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Le présidet Gbagbo accuse la France d’avoir voulu le renverser en 2002

Les rapports de la France avec cet opposant historique au président Houphouët-Boigny se sont dégradés, Paris reprochant à Gbagbo de ne pas jouer le jeu des accords de Marcoussis, encadrés par la France et instaurant un gouvernement d’union nationale, Gbagbo accusant la France de vouloir sa perte.

L’ONU et d’autres vous pressent de fixer une date pour la présidentielle. Que leur répondez-vous ?
Laurent GBAGBO. Je n’ai pas de date à donner. C’est la Commission électorale indépendante qui propose. La CEI a beaucoup de travail, car elle délivre en même temps les cartes d’électeurs et les cartes d’identité. La CEI dépend de l’État pour son financement, et je suis bien placé pour savoir que l’État ne dispose pas toujours de l’argent qu’il faut.

Quels sont les obstacles à l’établissement des listes électorales ?
Nous avons tous sous-estimé les difficultés. Il y avait une voie plus facile. En 2007, après la signature des accords de Ouagadougou (qui ont mis fin à la guerre civile et amené le leader de la rébellion Guillaume Soro au poste de premier ministre, NDLR), j’avais proposé de faire remettre à jour les listes de 2000 par les préfets. On aurait pu tenir des élections en décembre 2007, ou courant 2008. On a choisi une autre solution. On a dépensé des sommes folles pour établir des cartes d’identité numériques, pour un résultat qui n’est pas meilleur. Mais nous sommes presque à la fin du processus.

Il reste plus d’un million de cas litigieux. Seront-ils résolus à temps ?
Oui. Il n’y a plus de débat politique. Il ne s’agit plus que de cas individuels.
Peut-on tenir une bonne élection quand dans le Nord, malgré l’installation des préfets, l’ex-rébellion contrôle les ressources naturelles, prélève des taxes.
On peut en tout cas tenir une élection. C’est un débat qui va s’achever bientôt. C’est très difficile de sortir d’une rébellion.

Vos relations avec la France ont été tumultueuses depuis le coup d’État manqué de 2002. Avec le recul, comment jugez-vous cette période ?
Je témoignerai un jour en détail. Mais je pense que les dirigeants français de l’époque n’ont pas été sages. Ils ont nui à la France, et ils ont nui à l’Afrique.

Charles Pasqua a accusé Dominique de Villepin, alors secrétaire général de l’Élysée, d’avoir «planifié le renversement de deux chefs d’État africains». Tout le monde a pensé que vous étiez l’un des deux concernés par l’allusion. Et vous ?
Eh bien, je fais partie de «tout le monde».

Pensez-vous toujours que les accords de Marcoussis vous ont été imposés ?
Oui, et c’était une très mauvaise idée. S’il fallait recommencer Marcoussis, je ne le recommencerais pas. Mais c’est du passé. On est sorti de la crise par l’accord de Ouagadougou, pas par Marcoussis.

Quels sont aujourd’hui vos rapports avec la France ?
Je ne porte pas de jugement idéologique. Je dis que depuis que Nicolas Sarkozy a succédé à Jacques Chirac, je me sens mieux. Je me sens plus à l’aise pour mener tranquillement la sortie de crise.

Deux juges français viennent de demander l’aide de la Cour pénale internationale dans la disparition du journaliste français Guy-André Kieffer. La demande vise votre épouse et plusieurs autres personnalités ivoiriennes. Que répondez-vous ?
Depuis le départ, certains juges français, non seulement font fausse route, mais tiennent à une politisation de la disparition du malheureux Kieffer. Quelle est la raison qui pousserait des personnalités politiques ivoiriennes à faire disparaître quelqu’un qui est somme toute un citoyen lambda ? Ce n’est pas parce qu’il est français qu’il est important. En France, des dizaines de gens disparaissent, et on ne va pas chercher du côté de la présidence de la République. Certes, c’est le droit des juges d’enquêter, mais cela commence à bien faire. Toutefois je ne pense pas que l’exécutif français soit impliqué dans cette demande.

La «Françafrique» existe-t-elle encore ?
Si des gens songent à renverser un chef d’État dans un pays qui n’est pas le leur, alors, oui, elle existe encore.

La France est-elle toujours un partenaire privilégié de la Côte d’Ivoire ?
Les rapports de l’Afrique et de l’Occident ont changé avec la fin de la guerre froide. Mandela a été sorti de prison et présenté comme un modèle par ceux-là mêmes qui le qualifiaient de terroriste. Les États africains ont accru leur indépendance. C’est valable pour la Côte d’Ivoire.

Mais y a-t-il encore des liens particuliers sur le plan économique ?
Les ex-colonies françaises s’ouvrent à tous ceux qui veulent les aider. Certes, elles sont plus à l’aise avec la France. Mais la langue n’est pas un lien qui maintient prisonnier. Le Rwanda, francophone à l’indépendance, est sous nos yeux en train de devenir anglophone. Les peuples africains s’adressent à d’autres pays à cause de la lourdeur et des conditions parfois humiliantes posées par l’ancienne puissance coloniale, ou par l’Union européenne. Aujourd’hui, il est plus facile de discuter avec la Chine, l’Inde ou l’Iran pour l’industrie, et avec les pays arabes pour les prêts. Nous construisons l’autoroute Abidjan-Yamoussoukro avec des prêts de la Banque islamique de développement et de la Banque arabe pour le développement en Afrique. Ce n’est pas antifrançais, mais l’occasion se présentait, et la discussion était plus facile.

La Côte d’Ivoire vient tout de même de bénéficier de l’initiative PPTE (pays pauvres très endettés) du FMI et de la Banque mondiale, ainsi que d’importantes remises de dettes par la France.
Quand on est un pays trop endetté, comme c’est le cas de la Côte d’Ivoire à cause des régimes précédents, le FMI et la Banque mondiale sont des recours indispensables, principalement parce que leur label nous ouvre la porte des prêteurs privés.

Il y a l’Afrique de l’espoir et celle qui désespère. Est-elle vouée aux juntes militaires, comme votre voisin guinéen ?
Moi, je ne désespère pas. Simplement il faut que les Guinéens, et la classe politique trouvent une solution interne et volontariste, comme nous l’avons fait. Mais l’Europe ne doit pas regarder la Guinée avec condescendance. Où en était la France en matière de stabilité, cinquante ans après la prise de la Bastille ? C’est cent ans après les indépendances que l’on pourra juger.

En Europe, il a fallu beaucoup de temps et de nombreuses guerres pour tracer des frontières définitives. En ira-t-il de même en Afrique ?
La décision de l’Organisation de l’union africaine, en 1963, de ne pas remettre en cause les frontières coloniales a été sage. Mais je pense que les États africains ne resteront pas dans ces frontières. Je ne pense pas à des guerres, mais à des alliances et à des accords. Il y aura des regroupements sous forme de fédérations ou de confédérations, qui ne seront pas construites sur des bases idéologiques mais pragmatiques.

Propos recueillis à Abidjan par Pierre Prier

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Il y a 12 commentaires en ce moment. »

  1. bravo, gbagbo!!!! le digne fils de l’afrique.

  2. bravo, gbagbo… les français ne veulent pas un nationaliste comme toi … malgré leurs piège tu les a tous rouler dans la farine comme un grand sage de l’afrique — tu es un grand touba

  3. voilà un presiii. il est bien cultivé et intelligent. on sent quelqu’un qui connaît ses intérêts. Bravo gbagbo si tous avaient ton franc parler. je ne pense pas avoir entendu ce genre de discours dans mon pays. Vraiment merci pour ton savoir… Je ne comprend pas pourquoi les africains on tant peur des occidentaux!!!!! une fois encore merci gbagbo…CHILER

  4. Raisonnement simple.
    Les intérêts des ivoiriens s’opposent de façon structurelle aux intérêts de la « France Bling Bling»  en Côte d’Ivoire.
    Mr GBAGBO veut assumer son engagement à servir les intérêts des ivoiriens . Conclusion: Mr GBAGBO est l’ennemi de cette « France Bling Bling»  . La France des travailleurs n’a rien a voir avec la « France Bling Bling»  elle en est victime elle aussi.

  5. ((((( LE RÉCIT D´UN ESCLAVAGE MONÉTAIRE EN AFRIQUE…. )))))

    http://www.facebook.com/profile.php?id=100000555550910

    IL FAUT SAUVER LE SOLDAT AFRIQUE…….

  6. dix fois bravo!!!!!!!!!!!!
    voilà la reaction d’un president bien élu quoi de plus normal puisqu’il esprime ses convictions propres et connait de quel coté se trouve les interes de son peuple qui l’a élu
    le contraire de la plupart des dictateurs d’Afrique francophone qui ne chantent que les louanges de leur mentores ( la France bien sur)suivez mon regard

  7. Nous construiSons l’autoroute Abidjan-Yamoussoukro, Merci Côte d’ivoire
    Nous constuiRons l’autoroute Douala – Yaoundé, dixit Cameroun,
    le R fait qu’on attendra encore longtemps pour l’avoir…

  8. bravo gbagbo il faut tjrs avoir le courage de denoncer

  9. autoroute yaoundé-douala , biya attend le feu vert de la france en 2017.

  10. C’est vraiment dommage que le seigneur ne créé qu’un Gbagbo par siècle. Dommage…

  11. je suis fier de coudou

  12. Laurent gbagbo as tres bien resume la situation politique en afrique , il est necessaire pour les nations africaines d`entretenir en prioritee des rapports diplomatique avec des pays servant leurs commun interet et non pas avec ceux ayant une attitude colonialiste et paternaliste , l`example en est avec celui du rwanda nouvellement francophone , je pense qu`en afrique aujourdhui 50 ans apres la revolution , il est important de se fixer des objectifs visant a unifier l`afrique tel que l inde et la chine car les frontieres modernes et les langues europeenes ne sont que les derniers bastions du colonialisme qui nous aliennent et nous empeche de pensee africain ,et pou conclure les africains doivent savoir que le changement de la situation politique en afrique ne depend que d`eux meme , personne n`as jamais apportee la democratie a une nation sur un plateau , surtout que beaucoup de multinational profite d`une afrique instable pour se livree a un veritable pillage geologique , donc tout les actions necessaire devront etre entrepris par le peuple africain meme jusqu`a la revolution pour reprendre les reines de notre destinnee et de celle de nos enfants , chaque africain doit etre pret a mourir pour l afrique , c`est cette derniere etape qui nous manquent pour enfin jouire des biens faits de la vie dans une nation moderne .

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