La Plateforme des acteurs non étatiques d’Afrique centrale (PANEAC) vient d’exprimer ses vives inquiétudes, quant à l’évolution du processus de négociation des accords de partenariat économique (APE) entre l’Afrique centrale et l’Union européenne (UE).
Dans une déclaration publiée samedi, elle accuse l’UE de vouloir bloquer les négociations au niveau des experts afin de recourir aux instances politiques.
Son but est d’imposer un dictat en maintenant une position dénuée de tout fondement sur la question du taux de libéralisation et d’opérer un revirement inquiétant sur les questions de développement.
Pour la Plateforme, l’UE manque aussi de flexibilité dans son approche de la négociation, utilisant des méthodes paternalistes et humiliantes pour imposer ses vues.
Elle veut en outre maintenir l’Afrique centrale en position de dépendance et utilise, selon la Plateforme, des stratagèmes pour désintégrer la sous-région en ignorant la spécificité de la zone.
L’UE, ajoute le Plateforme, viole les dispositions de l’Accord de Cotonou, qui recommandent aux régions de choisir librement les axes prioritaires de leur développement.
La PANEAC estime que les instances politiques d’Afrique centrale ne prennent pas suffisamment la mesure des enjeux en cause dans la négociation et la signature des APE.
Ces instances manquent de responsabilité en adoptant des positions préjudiciables aux intérêts légitimes de la sous-région, ne sont pas suffisamment déterminées dans la préservation des intérêts de la région.
Elle dénonce également «le manque de solidarité pour des intérêts nationaux partisans au risque de mettre en péril les maigres acquis de l’intégration régionale, notamment les instruments fiscaux et douaniers communs et le rapprochement des peuples».
Quant aux chefs des institutions d’intégration, la PANEAC affirme qu’ils entretiennent des situations conflictuelles, adoptent des positions ambigües, font preuve de défaitisme dans l’approche des négociations et manquent de confiance en affichant un complexe d’infériorité vis-à-vis de la partie européenne.
Cette réaction intervient au lendemain d’un nouveau round de négociations, tenu à Libreville au Gabon du 3 au 6 février dernier et destiné à faire le bilan des 12 derniers mois de négociations, mais également à intégrer les questions de développement dans le texte des APE.
On rappelle que dans la sous-région Afrique centrale, le Cameroun a récemment signé des APE d’étape bilatéraux avec l’UE, toute chose qui, selon la Plateforme, traduit une atteinte à la dynamique d’intégration régionale.
Pour la PANEAC, ceci est la résultante des «méthodes utilisées (intimidation, recours aux pressions sur les instances politiques, etc) par la partie européenne», qui font douter de sa volonté «de rétablir la confiance» avec l’Afrique centrale et portent préjudice à la pérennité des futurs accords.
