Premier festival International du film mixte: accouchement difficile

Festival Ngaoundéré

Le pari a été atteint, mais difficile a été le parcours malgré la présence de têtes d’affiche et de films en vogue à l’instar de « Paris à tout prix ».

Joséphine Ndagnou, marraine du festival international du film mixte de Ngaoundéré (FIFMI) et absente pour des raisons familiales a dû souvent avoir des sueurs froides durant la période préparatoire.

C’est que rien ne présageait que ce projet allait concrètement prendre corps. Mais c’était sans compter avec la détermination de la promotrice du Festival. De l’avis de tout le comité d’organisation, elle est la seule qui jusqu’au bout est restée imperturbable lorsque les problèmes de financement ont décalé d’une semaine ce désormais rendez-vous du 7ème art camerounais. Avec ses propres moyens, elle a pris la décision de lancer le FIFMI.

Il fallait que le festival ait lieu peu importe la manière et les difficultés, tels sont les propos qu’on dirait empruntés au baron Pierre de Coubertin de Arice Siapi, promotrice du FIFMI. Plusieurs manifestations subventionnées par le ministère de la culture ont aussi fait ombrage à cette première édition qui elle,  n’a déchargé que des promesses.

Nous avons reçu les encouragements, les félicitations et la ferme décision du ministère de la culture de nous appuyer, la tutelle nous a promis de nous soutenir de manière financière, a laissé entendre Arice Siapi. La forme étant noyée dans les questions communes à tous les projets culturels au  Cameroun,  c’est le fond qui a donné de l’épaisseur et de l’intérêt au festival. Avec en premier les films et documentaires en projection :

  1. « Plus fort que la peur » du réalisateur allemand Ulrike Westermann ;
  2. « Lumumba » du franco-haïtien Raoul Peck,
  3. « Pour un veau » du Tchadien Noudjalbaye Ngardidono
  4. ou encore « Mal djamba » du Camerounais Laminou Tilimdo. Puis, les festivaliers.

Ngaoundéré a eu l’insigne honneur d’accueillir de grands noms du cinéma vert-rouge et jaune tels que Gérard Essomba Mani, Rémi Atangana, Tatiana Matip, Nfouh Ebénézer sans oublier Jacques Bessala Manga, Rosalie Bessini, Lisbet Holtedahl respectivement critique de cinéma et anthropologues.

Avec eux, quatre grandes activités ont été menées en marge des projections en plein air. Un colloque sur le film anthropologique animé par Lisbet Holtedahl de l’université de Tromse en Norvège et qui a vu la participation des chercheurs et étudiant du Ngaoundéré anthropos de l’université de Ngaoundéré, une quadripartite réunissant de manière intime producteurs, acteurs, techniciens et distributeurs de cinéma et deux rencontres, notamment avec la presse et des institutions bancaires et financières.

Il s’est agi pour ce beau monde de poser et donner des solutions aux problèmes qui minent les plateaux et projecteurs Camerounais envahis par des francs tireurs et des films produits ailleurs et butés face à la fermeture des salles de cinéma et aux difficultés de financement et de promotion des œuvres dans la presse et les mass medias en général.  A ce sujet, le FIFMI a émis des résolutions structurantes allant de la mise en place d’un cadre juridique à la création d’une véritable Cameroon film industry.

Une visite de courtoisie vendredi chez le Gouverneur de l’Adamaoua, Enow Abrams Egbe a permis de montrer q’une réelle volonté politique existe dans ce sens, toutefois insuffisante à cause des moyens limités. Les rideaux se sont refermés dans l’après-midi sur la première édition du FIFMI avec l’engagement pris par les acteurs et le délégué du Gouvernement auprès de la communauté urbaine de Ngaoundéré, Hamadou Dawa, de mieux faire l’année prochaine.

Envoyer l'article par mail  

Donner votre avis; c'est IMPORTANT...