Interpellés par les éléments de la police judiciaire, certains ont commencé à délier leurs langues. Aes-sonel n’est décidemment pas sorti de l’auberge. A peine remis d’une sanction de l’ARSEL qui sommait ses responsables à payer à l’Etat du Cameroun plus de 300 millions de Fcfa, cette entreprise est une fois de plus au cœur de l’actualité. Certains de ses cadres sont convoqués depuis le début du mois de septembre dernier du côté de la police judicaire du Littoral-service Interpol, pour permettre au ministère public de voir plus clair dans l’immense fraude teintée de corruption qui, au fil des années, a fini par faire son nid dans cette entreprise chargée de la fourniture et de la distribution de l’énergie électrique au Cameroun.
Il s’agit entre autres de:
- Nwalal Jean Dieudonné, actuellement sous-directeur de la sécurisation des ventes,
- Nyeck Nyeck Emmanuel
- Mballa Mballa Etienne
- Zapfack Jean Marie
- Salamengue Victor
- Simb Nag Francis
Tous en service au moment des premières dénonciations au service à la direction commerciale et de la sécurisation des ventes, notamment au niveau du règlement des fraudes des clients moyen tension.
Certains se sont d’ailleurs plongés dans un mutisme qui frise le ridicule à la faveur de quelques nominations qui laissent songeur. Pourtant, à l’heure où ils souffraient le chaud et le froid, ils avaient commencé à se prononcer sur le sujet.
Dénonciations
Pour certains observateurs, ce nouveau scandale n’était pas inconnu du grand public. Seulement, la mafia était tellement bien huilée que mêmes les responsables de l’époque n’y voyaient que du feu. Les complicités et les interactions étaient tellement grandes qu’un moindre élément digne, le cœur à l’ouvrage, simplement bouté hors du circuit, dans le meilleur des cas ou mis purement et simplement à la touche quand il était considéré comme un élément encombrant. Plusieurs ex employés de cette entreprise ont malheureusement payé le prix de leur témérité au travail. Car, croyant servir les intérêts d’Aes-Sonel, en dénonçant certaines malversations qui ont cours dans cette société au niveau du paiement des factures de certains usagers pris en flagrant de vol de l’énergie électrique, ils se sont attaqués au magot de leurs responsables hiérarchiques. L’un d’eux, Magla Joseph a malheureusement refusé de repartir les mains vides après son licenciement en 2007. Après avoir eu gain de cause auprès de l’inspection du travail, il a décidé de s’attaquer à cette mafia.
Cet employé, comme on n’en trouve très rarement dans nos entreprises, est de nos jours en chômage pour avoir osé s’attaquer à la mafia qui avait élu son nid à Aes Sonel.
La mafia
Malheureusement, il était loin de savoir qu’il attaquait ainsi aux intérêts de ses responsables hiérarchiques. La situation se serait d’ailleurs compliquée en 2007, alors qu’il est membre du Comité ad hoc Moyen tension mis sur pied sur instruction du directeur général d’Aes-Sonel d’alors, Jean David Bilè, pour remonter le rendement de distribution qui était inférieur à 0,80. Pour réussir leurs missions, les membres de ce Comité présidé par Simb Nag Francis, alors directeur des ventes et planification, avaient préconisé de réaménager le niveau de pertes techniques et non techniques. Pendant trois mois de travail acharné, ils sont tombés sur des cas hallucinants de vol et de corruption à ciel ouvert. Après exploit d’huissier, les fraudeurs ainsi sommés de payer, s’acquittent très difficilement des montants consignés. Car, au lieu de passer à la caisse, ils se dirigent vers les différents responsables de la sécurisation des ventes, pour ne citer que ceux-là, afin de «corriger» la facture dressée à l’issue de la constatation de la fraude.
Pourtant les sommes arrêtées sont clairement définies dans la nomenclature des fraudes d’Aes-Sonel. Dans certains cas, le paiement des factures n’est jamais effectué. Les cadres d’Aes-Sonel véreux qui gèrent ces cas avérés de fraudes préfèrent que les fraudeurs leur reversent plutôt les fonds en espèces, avec la promesse ferme d’effacer toute leurs ardoises. Et jusqu’à cette date, certains cas avérés sont restés sans suite. Une manœuvre qui fait perdre à cette entreprise d’énormes devises qui auraient contribué à améliorer les installations pour permettre aux nombreux ménages d’avoir accès à une meilleure offre en énergie électrique pour le bonheur de tous. Jusqu’où peut aller les complicités ?
Affaire à suivre.
