L’ordre vient d’en haut. Du délégué du gouvernement, Tsimi Evouna. Il est entériné par la mairie de Yaoundé IV dont dépend « Bonamoussadi ». C’est pourquoi, les propriétaires de magasins et échoppes se livrent depuis quelques jours à la destruction de leurs bâtiments qui étaient tout près de la route. Ce qui encombre énormément la circulation qui n’était pas déjà aisée pour les automobilistes et pour les piétons à la fois.

Tout au long du trottoir, des pans de mur, du béton écrasé, des tôles et des planches jonchent le sol. Il faut aller vite pour éviter qu’on vous casse en premier.
En effet, l’équipe de la mairie est passée, il y a plus de deux semaines, marquer les domaines à disparaître. Seulement, les réticences ont subsisté jusqu’à ce que le premier engin de la mairie vienne remettre les choses en ordre.
Actuellement, ce sont les propriétaires eux-mêmes qui se livrent à la démolition.

Ils ont ainsi la joie de récupérer tôles et autres matériaux encore utilisables. Wéah est propriétaire d’une quincaillerie. Il s’est plié à la décision. Et depuis lundi, les ouvriers sont à pied d’œuvre pour reconstruire ses bâtiments à plus de 5 mètres de la route comme le prévoit la loi. Selon lui, « les pertes sont énormes quand on se laisse détruire. Et puis, cette injonction vient à point nommé. La démolition permettra de construire les chaussées qui n’existent pas ici à « Bonamoussadi » . Et cela va éviter de nombreux accidents et décongestionner le trottoir sur lequel le stationnement était anarchique ».

Un peu plus bas, la décision ne fait pas l’unanimité. Les vendeurs de tapis, matelas et autres bibelots n’ont pas reculé d’un pouce. Ils pensent qu’ils ne sont pas obligés de le faire puisque « nous sommes placés après le poteau électrique », déclare Tommy. Il ajoute que cet ordre est « une exagération. Car la route nous a trouvé. Et puis la mairie nous demande de payer des impôts pour l’occupation de la voie publique quand le délégué demande de reculer. Il faut que l’ordre soit uniforme ».
Uniforme, l’ordre l’est. Car, selon un responsable à la mairie, « quand on occupe la voie publique, il faut le faire à plus de 5 mètres de la chaussée et payer les impôts y afférent. La loi, c’est la loi ». En attendant donc la construction de la chaussée, certains vendeurs vivent dans la tourmente du manque à gagner. Car, pour certains, leurs échoppes étaient leur seul gagne pain.

