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A la CAMRAIL, l’argent d’abord

L’histoire des sociétés du Cameroun décrite dans les livres intégrés dans les programmes scolaires, a fait surtout de la partie septentrionale une région d’attraction, d’admiration et de rêve. Pour beaucoup de voyageurs camerounais et touristes étrangers qui empruntent le train, le paysage est pittoresque. Chacun, a aussi une histoire à raconter, un épisode de son voyage à partager.  Le voyage par train pour le Nord-Cameroun est le moyen le plus indiqué pour permettre à tout voyageur d’entrer en communion avec cette nature peinte.

Les maisons rondes pétries de terre battue et couvertes de chaume, les vastes étendues de savane, les cours d’eau traversant les collines, les troupeaux de bœufs et de mouton, les ânes isolés et quelques singes grimaciers…sont là des traits et atouts caractéristiques de cette partie septentrionale qui polarisent l’attention et curiosité du voyageur.

Mais, le voyage par train, n’offre pas des conditions humaines. Qu’on soit dans la 1ère, 2è classe ou dans le Wagon-lits, les péripéties se connaissent à des degrés différents. Toujours est-il que le malaise est là. La Camrail va mal. Pour l’instant, pas mieux, en dehors d’elle. Partir de Yaoundé en passant par Bertoua, est un chemin de croix surtout sur une route secondaire. Pire encore.

Tout commence donc à Yaoundé à la gare aux guichets avec l’attribution du même numéro de siège à deux ou trois passagers. Imaginons le scenario dans tous les Wagons de 2è classe, le fourre-tout de ceux qui déboursent 10.000 FCFA, assis comme debout. Advienne que pourra. La loi de la jungle prime. La place appartient au premier occupant. Les voyageurs sont des cobayes de l’indélicatesse d’un système. Des tensions assorties d’affrontements émaillent le trajet devant des agents de sécurité médusés et impuissants.

Pendant les périodes de flux, comme pendant la rentrée scolaire et aux approches des fêtes de fin d’année, les billets pour place debout sont vendus toujours à 10.000 FCFA, même aux personnes handicapées. Le contraste, c’est de voir les détenteurs de billet avec un numéro de siège, voyager debout et surtout au couloir dans des conditions inconfortables. A Yaoundé, à la gare, les speakerines informent les voyageurs des horaires de départ du train, jamais de ceux d’arrivée à N’Gaoundéré. Dans des gares de forte concentration ou de croisement, les arrêts sont harassants. Le malaise et le calvaire des voyageurs commencent à Belabo, gare de transit et de croisement où on enregistre un flux de voyageurs.

Le pire, c’est le retard que le train en provenance de N’Gaoundéré pour Yaoundé accuse. L’arrivée à N’Gaoundéré dépend entièrement de l’heure de croisement et du potentiel du (des) cheminot(s). Au-delà de ces tracasseries, s’ajoutent celles des commerçants griots. Le train est une foire par excellence où certains font entièrement leur vie. Leurs visages et façons ridicules sont devenus familiers au commun des passagers fidèles de la Camrail. Vendeurs de CD ou de DVD, de produits cosmétiques, de médecine chinoise, de pâtisserie et autres subsistances, chacun a un concert à offrir aux passagers pour assurer son marketing. N’en déplaise. Chacun est donc libre de s’exprimer au mépris de la tranquillité des voyageurs. Un univers peu réglementé et sécurisé. Un monde où la filouterie est encouragée par des contrôleurs et hommes en tenue cupides et corrompus.

Ainsi, va l’histoire d’un monde d’une nuit et demi-journée. Un monde dont les péripéties se consomment avec stoïcisme, où le voyageur subit et éprouve toujours une gêne. Le burlesque, les facéties, scénarii et saynètes vécus dans le train ne sont pas de nature à consoler le voyageur amoindri et extenué par une odyssée inoubliable. Parfois, le voyageur perd la pudeur pour se soulager. Les entrées et l’intérieur des toilettes sont envahis par des bagages et certains voyageurs bien enregistrés au départ.

Le voyageur aux environs de minuit est extenué par les odeurs nauséabondes des toilettes qui manquent d’eau, s’engouffre dans la promiscuité ambiante, se confond avec les filous en quête d’une situation équivoque, s’ennuie dans un vacarme vrombissant et une station critique sans possibilité de se dégourdir les jambes…en somme des péripéties d’un voyage dont l’arrivée est conjecturelle. Debout, accrochés, couchés les uns sur les autres, assis sur les bagages des autres ou sur leur siège, les voyageurs passent des moments très difficiles.

Au delà de tout ce que vivent les passagers, la Camrail semble le méconnaître et mépriser, surtout que les administrateurs restent campés sur les principes capitalistes. L’argent d’abord. Un argent qui servirait à socialiser la gestion humaine en payant le salaire des employés que de le licencier abusivement, et assurer la maintenance des trains vétustes qui serviraient pour de courtes distances, prioritairement dans la journée.

Les administrateurs de cette Camrail d’aujourd’hui devraient comprendre que l’un des principes du capitalisme, c’est la concurrence. Le Cameroun est en phase de mutation sociale. Les routes de l’Est et de Yoko sans oublier le projet de construction d’un nouveau chemin de fer font l’objet de réflexion poussée. Gare à cette Camrail qui ne respecte pas les droits des voyageurs. Dans cinq ou dix ans, une histoire peinte de tableaux sombres sera écrite sur elle. Pour l’instant, à la Camrail, on y revient par contrainte et non par plaisir ou gaieté de cœur.

Betoga Senior

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Il y a 3 commentaires en ce moment. »

  1. Que feras-tu si tu etais CAMRAIL? c’est la mauvaise politique gouvernementale qu’il faut remettre en cause le patriotisme est mort je suis en Europe il faut voire comment la machine europeenne fonctionne pour comprendre que le chef d’(E)etat Camerounais est un colon deguise’. laissez CAMRAIL en paix attaquer la gangraine a’ la racine.

  2. je suis de ton avis mon frere ,is l’Etat ne veut pas investir dans les infrastutures routieres ou si l’Etat ne vectorise pas les compagnies pour la securité de sa population . qu’on laisse Camrail tranquille. tu crois que notre President ne voit pas ce qui se passe à l’etranger?ou les administrateur de la Camrail?

  3. je crois que je parle aux sourds.je parle en temps que temoins puisque je fais regulierement la ligne de Ndere.ici c’est de l’argent et le reste on s’enfous.les voitures de 80 places confondues on se retrouve pratiquement 100 voire 130 passagers et se n’est pas bon.une vie coute donc combien?la vente d’une place au moins a 3 personnes et ce n’est pas bon puisque s’en suit les rencunes entre les passagers.bonne lecture

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