Le président sénégalais Abdoulaye WADE a accordé une audience aux journalistes correspondants régionaux de Tambacounda, en marge de sa tournée économique, pour annoncer sa décision de dépénaliser les délits de presse. « Il n’y aura plus de prison pour le journaliste », a-t-il laissé entendre.
Le président Laurent GBAGBO avait déjà suivi cette voie en disant aussi que plus jamais un journaliste ivoirien n’irait en prison pour ses écrits dans le cadre de sa profession. Et aujourd’hui, il n’y a pas de journaliste ivoirien en prison à notre connaissance.
WADE a fait part de sa décision d’annoncer au prochain Conseil des ministres la dépénalisation du délit de presse. « Je pense que tout ceci peut constituer un progrès pour la démocratie », a-t-il confié aux correspondants régionaux. Et d’ajouter : « Je ne veux plus qu’il y ait une épée de Damoclès au-dessus des journalistes ». Me Wade a rappelé qu’il y a des pays où le simple délit de presse peut coûter la vie à un journaliste. Peut-être parlait-il du Cameroun?
« Je voudrais que la démocratie sénégalaise fasse un pas de plus. Nous avons toujours donné l’exemple malgré les déformations et les exagérations. Je crois que la meilleure façon d’aider la presse, c’est de libérer le journaliste de toute contrainte ou de menace », a-t-il dit.
Rappelons qu’au Cameroun, le directeur de publication du journal « La Detente Libre» Lewis MEDJO a été condamné à 3 ans de prison pour « propagation de fausses nouvelles» (un peu comme si tous les journalistes qui ont prédit que le Cameroun battrait le Togo à Accra se retrouvent en prison pour « propagation de fausses nouvelles» )
Trois autres directeurs de publication de journaux sont en prison à Yaoundé: Michel MOMBIO de L’Ouest républicain (bimestriel), Armand ONDOA du Régional (hebdomadaire) et Flash Zacharie NDIOMO du Zénith (hebdomadaire).
Tout ceci est bien triste pour la démocratie. Les autres pays d’Afrique essaient de renforcer leur démocratie à grande vitesse, le Cameroun, lui stagne, voire régresse.
