Graves menaces sur le marché de Mboppi par des escrocs de la communauté urbaine?
Monsieur le Gouverneur,
Le marché de Mboppi est une aire de commerce unique, par sa dimension, par le volume des affaires brassées, par son système de construction, et par l’organisation des commerçants. Ce marché, le premier d’Afrique centrale, a été entièrement construit par les commerçants.
Depuis deux ans, la Communauté urbaine de Douala, à travers plusieurs escrocs postés dans le marché, a détruit complètement les espaces de circulation, les voies de sécurité, et les structures d’entrepôt. Des espaces sensés servir de voie de circulation, sont vendues et revendues de façon arbitraire à plus d’un commerçant. Le marché ne bénéficie d’aucun service de la communauté urbaine, pourtant des fortes sommes sont collectées, officiellement et officieusement.
Récemment, les commerçants ont élu leurs représentants, dans le cadre d’un syndicat légal, et le bureau conduit par madame Alice Maguedjo a été installé, en présence des autorités de la ville, malgré le boycott du Délégué du gouvernement et de ses agents prédateurs.
Aujourd’hui, à la veille des fêtes, au moment où les commerçants réalisent plus du tiers de leur chiffre d’affaires annuel, le Délégué du gouvernement, prétextant agir avec l’accord du sous préfet de Douala premier, veut semer le trouble. Sans consultation des commerçants, sans préavis ni écrits, sans aucun dialogue, le régisseur a décidé de fermer le marché, de dicter des heures d’ouverture. Par ailleurs, des conteneurs sont déplacés brutalement, sous le prétexte de d’hygiène et de sécurité, mais en réalité pour revendre des places au prix fort.
Monsieur le Gouverneur,
La commission indépendante contre la corruption et la discrimination qui est descendue sur le terrain, vous invite à intervenir de toute urgence pour mettre fin à cette grossière provocation qui constitue un danger direct, grave, et sérieux contre l’ordre public. Ce qui est en cause, c’est la construction de l’anarchie, le règne des voyous qui ne respectent plus rien et qui se croient tout autorisés dans ce pays. Ces voleurs installés dans les marchés vont nous conduire tôt ou tard à l’embrasement généralisé. Combien de temps va durer cette transformation des commerçants en esclaves, en citoyens sans droits ?
Combien de temps va-t-on observer avec des bras croisés, des voyous de toutes natures se livrer à des actes de destruction, de provocation, d’extorsion, et d’injure des opérateurs économiques ?
Combien de temps le gouverneur va-t-il rester les bras croisés devant l’insulte à l’autorité de l’Etat dont se livrent les agents de la communauté urbaine et certains agents publics ?
La Commission vous invite à prendre vos responsabilités, toutes vos responsabilités, et prend dans le même temps plus hautes autorités de l’Etat et de la République à témoin. Sin rien n’est fait, il faut s’attendre à ce que les commerçants se battent pour défendre leurs biens, leur travail, leur famille, leurs efforts et leurs investissements. Cde simples voyous, des prédateurs, des corrompus notoires et des voleurs connus, ne peuvent pas continuer ainsi à se livrer impunément au désordre. Si les pouvoirs publics ne peuvent plus ou pas arrêter le désordre, alors les citoyens victimes prendront les choses en mains.
La Commission qui ne ménagera aucun effort pour infirmer, assister, et aider les commerçants sur les marchés partout dans la république, attend de connaître quelles mesures urgentes seront immédiatement prises, pour éliminer les agents véreux du marché de Mboppi. Il faut laisser les commerçants tranquilles. Ce ne sont pas des bêtes sauvages ou des esclaves corvéables à volonté. Que ceux qui ne peuvent pas faire le commerce laissent les commerçants renflouer les caisses de l’Etat avec les milliards de taxes et des impôts.
Dans cette attente, la Commission vous renouvelle sa très haute considération./.
SHANDA TONME
Président de la commission

