Le géant pharmaceutique américain Pfizer, qui a tué au moins 11 enfants dans le nord du Nigeria avec des tests médicaux mortels, a accepté de verser 75 millions de dollars de compensations aux autorités locales.
« Pfizer est d’accord pour payer la somme de 75 millions de dollars en compensation et le gouvernement de l’Etat de Kano a accepté son offre« , a-t-on indiqué à l’AFP sous couvert d’anonymat.
« 35 millions de dollars iront aux victimes, 30 millions seront utilisés pour la reconstruction de l’Hôpital des maladies infectieuses où les tests du médicament avaient été conduits« , a-t-il ajouté.
Le reste (10 millions) paiera les frais de justice engagés par l’Etat de Kano, qui avait porté plainte au civil et au pénal contre Pfizer en 2006.
Il accusait le groupe américain de tests illégaux d’un médicament contre la méningite, appelé Trovan, sur 200 enfants en avril 1996 lors d’une triple épidémie de méningite, de rougeole et de choléra.
Ce test aurait entraîné la mort d’au moins onze d’entre eux et des dommages physiques à 189 autres, dont la cécité, la surdité, des dommages cérébraux et des paralysies.
Pfizer fait l’objet d’un autre procès pour la même affaire, intenté cette fois par le gouvernement fédéral nigérian qui réclame 6,5 milliards de dollars.
Cette histoire n’est pas sans rappeler les tests de médicaments contre le SIDA qui étaient faits sur des prostitués camerounaises, au mépris de toute loi, et de toute forme de morale, avec la complicité du ministre de la santé de l’époque, qui s’il n’était pas impliqué, était au moins responsable en tant que ministre.
Les 11 enfants morts ne sont probablement que la face immergée de l’iceberg, les 189 autres qui sont devenus sourds, aveugles ou paralysés sont aussi des dommages collatéraux des politiques des entreprises occidentales en Afrique.
L’Afrique reste pour ces entreprises une grande zone peuplée de cobayes pour toute sorte de tests illégaux, avec la bénédiction de fonctionnaires locaux ventrus et corrompus.
Libéria, Congo, Rwanda, Tchad, un jour ou l’autre, des nouvelles horribles sur les dessous de la présence occidentale et chinoise en Afrique feront surface, avec horreur.
