Le SNJC remet à sa place le procureur général de la cour suprême, Rissouk à Moulong
Le Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC) reste préoccupé par la diatribe prononcée le 26 février 2009 à Yaoundé contre « les gens des médias » par le Procureur général de la Cour suprême, Rissouk à Moulong, à l’occasion de la cérémonie solennelle de rentrée de ladite juridiction.Le magistrat a violemment stigmatisé ce qu’il a qualifié d’entraves des médias dans les procédures judiciaires relatives à l’opération Main propre en cours (entre autres), en l’occurrence les violations du secret de l’information judiciaire et de l’enquête préliminaire prévues aux articles 9, 102 et 154 du code de procédure pénale.
Pour dissuader la presse à couvrir les affaires en cours, le magistrat de la Cour suprême a également invoqué l’article 9 du Code de déontologie du journalisme rendu public par le Gouvernement le 24 septembre 1992, qui dispose (alinéa 1) que « Le journaliste doit éviter toute publication d’informations diffamatoires, calomnieuse, injurieuse, offensantes ou insinuantes ».
En rappelant que le journaliste n’est, pour l’essentiel, tenu que par la véracité des faits qu’il publie – avec les corollaires du respect de la vie privée, les bonnes mœurs, etc. -, le SNJC tient à dénoncer la manipulation dont la presse entière fait, ainsi, l’objet ces derniers mois dans divers corps de l’Etat qui lui assènent, désormais quotidiennement, des principes « journalistiques » n’ayant rien à voir avec le journalisme.
Le Procureur Rissouk à Moulong a, sélectivement, excipé dans son réquisitoire l’article 9 du Code de déontologie rendu exécutoire par le Premier ministre Simon Achidi Achu (par décret n°92/313 du 24 septembre 1992), en omettant malicieusement l’article 8 alinéa 1 du même Code, qui reconnaît au journaliste la capacité à couvrir les procès et tous faits relatifs aux enquêtes préliminaires ; en voici l’économie : « Le journaliste doit, dans la plus grande impartialité, porter à la connaissance du public tous les faits, indices ou témoignages se rapportant à une enquête ouverte ou à un procès en cours ».
Le SNJC rappelle du reste que les articles 102 et 154 du nouveau code de procédure pénale, évoqués dans le réquisitoire du secret dans l’enquête préliminaire et l’information judiciaire, excluent le travail de la presse ; lesdites dispositions spécifient en leurs alinéas 2 les maillons judiciaires à qui s’impose le secret : « Toute personne qui concourt à la procédure (…) » (article 102) et « Toute personne qui concourt à l’information (…) (article 154) ».
La presse n’est, en conséquence, pas concernée par le secret judiciaire, n’étant ni auxiliaire du parquet, ni actrice de la procédure administrative subséquente. En sa qualité de connaisseur de la déontologie « journalistique », M. Rissouk à Moulong doit, en fait, se souvenir que « le journaliste n’accepte, en matière d’honneur professionnel, que la juridiction de ses pairs, à l’exclusion de toute ingérence gouvernementale ou autre » (cf. Charte de Munich).
Le SNJC encourage, toutefois, les autorités judiciaires à mettre en œuvre les dispositions révolutionnaires du code de procédure pénale (article 154 alinéa 3 et 4) qui recommandent au juge d’instruction, aux fins de « manifestation de la vérité », d’« effectuer publiquement certaines de ses diligences ou faire donner par le procureur de la République des communiqués sur certains faits portés à sa connaissance ».


Commentaire par mbokolo le 16 mars 2009:
Voilà une riposte à la hauteur de ce que je considére comme un affront à la corporation des journalistes. Car dans notre beau pays le Cameroun, l’on croit que pour peu que l’on soit dans l’administration, du côté du pouvoir du moins, on a la science infuse. De ce fait on peut s’imixer dans le domaine de compétence des autres et leurs faire la morale sans prendre le temps d’éclairer l’opinion et surtout de rester impartial et bon intellectuel.
et puis quand u jour on se retrouve de l’autre côté par la force des choses on veut faire le procès du système qu’on a si bien entretenu et ce en prenant à temoin l’opinion que l’on n’a guère considéré quand on etait aux affaires (suivez mon regard… avec les affairres eperviers).
Du courage M. Sobot
Commentaire par Marcial BASOGUY le 1 avril 2009:
enfin on commence par assister à ce que j’appelle une réponse à violence incidueuse de certaines personnes qui pensent pouvoir contrôler tout même ce que les gens pensent dans leurs têtes. les journalistes doivent comprendre – en dehors de ceux des organes gouvernementaux- qu’il n’ont aucune obligation morale de la part du gouvernement ou de ce que l’on appelle abusivement le 3ème pourvoir dans ce pays. je pense qu’il ont un dehors c’est d’informer les populations. je pense aussi qu’un magistrat n’est pas là pour donner des leçons à la presse mais de rendre le droit et à ce niveau je crois que l’apport de la presse est importante car elle entre parfois où les juges semble trop gras (rappelez le Washniton Post et le Watergate).
et par cette réaction,nous commençons à voir à quoi sert la SNJC. Chapeau.