A propos de l'auteur Ernest PRISO EBOA

Ernest Eboa Priso, c'est a la fois économiste, conseiller d'orientation, enseignant d'informatique et planificateur de l'éducation. Il évolue dans le monde de l'éducation.

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Education de base au Cameroun: l’orientation au service de la carte scolaire

L’orientation, qu’elle soit scolaire, universitaire ou professionnelle, interpelle la Jeunesse et le Pourvoir Public. Cette pratique donne l’occasion aux élèves, étudiants, professionnels et autres Gouvernants, de s’interroger sur leur avenir. Ainsi, tout porte à croire que décider, donc s’orienter devient déterminant et angoissant. Mais c’est un leurre car à l’observation, dans nos Ecoles, Lycées, Campus et Entreprise, la recherche de l’adéquation formation/ emploi ne semble pas être une priorité; pourtant en soutien à l’Administration et à la Pédagogie l’Orientation
apparaît comme un pratique salutaire au service de la micro- planification.

  • Ai-je choisi le bon emplacement pour l’école et les bonnes filières de spécialisation pour ma région?
  • Suis-je fais pour cette série qui me prédispose à tel métier ?

Gouvernants comme écoliers, Ils sont nombreux à se poser ces questions à un moment de leur cursus. Mais bien qu’ils en parlent très souvent, peu de Décideurs, d’élèves ou d’étudiants se réfèrent aux Conseillers d’Orientation pour planifier leur projet. En raison des pratiques peu orthodoxes en vigueur dans nos mairies lycées, campus et milieux professionnels beaucoup n’y pensent pas.

Des Conseillers utilisés dans de confusion…
Avec le régime de déclaration adopté pour la création des établissements scolaires et la liberté d’accès aux études demeurée un principe inaliénable dans le système éducatif camerounais, la prolifération des offres de formation a rendu le besoin d’information indispensable. Y répondant, les Pouvoirs Publics ont mis sur pied des stratégies de proximité de nature à vulgariser la pratique de l’orientation notamment en affectant les Conseillers, dès 1993, dans les établissements de formation.

Aujourd’hui les missions du Conseiller relèvent de l’Orientation – Conseil, une pratique éducative continue centrée sur l’apprenant et le système. Ainsi, il lui revient d’éduquer à l’orientation; de faire de son public –cible, un consommateur avisé de l’Ecole. Mais il nous a été donné de constater que la mise en œuvre de cette pratique est en bute à des obstacles liés aux confusions de rôle.
Si dans l’enseignement primaire, l’on parle déjà de l’Orientation aux instituteurs et la carte scolaire continuellement mise à jour sous l’impulsion du Ministre HAMAN ADAMA – qui a booster la cellule de la planification en diligentant la mise en œuvre des projets Banque Mondiale & C2D – il en va autrement des autres niveaux de l’Education.

Dans le secondaire, les Conseillers sont souvent sevrés de leur tâche au profit de l’enseignement; bien plus, proviseurs et autres chefs d’établissements, se mêlent grossièrement de l’orientation et contestent régulièrement leur avis technique, lors des conseils de classes d’une rapidité apodictique. Ne leur parler pas de carte scolaire … ce machin!

Dans le supérieur, l’action du Conseiller se limite encore à la canalisation des flux d’étudiants; malgré les salons et autres forums, le laisser – faire qui reste de règle, désempare les bacheliers. La reforme universitaire de 1993 salutaire, a aussi complexifié l’orientation: les étudiants sont plus de 150.000 à l’assaut des campus !

L’étudiant paye désormais pour la Fac, le DUT ou le BTS de sa préférence. Mais seulement, il est obligé de choisir parmi plus de 73 Instituts Supérieurs qui parlent toutes des filières de professionnalisation et qui sont implantés au hasard des infrastructures construites ici et là.

En l’absence de carte scolaire prospective, aucune stratégie censée faire un diagnostique ou créer une masse critique dans un domaine précis n’est mise en œuvre. Un numerus clausus imposé de fait par les capacités d’accueil des Grandes Ecoles régule la demande universitaire.

  • Dans les Entreprises, les DRH en font cas l’instant de la publication d’une manifestation d’intérêt à un poste.
  • Dans les familles, le mode opératoire des parents est tributaire de leur situation socio-économique: les pauvres, ont tendance à abandonner leurs enfants à la porte de l’école; les nantis s’immiscent autoritairement dans les décisions d’orientation de leur progéniture s’ils ne créaient pas Ecoles ou Collèges ici et là le temps d’une campagne électorale et font peu cas de la carte scolaire.

L’urgence de s’approprier la Carte Scolaire Parce qu’elle peut contribuer à réguler efficacement la demande scolaire et garantir l’équité, la Carte Scolaire apparaît comme un instrument de d’orientation et de décision.

La décision d’orientation, qu’elle soit centrée sur l’apprenant ou sur le système, est un acte protéiforme et surdimensionné. En même temps qu’elle permet d’opérer un choix quoi s’appuie sur les données Techniques, elle prépare l’individu à recevoir des savoirs et savoirs – faire qui le prédisposent à un métier et partant à une catégorie socioprofessionnelle; laquelle le prédestine à une hiérarchie sociale attachée à un mode vie: si vous avez choisi de faire médecine dans une région où la FAC est absente, apprêtez-vous à voyager; mais ne rêvez pas de la vie d’un touriste !

La façon dont Décideurs, Elèves et professionnels intègrent La Carte Scolaire dans leur quotidien, la perception qu’ils ont de la micro planification, sont autant de facteurs qui, liés les uns aux autres, déterminent leur motivation, à faire usage de cet outil d’analyse qu’est la carte scolaire. Lorsque l’on se l’approprie, elle permet de montrer des évidences. A titre d’exemple, beaucoup de Conseillers impliqués dans la micro planification, pensent que le tollé général soulevé au lendemain de la création de l ‘ENS de Maroua aurait été dissipé si l’Enseignement Secondaire et Supérieur avaient pris la peine de communiquer et vulgariser les disparités criardes dont souffrirait le Grand nord du Cameroun en ce qui concerne l’offre des formateurs.

Bien que l’on ait souvent constaté une déperdition de Conseillers -ils sont environ 1500 Conseillers formés depuis 25 ans déjà à l’ENS, 2/5 environ ont quitté le monde l’éducation; 1/5 à peine sont en charge d’environ 150 000 étudiants dans 7 universités ! -, ce corps contribuerait significativement à la maîtrise du processus d’élaboration de la carte scolaire et ressortirait l’importance de la micro planification dans la gestion d’un système éducatif.

Faut-il le rappeler, 3 maillons sous tendent l’Action Educative :

  1. l’Administration
  2. la Pédagogie
  3. l’Orientation.

Mais ce dernier maillon reste faible et pourtant c’est en son sein que opèrent de nombreux planificateurs. Victime des stéréotypes et des préjugés dans l’opinion publique, le Conseiller souffre d’un déficit d’image. Il importe de changer d’attitude à leur égard de manière à susciter de l’orientation une autre perception. Pour mieux lutter contre les déperditions scolaires et l’inadéquations formation / emploi, il y a intérêt à agir autrement. Les Décideurs de l’Education Nationale et La Fonction Publique, devraient changer de manière d’agir dans l’utilisation des personnels de l’ETAT.

Si un Administrateur Civil peut diriger une poissonnerie d’ETAT ou une Direction de x ou y Ministère -…avec les résultats tant déplorés… – l’on se garderait de banaliser cette gestion des RH dans le Monde de l’Education: car créer une Ecole ou affecter un Enseignant relèvent d’une technique que le décret ou l’arrêté devrait accompagner et non dominer parce que le monde de l’Education est un secteur pseudo non marchand qui coûte-cher.

Trop-cher/-

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Il y a 2 commentaires en ce moment. »

  1. [...] Lire la suite sur : 20mai.net Url de l’article : Education de base au Cameroun: l’orientation au service de la carte scolaire. [...]

  2. L’orientation,qu’elle soit scolaire,univertaire ou professionnelle est incontournable la vie des Camerounais.On n’en veut pour preuve à ce que beaucoup se trouvent dans des professions ou métiers qui ne correspondent pas du tout à leurs performances,aptitudes ou talents.Ils ne réalisent jamais leurs rêves par rapport à leur vocation.Certains ne savent même pas ce dont ils sont capable par ce qu’ils ne se connaissent pas eux même.Pourtant,le Conseiller d’Orientation est la personne indiquée pour pallier à toute ces diffcultés.L’idée que le peuple Camerounais se fait du CO ne l’encourage pas du tout à faire avec un bon coueur son travail.A continuer sur cette lancée,on risquerait dans d’ici quelques décénies ne plus avoir des personnes qualifiées ou des professionnels dans le vrai sens du terme quand manquant de conseil et d’orientation à la base.Nous continueront comme aujourdh’ui à se présenter à tous les concours sans savoir lequel l’on désire.Finalement, certains se trouveront dans des métiers qu’elles n’ont jamais voulu exercer d’où les différentes baisses de rendement dans les entreprises et les administrations.Qui perd dans tout ça? A qui la faute? Réflechissons y.

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