- Chers compatriotes,
Vous avez peut-être lu la lettre que Paul Biya vous a adressée. Sinon, vous n’avez rien perdu. Il n’ y a rien de nouveau. Cette lettre est un condensé de 27 ans de bla-bla-bla, de fausses promesses, de duperie et de démagogie.
En 2004, lors de la campagne électorale, je vous avais dit que le candidat du RDPC n’est pas avec vous. Il ne vit pas avec vous. Il est loin de vous. Par cette lettre, lui-même vous le prouve.
Quelle chose aussi banale qu’un chef qui parle à sa famille ! Or tout un cinéma est fait autour de cette lettre. Comme si Paul Biya venait de découvrir le peuple kamerunais.
Il est loin, très loin de vous. Très loin de vos préoccupations, de nos problèmes, de nos tracasseries de tous les jours.
L’Ecole de nos enfants, nos problèmes de santé, le chômage, la misère, la pauvreté, etc
Qu’il écrive aux Kamerunais ne le change pas. On dit bien chez nous, qu’assis ou debout, le crapaud reste toujours le même.
Comme chaque année, toute la journée du 06 Novembre 2009, nous avons assisté à un nouveau bal des crapauds.
Des milliers de nos compatriotes pompeusement baptisés militants du RDPC ont été mobilisés, transportés, habillés, et nourris par les centaines de millions volés et détournés des caisses de l’Etat et des sociétés publiques ou parapubliques.
Vous savez tous, nous savons tous, que le RDPC n’est rien d’autre qu’une caisse de résonance du pouvoir. Les expressions « parti au pouvoir » ou encore « parti proche du pouvoir » sont tout simplement de la supercherie. C’est Paul Biya qui est au pouvoir et personne d’autre. Tous les autres sont des courtisans craintifs et zélés à son service.
Paul Biya n’a pas le droit de ridiculiser aussi grossièrement toute une élite kamerunaise pour justifier sa nouvelle prétention au trône.
- Chers compatriotes,
Paul Biya parle de réalisations du RDPC. Et tous les crapauds reprennent en cœur, les médiocres et maigres réalisations de Paul Biya.
- Tenez, l’axe lourd Douala-Yaoundé, un cimetière pour les voyageurs.
- Les établissements scolaires ? Ils n’ont rien à voir avec les écoles huppées de la Suisse.
- Paul Biya est-il déjà allé faire un tour à l’hôpital Laquintinie de Douala ou à l’hôpital Central de Yaoundé ?
- Les centres de santé ? Imagine t-il seulement ce que les patients y vivent ? Faute de soins et de médicaments ?
- Où sont les 02 ponts sur le Wouri, en étude depuis 1980 ?
Paul Biya se trompe. Il se trompe lui-même. Il ne peut pas nous tromper. Il ne peut pas tromper la jeunesse martyre de Février 2008. Il ne peut pas tromper les travailleurs kamerunais, les Benskineurs, les Bayam-sellam, les call-boxeuses, les chômeurs, tous ceux que le renouveau a abandonnés au bord de la route, et qui croupissent dans la pauvreté et la misère noires.
- Chers compatriotes,
Paul Biya nous parle du soutien que les Kamerunais lui ont toujours apporté.
Certes, en 1982 les Kamerunais ont massivement soutenu la fin de la dictature et réclamé plus de liberté.
Mais depuis ? Ce sont les préfets, les sous préfets, les gouverneurs, les délégués régionaux et départementaux, les chefs de services, les sous directeurs, les inspecteurs généraux, les conseillers techniques, les secrétaires généraux, les recteurs d’universités, l’ONEL, ELECAM , et bien sûr les forces de répression, qui sont, ses seuls soutiens, parfois même malgré eux.
Ce seront uniquement ses seuls soutiens en 2011 ou avant. Ce ne sera pas vous, ce ne sera pas nous.
- Chers compatriotes,
Le moment arrive où il faudra penser au Kamerun, rien qu’au Kamerun.
Nous sommes tous des victimes, pour de multiples raisons, de ce pouvoir. Nous devons donc tous nous organiser pour sa chute, pour la fin de ce régime néocolonial que la France nous impose.
Une dictature ne se reforme pas, on la renverse ou elle se désintègre.
Il ne s’agit pas pour 2011, de consolider des rentes de chef de l’opposition, de chef politique de telle ou telle région. Il ne faudra pas choisir, ni automatiquement le chef de son parti, ni le leader de sa région natale.
Il s’agit de sauver le Kamerun des griffes du lion.
Le seul et unique critère qui doit guider votre choix, notre choix, c’est le Kamerun, le pays de nos ancêtres, le pays de UM, MOUMIE, OUANDIE, le pays de tous les patriotes kamerunais.
Alors, donnons nous la main, mais franchement cette fois-ci, pour sauver notre pays.
27 ANS, ÇA SUFFIT. CAR TOUT EST POSSIBLE. CAR TOUT DEPEND DE NOUS.
Anicet EKANE
Président du MANIDEM
Tél : 94 08 50 40 / Email: manidem@hotmail.com
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