A propos de l'auteur BIYONG Pauline

Pauline BIYONG est directrice de publication de "La Cité", le journal qui fait bouger le Cameroun.

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Les clubs de pensée dans le temps au Cameroun

BIYONG PaulineTout a commencé, au 18ème siècle, en Europe, et, en France, par des « sociétés de pensée ».  Ces cercles élitistes regroupaient, généralement, des personnages considérés comme des nobles, auxquels s’adjoignaient des magistrats, des avocats, des artistes, des « gens de lettres », ainsi que l’on dénommait, en ce temps-là, les intellectuels. On y rencontrait, également, beaucoup de bourgeois, des commerçants, ainsi que des artisans fortunés. Ces sociétés de pensée étaient très nombreuses, en France, et, au vrai, ont été des embryons de partis politiques. La révolution française de 1789, lui doit beaucoup.

En effet, c’est dans ceux-ci qu’était débattu, hors du pouvoir, le devenir de la France, où les inégalités sociales étaient stigmatisées, etc. Parmi les noms les plus célèbres ayant appartenu à ces cercles et ayant, en même temps, joué un rôle majeur dans la prise de la prison de La Bastille en 1789, on peut citer St Jus, Maximilien de Robespierre, Sieyès, etc. Après que la révolution eut triomphé, les cercles de pensée ont poursuivi leur existence, malgré l’avènement, plus tard, des partis politiques, comme associations de personnes destinés, carrément, à conquérir et à exercer le pouvoir. Ils ont ainsi traversé tout le 19ème siècle, tout le 20ème, et se perpétuent, actuellement, au 21ème siècle. (…)

LA NAISSANCE DES CLUBS DE PENSEE  CAMEROUNAIS

Les premiers « clubs de pensée » ont vu le jour, au Cameroun, au lendemain de l’indépendance, à savoir dès 1960-1961. Le plus actif et à la fois celui qui a laissé des traces à l’aide de documents publiés, a été le « Cercle culturel Camerounais ». Celui-ci organisait des conférences-débats à intervalle régulier, au Cercle municipal à Yaoundé. Mais, aussitôt publiée l’ordonnance 62-OF-18 portant répression de la subversion par Ahmadou Ahidjo, ce cercle a cessé toute activité, ses membres ayant craint de se voir taxer de subversion et de se retrouver en prison. Parmi les figures marquantes de ce club, il est possible de citer, Abel Eyinga, Foaleng, Fokam Kamga, etc.

Malgré tout, il est possible de classer dans les clubs de pensée, des initiatives telles que celles qu’avait eue des personnages tels que Bernard Fonlon de publier des revues se voulant de réflexion, ou les nombreux regroupements des enseignants de l’université Fédérale du Cameroun dans les années 1970, et qui organisaient, de manière périodique, des débats, publiaient des revues telles que « Abbia ». Parmi les figures marquantes de cette époque, on peut citer Marcien Towa, Thomas Méloné, Basile Fouda, Abanda Ndengué, etc.

Au début des années 1970, des exilés politiques camerounais ont de nouveau créé un club de réflexion. Au nombre de ces exilés politiques, Oka Luc, Bayemi, Jean-Michel Tekam, Abel Eyinga, Samson Mondjengue.

Il est également possible de ranger le mouvement estudiantin UNEK, Union Nationale des Etudiants du Kamerun, dans la catégorie club de pensée. En effet, on y débattait, en permanence, non seulement du passé et de l’avenir du Cameroun, mais de l’Afrique toute entière également, voire même, tout bonnement, du devenir de la race noire. C’est ainsi que l’UNEK, à travers la Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France, FEANF, avait reçu, successivement, Jonas Savimbi, puis Roberto Holden, deux leaders politiques de la lutte pour l’indépendance de l’Angola.

L’avènement de Paul Biya au pouvoir, le 6 novembre 1982, aura été, dans l’esprit des Camerounais, semblable à la période bien connue en France et qui a été baptisée la « Renaissance ». Les Camerounais ont, en effet, décrété que le règne de l’obscurantisme qui caractérisait leur pays depuis le 1er septembre 1966, date de l’instauration du parti unique, autrement dit de la dictature, avait pris fin. Des journaux se sont mis à fleurir, le débat d’idées a repris, que ce soit en France comme au Cameroun. C’est ainsi que, justement, en région parisienne, ont vu le jour, une série de « cercles de réflexion », qui se voulaient des clubs de débats en dehors des partis politiques. Ceux-ci, animés généralement par des étudiants camerounais se présentaient, par ordre de création, comme suit :

1/- « Cercle de réflexion de l’UNC », fondateur, Dicka Ndembe Christian

2/- « Horizons 85 », fondateur, Bias Pierre

3/- « Le lien », fondateur, Ernest Koumbin Bilitick.

Ces trois « clubs de réflexion » ont recruté un grand nombre de Camerounais de la région parisienne, et ont très largement contribué à mobiliser la diaspora camerounaise en France derrière Paul Biya, et contre Ahmadou Ahidjo. Leur activité a été au paroxysme lors de la première tentative de coup d’Etat du mois de juillet 1983, et surtout, lors de celle du mois d’avril 1984. Après quoi, ils ont périclité, et, ont cessé toute activité, avec le retour au Cameroun, au milieu des années 1980, de leurs principaux animateurs.

LA NAISSANCE DU CLUB DE LA PENSEE DE LA LEFE

La LEFE, « Ligue pour l’Education de la Femme et l’Enfant », fondée par Pauline Biyong, de son côté, a, en 2003, lancé une série de dîner-débats, à Yaoundé, auxquels étaient conviées des personnalités diverses : journalistes, enseignants, hommes politiques, parlementaires, etc. Elle en a organisé plusieurs, tout au long de cette année-là. Ceux-ci ont connu un grand engouement.

Puis, au début de l’année 2004, ils ont, pour diverses raisons, pris fin. Le 15 octobre dernier, La LEFE a, non plus organisé un dîner-débat, mais ouvert un « Club de la pensée » permanent à son siège sis à la Cité Verte à Yaoundé.

Celui-ci a publié un manifeste dans lequel il s’engage à tenir des réunions toutes les semaines, en abordant différents thèmes se rapportant à la vie au Cameroun, comme dans le monde. Il tient à faire partager, à ses adhérents, toutes les nouvelles idées que des penseurs d’autres cieux font circuler dans le but de changer le monde.

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1 commentaire »

  1. Bonjour chère Madame;
    Je suis mal à vous réérire. Après vous avoir suivi à la télevision EQUINOX, je m’étais permis de vous écrire et solliciter un contact.
    Hélas le silence en retour m’a laissé crainte à ce vieux reflexe africain plus exactement camerounais: « Je parle, on me voit mon coup est réussi, Basta» . La dimension à laquelle vous aspirez exige de répondre à toute personne même démente soit t-elle? Le staff Obama nous répond à chaque fois que lui donnons notre point de vu.
    le Camerounais doit vraiment s’entourer d’humilité avant toute autre aspiration.
    En tout cas je ne demande qu’à voir qu’est ce que ce club de pensée.
    Mes amitiés

    Robert Mbiaké
    CEPAMOQ
    Université de Douala
    Tél. 77 66 38 64

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