu que le support des Socialistes (les communistes en termes d’aujourd’hui), une minorité parlementaire qui a toujours dénoncé les scandales coloniaux. C’était le faux choix.
Sur le vapeur qui le ramenait à Douala, en compagnie de son secrétaire Ngosso Din, il y avait aussi le gouverneur. Arrivés dans les eaux territoriales camerounaises, Ebermaier a fait mettre les deux représentants aux fers. Il y eut en ce début de guerre une accusation de connivence avec la marine britannique, de haute trahison qui frappait à l’époque, très légalement, de la peine de morts les sujets et les citoyens allemands. (A la même époque, en 1917, 500 soldats français ont été condamnés à mort pour lâcheté devant l’ennemi et désertion, et 80 furent effectivement fusillés par leurs camarades, c’était l’époque. Nous ne pouvons changer que l’avenir)
La communauté coloniale de la place, la Chambre de commerce et le Pasteur de l’Église évangélique de Duala, sont intervenus avec instistanc eauprès du Gouverneur pour faire commuer la condamnation de Manga Bell et de Ngosso Din, en signalant le danger de cette erreur judiciaire. Impossible de changer l’esprit de ce militariste burocrate. On connaît la suite, l’assassinat juridique des deux représentants. ET la réaction juste du peuple Douala qui a montré aux aviso britanniques les passages dans le wouri où l’administration avaient fait couler des bateaux´pour obstruer le chenal.
Il ne faut pas en faire de la polémique, c’est une affaire des historiens. Malheureusement, le Pr Adalbert Owona n’est plus pour bien analyser les minutes de ce procès inique. Mais légal, en accord avec les lois de l’époque. Rappelons si les Duala étaient sujets et pas citoyens allemands, les femmes allemandes n’avaient pas le droit de vote non plus.
donc, les faits, sans ire et sans zèle. Les idéologies : pour les bigoudis.
Commentaire par Maxboys le 13 janvier 2009:
C’est le sultan Njoya qui a livrer Manga Bell aux allemands. « Les faits sans ire et sans zèle» .
J’espère que tu verra jusqu’où nous sommes capables d’aller pour détruire nos frères au profit du toubab.
« Les Allemands sont mes pères, et lui[gouverveur allemand de l'époque] est comme mon frère, comment dès lors pourrais-je entrer en guerre contre eux?» : Parole du Sultan alors que Manga Bell lui demandait de s’unir pour chasser le colon.
Allez y vous-mêmes, c’est ici:
http://www.bonaberi.com/article.php?aid=2521
http://www.peuplesawa.com/fr/bnnews.php?nid=844&kat=3&vip=1386&sites=0
Commentaire par Maxboys le 14 janvier 2009:
Je veux féliciter DJILA pour son travail. C’est en soutenant ce pays que nous pourrons espérer être nous mêmes souverains dans la gestion de nos ressources. Comme je l’ai déjà dit, c’est en étant solidaire qu’on s’en sortira.
Pour ceux qui veulent avoir une idée des origines réelles de ce choléra, veuillez suivre le lien http://www.africamaat.com/spip.php?page=comment&id_article=1208
En fait c’est le lien de DJILA un peu rectifié qui nous parle d’une vieille technique, la GUERRE BIOLOGIQUE.
DJILA, en tant qu’ONG, je te propose de trouver un canal par lequel tout africain voulant donner une contribution( si modeste soit elle) pour aider le Zimbabwé pourrait le faire. Je t’encourage une fois de plus dans ton action.