Par KOM Bernard 22 octobre 2009 3 commentaires

CamerounEn ce début d’octobre 2009, la justice camerounaise s’est, pour la deuxième fois, prononcée contre le combattant MBOUA MASSOCK, pour son action à l’encontre des monuments des colons français à Douala.

Cette revendication acharnée qui est celle de notre compatriote, il va de soi qu’elle a tout son sens, étant donné que la postérité a un devoir de mémoire à l’égard de nos Héros Nationaux que furent Ruben UM NYOBE, Martin Paul SAMBA, Rodolphe DOUALA MANGA BELL, Ernest OUANDIE, Félix MOUMIE et autres.

Mais seulement, est-ce que la procédure de réclamation employée n’aurait-elle pas pu être plus normée et non moins efficace ? Ces sont les pères de notre indépendance à tous, et il n’est pas sûr que les autorités administratives et politiques actuelles aient absolument quelque chose contre l’édification de monuments en leur mémoire. M MBOUA MASSOCK a le mérite d’avoir posé ce problème, même si cela n’exigeait pas nécessairement que les monuments érigés en mémoire des “autres“ soient bafoués. Ces derniers monuments, certes, offensent le nationalisme camerounais et plus largement le panafricanisme, mais devrait-on pour autant vouloir effacer une page de l’histoire parce qu’elle est triste ? L’histoire n’est-elle pas l’histoire ? Redéfinir la françafrique, oui, mais rompre radicalement avec la françafrique, est-ce essentielle ou même réalisable ?

Aussi, les sites géographiques, on peut toujours en trouver, dans le but de “situer“ nos initiateurs de l’Esprit d’Avril 48. Alors, que faire ?

Tout d’abord, il est actuellement souhaitable que l’Etat camerounais prenne acte de ce besoin, que ce soit via les mairies, les communautés urbaines, le Ministère du tourisme, ou la haute sphère du pays.

Quelques possibilités de solutions sont ainsi envisageables. Sur instruction de l’Etat, l’on pourrait :

  1. Construire un monument des martyrs à Douala ou à Yaoundé, ou bien
  2. Construire à chacun d’eux un monument dans sa ville natale, là où ce n’est pas encore le cas,
  3. Sculpter leurs visages dans de la pierre quelque part au Cameroun, ou en plus
  4. Créer une journée nationale des martyrs, si ce n’est de trop à côté du jour d’indépendance, à commémorer chaque année.
  5. L’on pourrait tout aussi bien composer avec les initiatives individuelles ou populaires allant dans ce sens

Voilà donc quelques ébauches d’idées que le PEA48 suggère, en vue d’apporter une possible solution consensuelle à cette question.

Mais par ailleurs, il faut reconnaître par extension, que ce souci de la promotion des valeurs nationales à côté des valeurs coloniales ou occidentales, devra à la longue s’étendre à d’autres domaines d’activités. Et de quelles manières ?

Sur le plan sportif et particulièrement footballistique, par exemple, il faudra bien un jour ou l’autre valoriser les sélectionneurs locaux, au niveau des équipes nationales seniors, presque autant que les expatriés.

Aussi, sur le plan culturel, il faudra autant, à la longue, et entre autres, formater et valoriser le mariage à l’africaine (dit coutumier), afin qu’il devienne une donnée juridiquement autonome et suffisante, et non plus une valeur supplantée par le mariage à l’occidentale, dit civil.

Ce sont là quelques fondamentaux sans quoi l’Afrique serait loin de s’affirmer un jour de manière intrinsèque et respectable dans le concert des Nations. Vive le Cameroun et vive l’Afrique.

Ampliations :

- Minatd / Ministre du Tourisme / Ministre de la justice / Médias
Le S.G. National

About

KOM Bernard est mathématicien, enseignant et chercheur indépendant basé à Douala. Il est le créateur de la CPRS (Centrale Panafricaine de Recherches Scientifiques et Culturelles) dont le but est de galvaniser le processus de développement africain par le canal de la Science

  • Silas

    A la lecture de cet article je me dis que nous ne sommes plus si loin de la vérité. Car ce qui est en jeu de façon parcellaire c’est bien la remise en question du pacte colonial et de ses corollaires dont les conséquences sont les énumérations de l’article. Il est vain d’espérer une quelconque réponse globale et sérieuse d’un gouvernement néocolonial, tout au plus quelques mots répondant à des objectifs de communications. Il est malheureusement vain d’en espérer davantage de ce que nous appelons abusivement opposition vu que celle là ne s’oppose pas au pacte colonial, mais discute pour le poste de « meilleur élève» . Mr Mboua Massock, au delà de toute appartenance politique, pose le problème de la toponymie, où comment nommer des lieux. Sa démarche est donc fondée, y compris à propos de l’existence de ce que l’auteur de l’article « la mémoire des autres» . Il s’agit ici de la mémoire néocoloniale qui du point de vue de la toponymie qui a d’abord pour objet de renforcer la mémoire collective, n’a pas droit de cité dans nos contrées. En plus l’ancrage de certains symboles coloniaux s’appuie sur une falsification de l’histoire car sur quoi repose un bâtiment en l’honneur par exemple de Leclerc? Je ne parlerais pas de l’ancrage des présidents français, voire des papes… Mais il est encourageant de voir de tels débats prendre place dans les esprits, ce qui prouve que l’âme de la vérité est immortelle et que la mystification et la force dans peu de temps auront un effet limité et ne pourrons nous empêcher de conquérir notre réelle indépendance.

  • http://panafrique.e-monsite.com KOM Bernard

    A quoi ont jamais conduits toutes les réflexions radicales et méprisantes de votre genre M SILAS? Toujours définir des politiques dont on n’a pas les moyens. Vous dites des choses pour dire.Des choses dont la faisabilité vous échappent totalement. Soyons moins idéalistes et donc, plus pratiques.Un peu de tolérance n’empêchera pas le progrès national.Le radicalisme n’est pas indicateur de patriotisme. Le Cameroun a des problèmes bien plus importants à régler pour qu’on veuille s’accrocher à celui-ci.Merci.

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